‹ Les roches et leur éléments minéralogiques, descriptions--analyses microscopiques--structures--gisementsChapitre 63 sur 197 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Si l’on portait à une température de t° des cristaux taillés en sphères, on verrait tous ceux des systèmes autres que le cubique prendre la forme d’ellipsoïdes, dont les lignes principales auraient avec les axes cristallographiques des relations analogues à celles que présentent les lignes principales optiques. Mitscberlich a le premier constaté sur le calcaire, au moyen d’un goniomètre imaginé par lui en vue de cette étude pour une variation de ioo° dans la température, une variation de 10' dans l’angle dièdre du rhomboèdre, qui se contracte transversalement et se dilate suivant son axe. M. Fizeau a eu recours à une méthode tout à fait différente, aussi ingénieuse que précise. Si l’on place un disque de verre au-dessus d’un petit parallélipipède de la matière étudiée, pour une distance suffisamment petite des deux surfaces, il se produit des franges du genre de celles qu’on appelle anneaux colorés de Newton, et, à mesure que le parallélipipède échauffé se rapproche du disque, les franges deviennent plus serrées. A l’aide d’une lunette, on observe le déplacement des franges qui passent devant un point de repère. On peut observer

le déplacement de g de la distance qui sépare une frange bril-

lante d’une noire, ce qui correspond à environ de millimètre, et, pour une variation de 100° dans la température, une longueur de 1 centimètre d’un cristal varie de ^ à t*0 de mil-

limèlres. Au moyen des nombres trouvés par M. Fizeau, on peut construire des surfaces de dilatation , et l’on constate que, dans les cristaux doués d’un axe de principale symétrie ou de trois axes de symétrie binaire, les lignes principales de dilatation coïncident avec les axes de symétrie cristallographique, comme celles de conductibilité, d’élasticité optique, etc. ; que, dans les cristaux mono ou tricliniques, les lignes principales de dilatation sont très voi~ sinesdes axes d’élasticité optique, tandis que, comme on le verra plus loin, les axes ou lignes principales de conductibilité thermique sont en coïncidence avec celles d’élasticité sonore, etc., généralement et en particulier dans le gypse et le feldspath, remarquablement éloignées de celles de dilatation.

L’étude des dilatations thermiques est fort importante au point de vuede la cristallographie physique; elle intéresse aussi le géologue qui veut se rendre compte des pressions que les cristaux peuvent exercer les uns sur les autres dans les roches dont la température a pu varier quelquefois dans des limites fort étendues; mais elle ne peut guère trouver d’application à des déterminations pratiques.

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