TYPES VITREUX
La pâte ou masse fondamentale des porphyres et des trachytes est souvent plus ou moins vitreuse; elle le devient quelquefois complètement. Elle donne lieu à des roches caractérisées par l'état vitreux de la totalité ou de la plus grande partie de leurs éléments. Dans une même formation éruptive, il n'est pas rare d'observer tous les passages entre l'état microcristal lin ou cryptocristallin et l'état vitreux de la pâle de la roche. A l'état vitreux, la masse présente souvent au plus haut degré la structure fluidale. Au milieu de celte pâte on dislingue quelques cristaux bien développés ou restés microlithiques qui sont séparés de la masse vi-
Flg. 399. — OBSIDIE.YNE ANDÉSITHH E
SKUPANBA (NOUVELLE -GRFN A IIFj. [Pagt 535)
Au milieu d'un magma entièrement vitreux (59), on distingue des globules (61) également vitreux, ayant l'apparence pétrosiliceuse radiée ou homogène. On y observe en outre des traînées cristaLlitiqu? s parallèles de fer oxydulé (99) et de pyroxène (90).
liraprii MM. tOUQUÉ et LÉYï, PL XII, fa. S.)
treuse, et surtout des corps microscopiques à formes variées, provenant de la dévitriflcalion de celle masse.
Obsidienne. — Roche vitreuse qui a au plus haut degré l'éclat, la cassure concholdale et la fragilité du verre. Elle se brise en é :lals tranchants. Vert noirâtre, noir de velours ou brune, plus rarement grise ou d'un gris verdâtre, elle est quelquefois chatoyante ou rubanée. Par transparence en lames minces, elle est presque incolore en général et limpide. Son indice de réfraction est i,448. La densité est d'environ 1,4.
Elle contient peu ou point d'eau; la proportion delà silice y peut atteindre 80 0/0. Au chalumeau, elle fond en verre blanchâtre.
d'mpifea Julien.
Analyse de l'obsidienne du pic de Ténériffe par M. Cb. Sainte- Claire Deville: silice, 69.71; alumine, 19,33; fer oxydulé, 5,48; manganèse oxydulé, o,3o; chaux, «,58; alcali, 14,70 (fig. 397 et 398).
Variétés : Obsidienne porphyroïde, avec feldspalli {fig. 299], 0. ponceuse, avec trous plus ou moins volumineux ; 0. filamenteuse, formée d'un amas de filaments capillaires; 0. globuleuse (inarikanite), en nodules vitreux, disséminés dans la perlite à
Marekanka près Okhotsk (Sibérie) ; (0. sphérohthique, empâtant des sphérolithes.
Au microscope, on y aperçoit assez souvent la structure lluidale (fig. 398) et des microlilhes en forme de prismes allongés, les uns isotropes, les autres agissant sur la lumière polarisée, des lamelles de mica, des aiguilles d'augite, peut-être d'amphibole et surtout de la magnétite. Lorsqu'une Itaque l'obsidienne par l'acide fluorhydrique, on y voit apparaître des microlilhes.
A de forts grossissements, elle montre des pores à bords foncés, à formes irrégulières, quelquefois elliptiques, et remplis de gaz et de vapeurs. Dans un très grand nombre d'entre elles, on voit des fissures capillaires qui ressemblent à des trichites, rayonnant autour.d'un grain foncé de magnétileet provenant de la contraction déterminée dans la masse par son refroidissement.
HétÏMilt&{Pechstein, pitchslone, pierre de poix, perliles). — Roche vitreuse ou demi-vitreuse, translucide sur les bords, fragile.
L'éclat en est assez gras ; la cassure moitié concboïdale, moitié esquilleuse ; l'aspect, celui de la poix, de la résine, ou d'un émail, d'une terre cuite, suivant que l'éclat en est plus ou moins vif; les couleurs y varient du vert olive au brun jaunâtre, quelquefois au
noir ou au rouge, par suite d'un mélange d oxyde de fer; la fusion au chalumeau en est facile; elle est accompagnée d un dégagement caractéristique de vapeurs d'eau ammoniacale, quelquefois bitumineuse et presque toujours de boursouflement.
Les rétinites contiennent généralement plus de silice que l'orthose (environ 72 0/0), et moins d'alumine; la teneur en eau y oscille entre 5 et 10 0/0. La dureté en est un peu plus faible que celle de l'orthose; la densité approche ordinairement de 2, 3.
Souvent elles deviennent porphyroïdes : elles renferment alors des cristaux d'orthose assez nets, visibles à l'œil nu, assez fréquemment des grains de quartz, et quelquefois même du mica, surtout lorsqu'elles se rattachent à des formations porphyriques. Elles sont des modifications vitreuses, soit des porphyres, soit des trachytes. Lorsqu'elles se rattachent aux trachytes, elles sont plus riches en silice, plus acides; lorsqu'elles dérivent des porphyres, elles ont le faciès d'une agate ou d'un émail et deviennent volontiers porphyroïdes, renfermant alors des cristaux, visibles à l'œil nu, de feldspath, de quartz ou même de mica.
Elles sont quelquefois globulifères, et leurs globules sont composées de feldspath, rétinites perlaires.
Dans quelques variétés, rétinites zonaires, l'on observe des zones qui ont alternativement l'aspect du verre ou celui d'un émail.
Dans quelques autres, la masse, vitreuse en général, offre des régions qui ont la texture du feldspath compacte et ressemblent à une brèche : rétinite bréchoide. Enfin, certaines variétés présentent des cavités amygdalaires remplies d'agate, de calcédoine, eto.
Au microscope, la pâte vitreuse des rétinites est toujours plus ou moins dévitrifiée. On y observe un grand nombre de micro lithes, souvent disposés d'après un arrangement Guidai.
Nous empruntons au bel ouvrage de M. Rosenbusch quelques dessins qui montrent la microstructure de ces roches.
Les trichites sont peu abondantes.
Quelquefois les produits dévitrifiés prennent des formes végé-
taies, par exemple dans la réduite de l'île d'Arran.qui renferme dea cristaux de quartz, de feldspalhs, de hornblende (fig. 3oi et 3oa}.
Les figures 290 el 3oo montrent la masse vitreuse des rêtinites de Catlajo et de Saint- Wendel, résolubles au microscope en tnicrolithes isolés ou groupés.
On voit que les rêtinites des trachjtes ne se distinguent pas au microscope de celles des porphyres. C'est sur le terrain seul qu'on reconnaît la formation dont elles font partie.
On appelle quelquefois hyatotrachylea, les roches trachytîques vitreuses les moins riches en silice.
P or lit et- — On a réuni dans un groupe particulier des roches vilreuses composées en totalité ou au moins en grande partie d'é- Jémenis globuli formes ou polyédriques. Les globules, qu'on a comparés à des perles, sont formés de lamelles minces, membraneuses, à éclat gris, qui s'emboîtent comme les tuniques d'un oignon, ou bien ne présentent qu'une masse indivise, semblable ou à du verre ou à un émail. Ils se sont groupés quelquefois confusément, ou bien ils se sont comprimés en s'accollant, comme l'indiqua leur forme quelquefois polyédrique. Dans certains cas, Ms sont isolés les uns des autres au milieu d'une pâte vitreuse ou
semblable a un émail, et celle pâte renferme, en outre, tantôt des cristaux de sanidine ou du mica, tantôt de l'opale, des granules d'obsidienne (marékanîte), des filaments microscopiques analogues à ceux des obsidiennes, enfin des sphérolilhes (voy. p. 385, au mot Obsidienne).
Dans les pertites sphéroli Iniques (fig. 3o3 et 3<>4). la silice atteint les proporlions de 70 à 80 0/0, et leur densité est plus forte que dans les reimites, auxquelles on peut les rattacher néanmoins à cause de leur origine commune el de l'analogie de leur composition générale.
Fig. 3ill.
Au microscope, on ne voit que des porlions de courbe analogue aux écailles d'un oignon.
Leur pâte vitreuse, isotrope, renferme un nombre souvent prodigieux de mirrolilhes et de trichile.*, produits par dévi tri fi cation , ainsi que des feldxpalbs, de la biolite dicbroïque, des grains de msgnélile et des sphérolilhes.
Cendres trac hytl que* — Poussière grisâtre, formée de cristaux microscopiques, qui résulte quelquefois de la désagrégation du trachyte, mais le plus souvent de déjections ci néri formes, qui ont accompagné la sorlie de ces roches.
Lapilli poncenx. Cendres ponceuses. — La ponce apparaît
fréquemment au milieu des trachytes, comme étant une de leurs variétés de texture. Elle est encore un des produits de déjection des volcans actuels, sous la forme de blocs, de lapilli ou de cendres.
Tufs, conglomérats trachytiques et ponceux. — Les fragments, les lapilli ponceux, les cendres ponceuses ou trachytiques projetés par les volcans ont été emportés par le vent à des distances quelquefois considérables, et souvent remaniés, modifiés, cimentés par les eaux de l'atmosphère ou des ruisseaux et des mers. Il en résulte ces masses en général à fond argiloide, que Ton appelle : Tufs, conglomérats trachytiques , phonolit niques, ponceux.
Tufs trachytiques. — Roche friable ou compacte, grisâtre, jaune d'ocre, terreuse, ayant l'aspect d'une boue volcanique solidifiée, renfermant quelquefois des cristaux de sanidine, de mica, etc.
Brèches, conglomérats trachytiques, — Fragments anguleux, galets arrondis de trachyte, mêlés souvent de débris de roches différentes, cimentés par une pâte qui consiste en tuf trachytique.
Tufs phonolithiques. — Débris de phonolith?, mêlés de fragments de cristaux de sanidine, de mica, de hornblende, de fer magnétique, réunis dans une pâte terreuse, qui fait effervescence avec les acides.
Tufs ponceux. — Boue de ponce, grisâtre, consolidée, mêlée de matières étrangères (Mont-Dore en France; tuf de Pausilippe, près de Naples).
Conglomérats ponceux. — Fragments de ponce, agglutinés avec quelques débris de trachyte, d'obsidienne, par un tuf ponceux plus ou moins apparent.
Trass (variété de conglomérat ponceux). — Ce sont des roches terreuses, mates, grisâtres, jaunâtres ou brunâtres, plus ou moins compactes, formées d une poussière ponceuse, décomposée, qui englobe des fragments de ponce, et quelques morceaux de lave, de schistes argileux, des cristaux de feldspath, de mica, des troncs d'arbres carbonisés. Le trass donne, dans le tube fermé, de l'eau,
qui contient souvent de faibles quantités d'ammoniaque, avec un peu de chlore et même d'acide sulfurique. Il fond souvent avec difficulté en émail grisâtre. Il forme des couches puissantes sur la rive gauche du Rhin, où il est employé comme mortier hydraulique. D'après Cordier (1), la pâte du Trass serait trachy tique, plutôt que ponceuse, et le ciment consisterait en hydrosilicate d'alumine provenant de la décomposition des cendres, et quelquefois en alunite. Cordier reconnaît bien des roches provenant de la décomposition de la ponce, ou des cendres ponceuses; mais il appelle les premières Asclérines (Perrier, près d'Issoire) ; les dernières Alloues (grotte du Chien).