CHAPITRE V
ROCHES A D1ALLAGE
Variolites, Werner. — Roches dures et tenaces, composées de globules, ordinairement d'un vert sale, empâtés dans une masse bleuâtre, hors de laquelle on les voit saillir, surtout dans les fragments roulés, en sorte de pustules. D'après les analyses microscopiques et chimiques de M. Michel- Lé vy, elles se composent : 10 de globules et a0 d'une pâte.
Les globules consistent eux-mêmes en une agglomération de petites productions cristallines allongées parallèles entre elles par régions définies qui se groupent sous forme d'arborisations enche-
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vétrées ; l'ollgoclaae s'y présente en fibrilles et pseudo ciislallitea; lepyroxène en granules plus ou moins allongea; l'actinote en microlithes latnelleux.
La pâle est une matière presque amorphe, serpentineuse, contenant des granules de pyroxène et comme élément dominant de l'actinote Jamollense, parfois associée à la hornblende.
Enfin dans les plaques minces de variolile H. Michel -Lé vy a observé des petits liions secondaires qui disloquent plus ou moins tous les autres éléments, où l'on trouve du labrador, de l'sogite, des aiguilles d'actinote. des microtithes d'apatita, et comme minéraux secondaires la même matière verte amorphe que dans la pâte, de Y opale, de la tridgmite, et du fer oligiste avec du caleaire comme appoint.
La variolite e>t une variété de gabbro; elle forme des amas transversaux souvent enclavés dans les serpentines et les euphotides.
C'est pourquoi, bien qu'elle ne contienne pas de diallage proprement dit, nous l'avons décrite en même temps que les gabbros.
Euphotides et gabbros. — Haùy a donné ce nom à une roche composée de feldspath compacte, tenace (jade de Saussure) et de diallage- H y distinguait les variétés a, à diallage verte et 6 à diallage métalloïde. Elle correspond en partie au gabbro de G. Rose, de Bucb et de Léonbard ; la variété à diallage verte, ou amaragdile, est le verde di Cordes Italiens. ^t*£ï!ïEEXL£SS£
Aujourd'hui.l'onappelleengé- |î£JΣ$ïï2.' néral: l'eupkotidescéïïesilccea roches qui son (composées du feldspath dit mutittrite et de la belle matière verte, appelée tmaragdite; a* gabbros celles où entrent
comme éléments essentiels des feldspaths non altérés et de la diallage proprement dite (Gg. 319).
Ce sont indistinctement des roches granitoïdes composées de feldspath! caloosodiques et de pyroxène où domine la «Hallage, associée souvent à Vhypersthène. Accessoirement : apatite, mica magnésien et fer titane avec ses produits d'altération; quelquefois fer chromé, plus rarement quartz. Le feldspath, lorsqu'il est frais, montre des stries de groupement et ses directions d'extinction sur les plans de clivage correspondent en général i celles des espèces les moins riches en silice. Mais souvent, dans les cristaux ou dans les masses qui semblent en occuper la place, on aperçoit un entassement confus et opaque d'aiguilles et de grains blancs ou d'un blanc grisâtre, qui a reçu le nom de saussurite.
La structure, les stries de groupement des feldspaths sont masquées par les agrégats decette matière moins riche en silice (environ 44 0/0), qui semble se développer aux dépens des feldspaths et qui se rapproche par sa composition chimique de la zoïsite et mieux de la méionite. Elle est souvent mêlée d'aiguilles d'actinote.
Haidinger a trouvé un mélange d'actinote et de pyroxène dans la smaragdite, d'un beau vert d'herbe, à éclat chatoyant et un peu nacré qui brille sur le fond mat d'un blanc de porcelaine, formé par la matière feldspathique dans le verde . di Co rsiea des artistes (1).
Voici un résumé de l'élude microscopique de l'euphotide du Mont Genèvre, par M. Michel- Lévy. C'est à l'œil nu une association de feldspath mat, verdâtre et de «Hallage d'un vert foncé, à reflets éclatants.
Au microscope, le feldspath, dont la composition se rapproche de celle du labrador est entièrement transformé en saussurite et polarisé à la façon des agrégats ; il est cassé et recimenté par une matière vert émeraude, serpentineuse, encore dichroique et tibreuse par places, souvent remplie de microlithes aigus d'acti-
(1) Voyez pour la smaragdite à l'espèce diallage, p. 575.
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note. La diallage, en grandes plages à contours irréguliers, présente généralement les petits microlithes bruns auxquels il doit son éclat bronzé, rangés ici suivant le plan de clivage h (i).
La diallage d'un brun clair est à peine dichroïque, mais elle le devient fortement sur ses bords qui offrent les clivages et les colorations verte et brune de la hornblende. Enûn les plages diallagiques semblent quelquefois presque entièrement occupées par une substance lamelleuse aussi, mais d'un vert émeraude, qui rappelle l'actinote verte lamelleuse des variolites.
Elle est ordinairement répandue en grains irréguliers entre ceux de feldspath; elle est quelquefois remplacée totalement ou en partie par cette matière d'un beau vert d'herbe, appelée smaragdite, qui parait un entrelacement de lames de pyroxène, parallèles entre elles, et de lames minces d'amphibole, d'orientations différentes, mais ayant toutes une face m parallèle aux faces A1 du pyroxène ; quelquefois au lieu d'amphibole, on trouve comme remplaçant la diallage de la glaucophane, d'un bleu clair suivant Taxe de plus grande élasticité, violacée suivant l'axe moyen, jaune clair suivant Taxe minimum (Lacroix).
Quelques euphotides et gabbros renferment du péridot, en même temps que des oxydes de fer avec titane et du fer chromé. L'olivine s'y présente alors en petits grains entourés d'amphibole, ou d'hypersthène, et quelquefois elle est transformée en serpentine.
Legabbro noir de Volpersdorf, en Silésie, est un mélange de labrador, d'un noir grisâtre, de diallage brun et de grains de péridot brun en général transformé en serpentine. On divise les gabbros en andésitiques, labradoriques, anorthiques, suivant la nature de leurs feldspaths.
Les euphotides sont des roches éruptives; elles se sont quelquefois éoanchées en forme de couches dans les terrains anciens ou primitifs; mais leurs amas percent en Italie le terrain nummulitique, sans qu'on puisse trouver entre les roches prétertiaires et
(1) Voy. Michel Lévy, Bull. Soc. de France, t. V, p. 232.
les plus jeunes un autre caractère distinct if que celui de l'époque de leur venue au jour.
Ces roches sont, comme il a été dit, une structure granitoîde, fendant à l'ophitique et quelquefois à une disposition parallèle de leurs éléments, une sorte de schistosité, due vraisemblablement à des pressions latérales exercées sur certaines régions de la masse éruptive par les régions voisines.
Souvent on y observe un arrangement relatif des éléments qui s'y répète assez irrégulièrement. Autour d'un noyau de magnétite, ilménite, etc., il y a une sorte d'écorce d'hypersthène, de diallage, quelquefois transformée en hornblende ; enfin, extérieurement le feldspath, qui semble s'être consolidé le dernier.
Elles passent aux norites, lorsqu'elles s'assimilent des pyroxènes orthorhombiques ; aux diabases, lorsque les pyroxènes monocliniques y deviennent abondants ; aux diorites, lorsque l'amphibole s'y substitue à la diallage. Lorsque le péridot y entre dans de fortes proportions et s'altère, elles passent à la serpentine.