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CHAPITRÉ VI

ROCHES A PYROXÈNES ORTHORHOMBIQUES

Norites et Hyper iteB. — Hausmann avait appelé hyperslhénite une roche formée à'hypwsthène et Cordier sélagite une roche composée d'hypersthène et de labrador. Esmark a donné plus tard le nom de norites aux sélagites de Cordier ; ce nom prévaut aujourd'hui pour les roches antétertiaires et l'on appelle hypériles celles qui sont postérieures aux terrains secondaires.

La norite est composée essentiellement de feldspaths ealcoso-

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diques et de bisilicales orthorhombiques, particulièrement d'hyperathône.

Elle est souvent voisine des gabbros et contient de la diallage entrelacée avec le pyroxène orthorhombique.

C'est une roche grisâtre, brunâtre, à gros grains. Si densité moyenne est de 219.

Accessoirement.: (Hallage, biotlte.

Quelques-unes contiennent du péridot.

On les divise en norites labradoriques et anorthiques, avec ou sans olivine, suivant que leur élément feldspathique appartient au Iabrador<ou à l'anorthite et suivant qu'elles renferment ou non du péridot.

lorsqu'on veut distinguer les roches prétertiaires des plus récentes, on appelle celles-ci hypfrites.

Lhersolithe. — Agrégat grenu, composé d'olivine en grains d'un vert olive, infusible au chalumeau, et faisant gelée avec les acides ; d'enstatite, en grains d'un brun grisâtre, très difficilement fusibles, et insolubles dans les acides; de diopside chromifère, en grains d'un vert émeraude, fusibles au chalumeau en perle verte, et donnant la réaction du chrome avec le sel de phosphore; enfin, de quelques grains petits, noirs, d'un pléanaste contenant 8 0/0 de chrome et appelé piootite. (Cette analyse des éléments de la Iherzolithe est due à M. Damour. [Bull. Soc. géol. de France, 2' série, t. XIX, p. 4» 3.) Prise en masse, la roche est verte ou d'un vert un peu noirâtre ; sa densité est de 3,28.

La Iherzolithe est souvent altéiée, au moins en partie; il en résulte çà et 1 1, dans la roche, des régions serpentineuses qui ont envahi d'abord le péridot, puis l'enstatite, et enfin le diopside.

Une variété de Iherzolithe est enclavée dans les gneiss, dans le massif des Maures. Celle de l'étang de Lherz date du lias moyen, d après MM. Lacroix et de Lacvivier.

Des lherzolithes on peut rapprocher les picrites de Gûmbel, qui n'en diffèrent que par une petite quantité d'augite associée au diopside, en même temps que par ses éléments accessoires, Mme-

ni te, mica magnésien, hornblende, apatite, et qu'on peut diviser en paléopicrites, plus anciennes que le terrain tertiaire, et picrites proprement dites ou jeunes au point de vue de leur âge géolo-

giquel>

Les picrites ont parfois une structure porphyrique.

Péridotite. — Roches analogues à la précédente, mais prétertiaires et dans lesquelles l'élément presque exclusif est le péridot, auquel s'adjoint accessoirement le fer chromé. La roche est infusible au chalumeau ; elle se dissout à chaud dans l'acide chlorhydrique ; elle a pour densité 3,3, pour dureté 5,5.

Lixnburgite. (Augiteet divine). — Certains basaltes où disparaît le feldspath ont reçu ce nom. Accessoirement fer oxydulé, fer titane. Il s'y mêle des microlithes de magnétite titanifère.

Serpentine. — Roche formée essentiellement de l'espèce minérale de ce nom (voy. p. 362).

La serpentine est compacte, finement grenue, ou foliacée, presque lamellaire, mais à feuillets difficilement séparables, ou enfin fibreuse, à fibres quelquefois désagrégées, qui produisent des matières asbestoïdes, tenaces, chrysotiles, picrosmines, etc. Elle offre en grand une division en plaques, en masses irrégulières, dont les surfaces extérieures ont un éclat caractéristique, analogue à celui d'un vernis, ou sont recouvertes d'un enduit de calcaire fibreux ou laminaire. Souvent ces masses sont séparées par de la stéatite ou de la chlorite.

Éléments accessoires : D la liage souvent très abondante ; olivine, grenats, mica, quartz, opale et dans les cavités, talc, chlorite. La serpentine forme des couches dans les schistes cristallisés, quelquefois des amas intercalaires considérables ou des filons. Ses dykes, ses masses percent les terrains sédimentaires de différents âges et s'y fondent avec lesgabbros, Téclogite ; elle renferme des amas fort importants de fer chromé ou de magnétite, parfois des grains de platine très disséminés (Oural).

Elle est précambrienne à Saint-Bonnet, dans le Beaujolais, en France, antérieure à des filons de pegmatite graphique et posté-

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rieuré aux schistes siluriens d' A lmaden, en Espagne, de l'époque crétacée en Serbie; elle n'est pas plus ancienne que l'éocène supérieur, dans les Apennins, où elle est associée aux roches euphotidiennes qui ont été accompagnées des émanations cuprifères les plus récentes.

Elle résiste à l'attaque des agents atmosphériques, et ne donne aucune végétation, par exemple en un certain nombre de points de la Nouvelle-Calédonie et dans les Alpes, où les habitants appellent monts Morts les massifs qui en sont composés. L'action prolongée de Peau et de l'acide carbonique de l'air unit pourtant par lui enlever de la magnésie, en produisant de la silice hachée, des opales, du carbonate, et même du sulfate de magnésie, lorsque la roche mère est pyriteuse.

La serpentine provient généralement de la décomposition de minéraux riches en magnésie et pauvres en alumine (péridot, enstatite, augite, diallage, hornblende). Les cristaux de péridot de Snarum, en Norvège, montrent cette décompostion en grand; on l'observe aussi dans ces hydrosilicates de magnésie, si riches en oxyde de nickel, appelés garniérite, nouméiie, et provenant des environs de Kanala, Nouvelle-Calédonie. Fréquemment les cristaux de péridot, dans un très grand nombre de roches, sont complètement altérés. Ceux de Snarum, intacts à l'intérieur, sont extérieurement transformés en une croûte granuleuse de serpentine, d'où parlent des filaments très fins de la même matière qui sillonnent en zigzag les cristaux, en se dirigeant dans leur ensemble, d'après Volger, suivant leur courte diagonale.

Lorsqu'on observe une section mince de serpentine entre deux niçois au microscope, on y observe ordinairement des couleurs vives et variées qui forment quelquefois une mosaïque à disposition des plus irrégulières, mais qui souvent sont juxtaposées en bandes parallèles.

Une matière serpent ineuse, en petites lamelles, que Ton regarde comme provenant de l'altération de cristaux de péridot, s'associe à un feldspath calcosodique décomposé dans la roche appelée par les

Allemands forellemtein (mot à mot : pierre de truite). Ces deux sortes d'éléments ne sont distincts qu'à un grossissement considérable, et se confondent en une pâte ordinairement verdàtre. Cette roche est assez abondante à Volpersdorf, en Silésie.

M. Zirkel rattache à la pierre de truite une anorthile à serpentine de Harzbourg, étudiée d'abord par M. Hagge et décrite par M. Streng sous le nom de serpentinfels.

I/anorthite y forme une masse fraîche mais presque entièrement grenue, contenant du péridot qui n'est pas encore tout à fait altéré (fig. 3so).

Serpentines à bastite. — Certaines variétés de serpentine contiennent une assez grande quantité de baslite pour avoir reçHi un nom particulier.

A la suite de la serpentine, on peut mentionner :

La chamoisite (5o à^o o/o de FeO, m à i4 o/o de silice, environ 7 o/o d'alumine et 17 0/0 d'eau) qui fond au chalumeau en scorie noire, magnétique, qui fait gelée avec l'acide chlorhydrique et qui ordinairement en grains (orme des couches dans le jurassique alpin de la Suisse. Une espcce voisine, la berthiérite, mêlée de carbonate et d'oxyde de fer, constitue le minerai d'Hayanges, Moselle.

Roche micacée sans feldspath.

Greisen, Werner (hyalomnite, Brongniart). Roche grenue composée de mica et de quartz mélangés confusément. Le mica peut y entrer pour une proportion variant de 3o à 60 0/0; à cause de son éclat, il semble former la roche presque à lui seul. C'est un granité sans feldspath. Le greisen traverse les massifs granitiques et renferme souvent des filons de cassitérite à éclat un peu résineux. Il contient quelquefois du feldspath et passe alors aux granités.

Minéraux accidentels : Fluorine, apatïte, topaze, tourmaline, émeraude, chalkopyrite, mispickel.

Plg. 330. — SEAPF.STttE A EXSTAT1TE DE BA5TE (HAUT!).

[Page .!»»] Grossissement = 21 diamètres. Lumière polarisée, niçois croisés.

Le dessin représente les minéraux suivants :

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