‹ Les roches et leurs éléments minéralogiques; descriptions-analyses microsocopiques-structures-gisementsChapitre 48 sur 199 · S 2. — LUMIÈRE CONVERGENTE · texte numérisé non relu

S 2. — LUMIÈRE CONVERGENTE

Les phénomènes observés en lumière dite convergente sont ceux qui caractérisent les différentes directions d'une lame cristalline :

i° L'exemple le plus simple en est donné par la pince à tourmalines. Tous les points de l'espace diffusent de la lumière qui rayonne dans toutes les directions possibles. Une partie de ces rayons tombe sur une première tourmaline; elle émerge en rayons polarisés qui vibrent en tous sens dans les différentes sections principales du polariseur, et qui traversent la lame où ils se dédoublent chacun en deux, la différence de phase de ceux-ci variant avec leurs inclinaisons communes sur les axes optiques de la lame; ces rayons, qui sont dédoublés, mais que l'on peut considérer comme concomitants deux à deux, traversent ensuite l'analyseur et pénètrent dans l'œil de l'observateur qui embrasse les différents points de l'intersection de la surface isochromatique du cristal et d'une direction plane parallèle aux faces de la lame cristalline, situés à la distance de sa vision distincte et dans le champ que lui laisse libre sa pupille.

Soit une lentille AA' et une lame cristalline RR' (fig. i40-

Fig. 141.

Des différents points de la lame menons les axes secondaires Ro, Io, R'o passant par le centre optique o. Les foyers principaux sont F, F pour l'axe'principal, et f, f pour les axes secondaires. La lame RR' est en avant de F; l'image se fait en rr*, au delà des foyers f, F, /*. Pour simplifier la figure, nous prenons une lar-

geur RR' de la lame égale à celle de la lentille. Les sommets r, v des cônes r'AA', rAA', sont les images des sommets des cônes RAA', R'AA'.

On peut grouper les rayons qui traversent la lame d'une autre manière; prenons tous ceux qui sont parallèles à l'axe secondaire Ro, tels que Bo, IA'; ils se rencontrent en /, foyer principal de cette direction ; de même les rayons parallèles à Taxe secondaire R'o se rencontrent en f' sur cet axe. On a donc sur une surface perpendiculaire en F à FF', qu'on peut regarder comme plane, les points de rencontre des rayons parallèles à tous les axes secondaires menés par tous les points de la lame et sur le plan ff. On peut voir en ff* la somme des clartés produites par les rayons parallèles à chaque direction et la coloration produite par les interférences suivant cette direction ; il suffit de placer l'oeil à une distance de ff égale à celle de la vision distincte.

On ne voit plus la lame, mais des faisceaux de rayons parallèles aux axes secondaires des points RR'.

Supposons que AA' soit l'objectif d'un microscope; retirons l'oculaire et remettons le nicol ; Pœîl, en regardant dans l'axe du tube, peut voir très près de l'objectif en f, f9 les courbes isochromatiques produites parles interférences des rayons qui traversent la lame dans toutes les directions.

Tel est le procédé de von Lasaulx; il a l'inconvénient de ne donner que des images très petites ; il a, au contraire, l'avantage de permettre d'observer les différents phénomènes en lumière parallèle et en lumière convergente avec un seul instrument et sans avoir à déplacer la lame.

Quand on emploie cette méthode, il faut choisir un objectif à fort grossissement et remonter le condenseur au moyen de la vis G.

On peut conserver un oculaire d'un faible grossissement en adoptant la disposition de M. Emile Bertrand (fig. i4?)-

Dans le microscope, auquel on laisse ses deux systèmes de lentille (objectif et oculaire), est introduite à volonté une lentille

achromatique G d'environ 3 centimètres de foyer, qu'on peul approcher on éloigner de l'objectif à l'aide d'une crémaillère F. Sous la platine, au-dessus du polariseur, sont fixées deux lentilles à très

PROPRIÉTÉS l'KÏSIQUES DES MINÉRAUX

court foyer, dites demi -boules, qui amènent sur l'objet un faisceau de rayons lumineux polarisés très convergents.

UROSCOPKS

Les détails vont être expliqués par l'instrument que voici : Microscope d'Amioï. — Dans ce microscope, l'oculaire permet d'amener à la distance de la vision distincte les points où convergent les rayons parallèles aux différentes directions (fig. t43).

Cet instrument, construit pour la première foif par Am compose de l'objectif oo, d'une lentille intermédiaire et d'u laire coiffé ici d'un nicol S.

Entre l'objectif du microscope et le polariseur on dispose deux systèmes de lentilles.

Un polariseur NN', pile de glaces ou nicol, envoie de la lumière verticale au microscope.

Les rayons RM', RM sont parallèles ou à peu près; un système de deux lentilles, qu'on peut appeler disperseur, ou condenseur, fait diverger considérablement les systèmes de rayons RI, R'K, de façon que la lame cristalline V est parcourue par des rayons très obliques les uns sur les autres. Au sortir de la lame V, ceux-ci sont recueillis par un système de lentilles qu'on peut appeler collecteur, et qui les ramène à leur direction primitive, de sorte que, presque parallèles, ils rentrent dans le champ du microscope, lequel ne diffère plus des microscopes ordinaires que par la distance à laquelle la disposition relative de l'objectif et de l'oculaire reporte le cercle de Ramsden, pour qu'on puisse placer un analyseur entre l'oculaire et l'œil.

Les ûgures i 44 et i45 montrent la marche de la lumière, la première dans le condenseur, la seconde dans le collecteur.

La figure i46 est un modèle du microscope d'Amici, tel qu'il se construit maintenant. MM. Des Cl oi seaux, Nodot, l'ont successivement modifié.

M. Werlein l'a beaucoup perfectionné sur les indications de M. E. Bertrand.

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