APPAREIL POUR LA MESURE DE L'ANGLE DES AXES
Le plus ordinairement on place le nicol polariseur à 45° de l'horizon et l'analyseur en croix, en sorte que la bissectrice obtuse W de la lame est à 45« des niçois tout en restant horizontale et que la plaque montre les lemniscates et les hyperboles (fig. 1 5o) . On n'a donc qu'à amener successivement les deux sommets des branches d'hyperbole
sur 1 axe optique de 1 instrument en regard du point de croisement de deux fils ou de deux traits marqués sur une lame de verre et placés au foyer de l'oculaire. La pince, en tournant, entraine un vernier circulaire qui permet de lire les positions où se trouve la lame cristalline quand on amène aux points indiqués plus haut les sommets de l'hyperbole el de connaître par différence l'angle dont on a tourné le vernier.
Entre l'objectif et le nicol on dispose un support qui permet de placer verticalement une petite cuve à faces bien parallèles. C'est dans cette cuve qu'on met l'huile ou des liquides d'indice de réfraction encore plus considérables où l'on immerge le cristal pour en rapprocher les axes apparents des axes réels. On peut aussi chauffer la lame cristalline en la plaçant entre des pinces en fer convenables.
Action de la température sur l'angle et sur la position dn plan des axes. — Dans un 1res grand nombre de substances cris • tallisées,rangledesaxe8 varie peu avec la température. Dans d'autres, au contraire, il présente des variations énormes. Dans le gypse, par exemple, les axes optiques sont assez écartés dans le plan de symétrie à la température ordinaire; mais, si on pose la plaque de gypse sur une lame de cuivre percée d'un trou pour laisser passer la lumière et que cette lame soit assez larje pour être chauffée à ses extrémités pendant qu'elle repose sur le porte-objet du microscope d'Amici, on voit, en chauffant la lame de cuivre au moyen de lampes à alcool, les axes se rapprocher peu à peu ; si on arrête l'action de la température en retirant les lampes avant le moment où les axes sont tout à fait réunis, on voit les deux branches d'hyperbole se
transformer peu à peu en croix noire, les axes se rouvrir ensuite dans un plan perpendiculaire à leur plan primitif et la dispersion devenir horizontale. Au fur et à mesure que le refroidissement s'opère, les axes se réunissent de nouveau, puis reprennent leur plan et leur écartement primitifs.
Le feldspath orthose présente une dispersion horizontale ; mais si la température en est portée à 4oo°, les axes se rapprochent de plus en plus et la dispersion devient inclinée. Si la température est encore plus élevée et maintenue quelque temps, la dispersion reste i nclinée, même après refroidissement, ce qui peut faire comprendre pourquoi l'orthose des granités offre la dispersion horizontale et celle des trachytes des bords du Rhin la dispersion inclinée (Des Cloizeaux).
Dans le groupe des micas, l'angle des axes varie à la température ordinaire, dans des conditions dont la loi s'il y en a une, nous échappe, depuis un angle que sa petitesse rend incommensurable, jusqu'à environ 700. Il est vrai que les combinaisons chimiques revêtues des formes et des propriétés inhérentes à ces formes qui composent le groupe des micas sont très variées; mais on n'a pas encore pu saisir de relations entre la composition chimique et la variation des angles des axes optiques dans ce groupe, comme dans quelques autres. Aussi beaucoup de minéralogistes divisent-ils ces matières en micas orthorhombiques et micas hexagonaux. Les propriétés thermiques montrent pourtant que tous les micas sont orthorhombiques peut être quelquefois optiquement clinorhombiques et que, s'ils atteignent la limite qui les sépare des formes hexagonales, tous au point de vue cristal lographique et presque tous au point de vue optique, les propriétés calorifiques les maintiennent tous également dans le système orthorhombique. Le caractère du signe optique positif ou négatif échappe souvent aussi. L'apophyllite, par exemple, substance quadratiqueou uniaxe, est positive à une extrémité, négative à l'autre.
Dans quelques cristaux, les plans déterminés par les axes des différentes couleurs ne sont pas orientés de même par rapport aux
plans cristal iographiques à la même température. Les plans desaxes bleus pourront se trouver, dans certains cas, rares, il est vrai, dans la brookite, par exemple, à 90" ou à peu près de celui des axes roupes. On devra donc indiquer, en parlant d'un caractère, la température à laquelle il est observé. Quand on ne fait pas spécialement mention de celle-ci, c'est qu'on observe à la température moyenne du Heu.
Dans la zoïsite, les axessont situés dans des plans rectangulaires, pour la même couleur, à la même température, suivant les échantillons.