‹ Les roches et leurs éléments minéralogiques; descriptions-analyses microsocopiques-structures-gisementsChapitre 60 sur 199 · INSTRUMENTS EMPLOYÉS EN PÉTROGRAPHIE · texte numérisé non relu

INSTRUMENTS EMPLOYÉS EN PÉTROGRAPHIE

Supposons, par exemple, que la règle soit à la 34e division, lorsque l'anneau extérieur montre le premier lie de vin et à la 64« lorsque cet anneau a la couleur lie de vin du deuxième spectre.

T z: — - -— - = — f SI

o,ooii2Ô — 0,000575 553

Pour que le quartz acquière la teinte de la plaque observée il faut porter la règle à la division 76 ; mais on doit diminuer ce nombre de 2,84. Soit alors 76 —2,84 = 73-, 16 le nombre vrai. Gomme chaque division vaut 0,0000184, on a 0,0000184 X 73 t6 = 0,001 346, et, si on divise ce nombre par l'épaisseur de la plaque, on a sa biréfringence.

Mesure de la biréfringence des lames au microscope par leurs colorations — Dans la planche coloriée, p. 000, le fond de la figure représente les spectres des premiers ordres; sur les abscisses noires verticales sont comptées les épaisseurs, indiquées par les lignes noires horisontales qui les coupent, depuis omm,oi jusqu'à omm,02, mais numérotées seulement jusqu'à omm,i.

En dessus, l'auteur a énoncé les couleurs principales qui se succèdent dans les différents ordres.

Sur la ligne verticale qui traverse le bleu «lu deuxième ordre, sont inscrites quelques espèces minérales qui présentent cette couleur entre deux niçois croisés, lorsqu'elles ont l'épaisseur placées en regard de leur nom; ex. : l'apalile, sous l'épaisseur de omm,i24t le gypse sons celle de omra,o6o9, le calcaire sous l'épaisseur de onu»,o293.

Or, l'intensité I de la lumière normale et parallèle qui traverse une plaque à faces parallèles

r = 2 sin * -(no — ne) où

v étant la vitesse de propagation de la lumière dans l'air, v0 et ve

ne =— r

Vo

les vitesses de propagation des deux rayons concomitants dans le cristal ; no-n* sont donc équivalents aux épaisseurs d'air que traverseraient ces rayons pendant les temps qu'ils mettent à parcourir le cristal, en appelant o et c ces épaisseurs d'air, on peut poser :

I* r= S sinfl t. h [o — é) et la formule est identique à celle que Newton a trouvée comme expression des retards ou des différences des chemins parcourus par les rayons dont les interférences produisent les anneaux colorés en lumière blanche naturelle. Ces retards ont été exprimés par Newton en millionièmes de millimètre.

t[ Dans le premier ordre, le gris de fer correspond à 4o millionièmes de millimètre, le gris bleu à i58, le bleu verdâlre à 234, le jaune brillant à 33a, le jaune orangé à 5o5, le pourpre à 565.

Dans le deuxième ordre, le violet sensible no î à 575, le bleu à 564, le vert à 747, le jaune pur à 910, l'orangé à 948 ; dans le troisième ordre, le vert bleuâtre clair sensible, n° 2 à 1138, l'indigo à n5i, le bleu verdâtre à 1258, le vert brillant à 1376, le jaune verdâtre à 1426, le rouge rose à i495> le carmin pourpre à 1621, et dans le quatrième ordre, le gris violacé sensible no 3 à t652, le gris bleu à 1682, le vert bleuâtre à 174$, le vert brun clair à 1811, etc.

[Ml suffit, par conséquent, de placer sous le miscroscope, muni, du comparateur, si on veut observer plus exactement sa coloration, une plaque cristalline à faces perpendiculaires à la ligne moyenne c'est-à-dire contenant dans son plan les lignés d'élasticité extrême ; la coloration de la plaque fait connaitre en millionièmes de millimètres le retard h [ng — np); en divisant par l'épaisseur h de la plaque on obtient ng — np> c'est-à-dire la biréfringence. Le tableau permet, même étant connue la biréfringence pour une épaisseur connue, de déterminer la nature de la plaque. (Voyez Les minéraux des roches, par MM. Michel-Lévy et Lacroix.)

Réfractomètre de M. E. Bertrand. — Un verre dépoli VM ferme l'extrémité d'un tube en laissant tamiser la lumière

INSTRUMENTS EMPLOYAS EN PÉTROGRAPHIE 181

(Éig. 169). Des rayons RI, AI, tombent sur une lentille demiboule IV sertie dans une portion MM' de la paroi du tube. Celle-ci est inclinée à 3o° sur Taxe du tube CC. Sur la face plane de cette lentille, on applique une plaque cristalline en interposant entre la lentille et la plaque une couche légère d'un liquide i indice très élevé. A l'extrémité opposée du tube est une loupe, et, sur l'axe optique de celle-ci, à son foyer, on a placé un micromètre mm'. Un rayon RI traverse la lentille demiboule, le liquide, pénètre dans le cristal MM' et sort suivant FR' en s'écartant de la normale NN' à la face du cristal MM'. Soit AIN l'angle limite de l'huile pour le cristal ; l'indice de l'huile étant supérieur à celui du cristal, tous les rayons compris entre AI et IM sont réfléchis totalement, et Ton a une aire éclairée A'IM'. Appelons i' l'angle R'IN', r1 l'angle RIN.

sin V v cristal v cristal v air

sin r' v liquide v air v liquide "

Soit n Tindice du cristal, ri celui du liquide :

Fig. 1«».

sm t sin r'

Pour qu'il y ait réflexion totale, il faut que i'= 900. Si n augmente, pour t' et n' constants, r' augmente. Or, r7, c'est l'angle RIN correspondant à la région NIA' obscure. Donc, plus l'indice du cristal est grand, plus la région obscure A'IM' est vaste. On gradue le réfractomètre par comparaison.

Procédé de Beoke. — On doit à Becke un moyen rapide de reconnaître parmi deux matières en contact dans une plaque la

plus biréfringente. En abaissant le condenseur et en unissant même le polariseur d'un diaphragme étroit, de manière à ne laisser passer que de la lumière peu divergente, on voit plus éclairé le côté étroit occupé par la matière la plus réfringente. Ce côté reçoit en effet la lumière qui se trouvait de l'autre avant sa sortie de la plaque et qui a subi en moins grande proportion la réflexion totale.

Page 1