Les rois de la force [electronic resource]
Le prestige de la force physique est indéniable; de tout temps, les hommes se sont inclinés devant les manifestations de la force musculaire, et l'admiration des foules est nettement attirée par les prouesses athlétiques. La plupart de ceux qui se piquent d'intellectualisme ou d'aristocratie, manifestent volontiers, par esprit de contradiction, le mépris de la vigueur corporelle.
Encore, ce mépris est-il plus affecté que sincère; il est le fait d'un raisonnement très faux, d'ailleurs, qui juge que la valeur de l'esprit doit être inversement proportionnelle à la force du corps.
Mais l'impression spontanée, ressentie devant une belle manifestation de vigueur physique, est toujours admirative, et le raisonnement qui marchande cette admiration, apparaît comme un frein que la civilisation a su mettre à nos impressions ataviques et naturelles.
En effet, au début de l'humanité, la force primait l'intelligence; le chef devait être le plus robuste de sa tribu, le plus rapide, le plus adroit; celui qui sortait triomphant des luttes avec l'ours des cavernes; celui qui forçait à la course le gibier des plaines; celui qui escaladait aisément, pour en cueillir les fruits, les hautes cimes des forêts touffues.
Ceux-là groupaient autour de leur valeur physique une famille, une tribu, qu'ils défendaient contre les rivalités de leurs semblables, contre les attaques des bêtes féroces, et qu'ils nourrissaient du produit de leurs chasses. .
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