MANIERE DE CALMER UNE QUERELLE
C'était un homme très doux et paisible et un bon citoyen de Londres. C'était un cabaretier modèle, car il avait une manière spéciale de maintenir l'ordre. Il ne se donna jamais la peine d'appeler la police.
Je vais vous donner un exemple de sa manière de faire, puis je laisserai en paix le pauvre Tom.
Deux vigoureux habitués persistaient à se quereller dans sa taverne. Le patron patienta pendant quelque temps ; mais, à la fin, les hommes, enhardis par son calme, lui offrirent de lutter avec eux.
— Très volontiers, messieurs, dit Tom. Il sauta par-dessus le comptoir, saisit les hommes par le cou comme il aurait fait de deux enfants, et cogna leurs deux têtes l'une contre l'autre jusqu'à ce qu'ils demandassent grâce.
Thopham arrêtant une dispute
Ils ne demandèrent plus jamais à Tom de lutter avec eux.
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JOHANN KARL von ECKENBERG
''ohann Karl von Eckenberg lut l'homme le plus fort d'Allemagne à la fin du dix-septième siècle et au commencement du dix-huitième. Il triompha en Angleterre, en Portugal, en Belgique, en Suisse. Eckenberg était un contemporain du roi de Saxe, Auguste le Fort, qui a accompli des tours de force bien connus et qui assista lui-même en 17 17, à Leipzig, à une représentation d'Eckenberg. La gravure ci-contre, qui figurait sur ses affiches, nous montre comment déjà à cette époque Eckenberg savait, comme nos artistes d'aujourd'hui, mettre en lumière son art par des performances impressionnantes.
Un chroniqueur anonyme décrit ainsi qu'il suit les exercices que promet l'affiche :
i° Eckenberg soulève un canon de 2.000 à 2.500 livres d'une main, il laisse ensuite s'asseoir dessus un tambour avec sa caisse ou tout autre instrument, il maintient en l'air ce canon d'une main pendant qu'il vide de l'autre un verre de vin.
20 II fait atteler deux ou trois forts chevaux à son corps, les chevaux peuvent alors tirer de toutes leurs forces sans pouvoir le bouger de place.
30 II brise avec les deux mains une corde que deux chevaux ne peuvent briser.
40 II pose les pieds sur une chaise et la tète sur une autre, le corps dans le vide, il fait monter cinq ou six hommes sur son corps sans que cela le fasse plier.
50 II soulève d'une main un cheval sur lequel sont assis un ou deux hommes et il le soutient pendant le temps qu'on met à boire un verre de vin.
6° Il fait placer sur sa poitrine une enclume de 500 ou 600 livres et fait briser dessus par deux forgerons une énorme barre de fer.
70 II se couche par terre et fait monter sur son corps deux hommes de fort poids, il se relève avec eux et s'assied sur une chaise, comme il est indiqué sur le tableau.
8° Il peut aussi soulever huit ou dix hommes et les maintenir avec la main.
90 II tord à volonté un clou long de 1 pied et de l'épaisseur d'un tire-bourre de fusil.
io° Il prend dans la bouche par un bout un banc de 18 pieds de long et met sur l'autre bout une chaise qu'il soulève à 10 pieds du sol.
ii° Il prend une canne dans la bouche et laisse tirer dessus deux hommes très forts sans qu'ils soient capables de la lui arracher de la bouche.
12° Il a coutume de produire encore quelques numéros et fait savoir aux amateurs de chasse qu'il arrange un fusil de chasse de façon qu'on puisse tirer avec à 1.000 pas et un pistolet à 500 pas.
Comme on le voit, on savait déjà à l'époque bluffer comme le font souvent nos athlètes de music-hall qui soulèvent en truquant vingt-cinq ou trente hommes et d'autres tours analogues.
Néanmoins, il est certain qu'avec les moyens dont on disposait à la fin du dixseptième siècle Eckenberg fut un homme très fort.
LA FORCE PHYSIQUE DANS LES TEMPS MODERNES
Le Travail de l'Athlète Karl von Eckenberg