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CRÉATION DES ARÈNES LE PELETIER

Ç4ç, Rue Le Peletier)

Nous voilà maintenant en 1868, au 49 de la rue Le Peletier, en face de l'ancien Opéra. La lutte parisienne est à l'apogée. Sous la direction de Charavay, nous

retrouvons là Richoux, les deux Marseille, Dumortier, de Nantes, James le nègre, dit le Farnèse africain, Dubois, de Saint-Denis, Milhomme, de Bordeaux, dit Sans pitié, qui tomba un jour Richoux par surprise, Bonnet, le Bœuf, Laroche, Ancelin, les frères Masson, Stockmann, le Rempart de la Belgique, Faouët, Paul le nègre, dit Y Anguille sénégalaise, Creste, le Taureau de la Provence, Périer, dit Y Anguille parisienne, Alfred, le Beau Modèle parisien, puis des lutteurs masqués, le Masque noir et le Masque rouge, enfin Pierre le Cocher.

Ces luttes durèrent environ un an, mais, à la longue, comme le spectacle se renouvelait trois fois par semaine, les assistants commencèrent à devenir moins nombreux; l'imprésario eut alors recours à un procédé assez habile. Il imagina le coup de YHomme masqué, cette énigme devenue légendaire.

Cet athlète mystérieux se rendait aux arènes dans un coupé élégant. Quand il entrait, accompagné de son domestique, qui le suivait à quelques pas, sa vue faisait impression sur les spectateurs. Il était vêtu d'un maillot qui l'enveloppait depuis le cou jusqu'aux pieds ; sa tête était cachée dans une sorte de sac de soie noire, avec des trous pour les yeux, enfin il était ganté. Pendant quelque temps, le public, persuadé qu'il avait réellement devant lui un homme du monde, lui fit fête ; mais un beau jour, on finit par remarquer que l'accoutrement du lutteur masqué ne permettait guère à un athlète de lutter avec avantage contre des hommes comme Richoux ou Faouët et, surtout, de les tomber en quelques secondes. On acquit alors la conviction que ces luttes n'étaient qu'une simple comédie ; et le public se fâcha, si bien que l'homme masqué, qui jouait le rôle de l'homme du monde et qui n'était autre qu'un

Alfred Le Beau Modèle parisien

LES ATHLÈTES CONTEMPORAINS DU XIXe SIECLE 47

masseur du nom de Charvet, dut retourner à ses clients. Bien entendu, à la suite de cette exécution, les arènes de la rue Le Peletier se trouvèrent quelque peu délaissées.

Alfred, le Beau Modèle parisien, enlevant Pierre, le Cocher

Les arènes de la rue Le Peletier furent fermées en 1870 à la suite d'un coup fatal, « collier de force », qui causa la mort d'un lutteur. L'Administration intervint et interdit les luttes à Paris.

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