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CRÉATION DES ARÈNES ATHLÉTIQUES INTERNATIONALES

(24, Quai Debilly)

A l'occasion de l'Exposition de 1889, des arènes athlétiques avaient été installées au n° 24, quai Debilly.

Apollon, Crest, Félix Bernard, Eugène, de Paris, Pytlazinski, Alix le nègre, un poids léger mais bon professeur, mort tuberculeux, Robin, dit Badingué, Piétro Dalmasso, Robinet, Boyer, de Nimes, et Boyer, de Marseille, Emile Bruyère, dit le Limousin, Conver, de Lyon, dit Fafon, mort à Grenoble tué d'un coup de revolver, Éveillard, dit le Tonkinois, furent engagés et se produisirent dans des luttes gréco-romaines qui eurent le don d'enthousiasmer le public.

Voici, à ce propos, deux extraits des articles qui furent publiés à cette époque, l'un pour annoncer l'ouverture des arènes, l'autre pour rendre compte de l'inau-

Les lutteurs suisses sont arrivés quai Debilly, 24. Incomparables spécimens de la force et de l'agilité, ils défient tous les adversaires.

Ce soir jeudi, jour sélect, première représentation avec le concours des champions français : Bernard, Crest, etc., et Apollon, le roi de la force humaine...

C'était hier l'inauguration des Arènes athlétiques internationales, 24, quai Debilly, au bénéfice des veuves et des orphelins de la Presse.

On se rappelle combien le spectacle des luttes romaines a passionné Paris, il y a quelques années.

Douze des plus forts champions français ont été engagés par les entrepreneurs des Arènes athlétiques et maintiendront contre les champions étrangers la réputation de l'école française.

Les luttes à main plate doivent du reste faire partie du programme de l'éducation physique de l'année 1 889-1 890 dans les lycées.

La boxe anglaise sera représentée ce soir par deux des meilleurs boxeurs, ainsi que par miss Nelly et miss Mary.

Boyer, de Marseille S

Enfin, les exercices de force auront pour protagoniste le célèbre Apollon, qui, n'ayant pas encore rencontré son égal, s'intitule à juste titre : le Roi de la force humaine. Apollon enlèvera son fameux poids de 80 kilos et allongera son extenseur.

Apollon est véritablement l'homme le plus fort qu'on ait vu depuis longtemps.

A la pincée, entre deux doigts, il enlève à bout de bras un poids de 80 kilos.

C'est le plus bel échantillon d'athlète qui existe au monde. Ses formes parfaites et son visage au masque justinien font penser aux gladiateurs de la Rome antique.

Apollon est Français, il est né à Marsillargues (Hérault).

Éveillard, dit le Tonkinois Né le 13 janvier 1859 a Barleux (Somme)

Les luttes durent cesser au bout de quinze jours, faute de lumière électrique.

LES ATHLETES CONTEMPORAINS DU XIXe SIECLE

Nous allons maintenant passer en revue les athlètes qui se sont illustrés par leurs prouesses soit dans les exercices de force, soit dans la lutte, en donnant leurs biographies au hasard des souvenirs, en nous efforçant toutefois de suivre un ordre chronologique.

Nous co nmençons par celui qui fut le plus célèbre de 1852 à 1868.

RICHOUX, le Carabinier de Bugey

Richoux, dit le Carabinier de Bugey, fut le champion de la salle Montesquieu vers 1852, puis du gymnase Paz en 1866 et enfin du Casino de la rue Cadet en 1867 et des arènes Le Peletier en 1868.

Richoux était l'un de ceux dont les affiches de Rossignol-Rollin disaient que ses

glorieuses épaules n'avaient jamais connu ^

le contact impur de la poussière de V arène.

C'était un des plus beaux hommes qu'on ait jamais vus. Très grand, mince, tout en muscles, de forme irréprochable, agile et d'une force colossale, il se montrait en outre aussi doux qu'on puisse être. Richoux, qui était originaire de l'Ain, exerçait le métier de marchand de bois, et, en dehors de la lutte qu'il aimait passionnément, il s'occupait si bien de son commerce, qu'il fit une jolie fortune et finit même par devenir maire de sa commune. Il est mort près de Lyon en 1908.

Un jour, la direction du Casino ayant fait savoir qu'un prix de 300 francs — on a marché depuis — était réservé à celui qui tomberait un des trois champions de la maison : Richoux, Marseille le Lion, ou Vincent-Canon, un adversaire se présenta. C'était Faouët, boulanger à Paris. Le nouveau venu, très méfiant, voulut que la somme fût d'abord déposée entre les mains d'une personne de l'assistance. On lui opposa d'abord Vincent.

Les deux hommes entrèrent en lice et, après quelques passes, Faouët, par un

coup de « ceinture avant » d'une puissance inouïe, étreignit Vincent, le souleva et l'étendit sur l'arène. Ce fut un événement, car Vincent était considéré comme un des

Richoux Lorsqu'il luttait à la salle Montesquieu

plus puissants lutteurs de l'époque. Bientôt Ton ne parla plus que de l'irrésistible « ceinture » de Faouët. Le lendemain, le boulanger se mesurait avec Marseille. Pendant cinq quarts d'heure, les deux adversaires luttèrent avec une énergie farouche, sans parvenir à faire une prise utile, et le combat resta sans résultat. Mais, avant de partir, Richoux, le grand Richoux, jeta le gant à Faouët.

A peine les deux lutteurs se trouvèrent-ils en présence, q»ue Richoux leva les bras, s'offrant de lui-même aux prises. Faouët se précipita et enlaça Richoux de ses bras de fer. Mais celui-ci, passant les siens sous les aisselles de son adversaire, l'enleva d'un coup et, faisant faire à ce long corps une révolution complète, le plaqua à terre, sur les épaules. Puis, le relevant : « Le voilà, dit-il, ton coup de ceinture ! »

Richoux avait servi dans les carabiniers, de là son surnom de Carabinier de Bugey. Pour servir dans ce corps, il fallait une taille minimum de i™ 88, et Richoux avait im92 de hauteur. On remarquera sur cette précieuse photographie — la seule qui reste du colosse — le cou énorme de Richoux, l'énergie qui se dégage dé son mâle visage, la finesse de ses membres, qui indique la vitesse, première qualité du muscle, indice d'un bon système nerveux.

Les écharpes qu'il a autour du corps cachent ses deltoïdes et ses pectoraux, qu'il avait très beaux.

BÉRANGER, dit le Modèle parison

Béranger, de Saint-Etienne, dit le Modèle parisien, était un colosse de plus de im 80. Assez beau garçon, il avait le nez très fort, de jolies dents, les cheveux sur les tempes et présentait, au demeurant, le type du « Parigot » des faubourgs. Ses épaules étaient très larges, ses jambes admirablement modelées et surtout ses bras très forts et très musclés. Il faisait remarquablement les poids et passait à juste titre pour l'un des meilleurs athlètes de son époque. C'est ainsi qu'il sautait, successivement, six chaises placées en file, à un peu plus d'un mètre l'une de l'autre, en exécutant chaque fois un double bras tendu avec deux poids de 20 kilos. C'était là un exercice unique que beaucoup de ses camarades essayèrent d'imiter, mais qu'aucun d'eux ne put arriver à réussir.

Béranger fit très longtemps partie de la troupe de Rossignol-Rollin. Ce n'était pas un lutteur bien scientifique, mais son poids, sa taille et sa force lui permettaient de se mesurer avec n'importe quel adversaire. C'est ainsi qu'il soutint de superbes luttes contre Garelli, le colosse génois, un géant de 2 mètres de hauteur, qui pesait 260 livres ! et contre Lacroix, de Lyon. Ce Lacroix faisait courir la population de Lyon et des environs chaque fois qu'il se présentait dans l'arène ; doué d'un cœur et d'une constitution exceptionnels, il avait des bras et des jambes énormes, une large poitrine extraordinairement bombée, et un cou formidable; une barbe large et longue étalée en éventail lui donnait par surcroît un air farouche. Il faisait partie, lui aussi, de la troupe de Rossignol depuis très longtemps. C'était un bon camarade de Béranger; mais un jour, à Bordeaux, au cours d'une partie de cartes, ils se fâchèrent et

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faillirent en venir aux mains. Leur directeur, qui connaissait son affaire, profita de cette animosité passagère pour les faire lutter ensemble quelques jours après. Ce fut une sorte de duel, et les spectateurs de ce match assistèrent à une véritable séance de « bourre »

comme on n'en voit pas souvent.

Malgré une résistance acharnée, Béranger dut s'incliner devant la science de son adversaire et fut plaqué sur les deux épaules à la deuxième reprise.

Il fut plus heureux dans sa lutte avec Garelli, un véritable géant qui dépassait notre Béranger de toute la tête. Le combat fut long, et à manier un adversaire aussi lourd, Béranger parut, sur la fin, devoir succomber à l'épuisement ; néanmoins, rassemblant ses dernières forces, il parvint à triompher par un magnifique tour de hanche en tête.

D'un caractère assez jovial, Béranger prenait le temps comme il venait, et lorsqu'il subissait un échec, il ne s'en affligeait pas trop.

« Les arbres tombent, disait-il, et ne se relèvent pas, et moi, si je tombe, je suis encore plus vite relevé que je n'ai été couché. »

Béranger, comme trop d'athlètes de son époque, ne menait pas une vie exemplaire; des excès de toutes sortes abrégèrent sa carrière, qui aurait pu être très longue s'il avait ménagé la belle santé qu'il tenait de la nature. Il mourut, tuberculeux, à l'âge de trente ans. Il avait été inhumé provisoirement à Saint-Étienne; mais, cinq ans après, lorsqu'on l'exhuma pour le transporter dans un caveau de famille, on trouva ses restes intacts, à tel point qu'on aurait pu le croire décédé de la veille.

Béranger Lacroix

YÉlègant Modèle parisien dit Va de bon cœur

Tous deux arborent le caleçon de bain qui était la tenue des lutteurs de Rossignol-Rollin

RAMBAUD, dit la Résistance

Rambaud, dit la Résistance, fut un athlète remarquable; il était boxeur, tireur de canne, lutteur et leveur de poids.

Il tenait, rue des Écuries-d'Artois, une salle où il donnait des leçons de boxe.

Grand, bien découplé, intelligent, il s'est fait admirer et bien payer à la cour d'Egypte. « Béni soit le ventre de la mère qui t'a porté », lui disait un jour le khédive (Ismaïl Pacha). Il avait été le professeur de Henri Joigneret, un ancien hercule, qui tenait encore, il y a quelques années, en 1889 pour préciser, à Montmartre, une salle de lutte et de poids devenue plus tard la salle Pons et remplacée aujourd'hui par des maisons de rapport. Joigneret avait conservé pour la Résistance une admiration qui dépassait toute limite.

En 1876, la Résistance était à La Chaux -de -Fonds, en Suisse, et voici le portrait qu'en fait Charlemont père, d'après M. Cœurderoi, un de ses amis, qui rencontra Rambaud à cette époque :

« Il n'était plus jeune, quelque peu coloré et légèrement boursouflé ; il avait beaucoup joui de la vie ; à son retour du Levant, il avait fait de la lutte en Grèce, et était resté deux ans à bien boire, bien chasser et bien manger son gibier; il ne s'était arrêté qu'à la fin de ses capitaux. Quand M. Cœurderorle rencontra, à la sortie de la gare de La Chaux-de-Fonds, il était habillé en marin et montrait à cette population très horlogère, mais peu maritime (1.000 mètres au-dessus de la mer), quoi ? un poisson quelconque empaillé, ratatiné, qu'il appelait un « raquin ». Les naturalistes ont la mauvaise habitude de prononcer « requin », mais la Résistance n'y regardait pas de si près. Entre temps, il faisait quelques poids, et encore assez proprement et gracieusement. C'était un vigoureux reste. »

Peu de temps après, Charlemont le rencontrait à son tour en Belgique, à Anvers,

Les Luttes a la Salle, Montesquieu Rambaud, la Résistance, contre Blas, le Fier Espagnol

tenant une baraque à la foire de cette ville, mais il eût alors été difficile de reconnaître en lui l'homme superbe qu'il avait été.

Rambaud était un ancien ouvrier boulanger. Il resta le favori du public jusqu'au jour où parut Louis Vigneron, qui eut assez vite raison de lui et le supplanta dès lors auprès du public sportif de l'époque.

La lutte la plus retentissante de Rambaud fut celle qu'il livra à Blas, le Fier Espagnol. Cet assaut eut lieu à la salle Montesquieu et se termina par la victoire de Rambaud, qui fut alors surnommé la Résistance.

MATHIEU, dit le Colosse de la Loire

Ce Mathieu était forgeron de son métier et, tout jeune, il travaillait aux forges échelonnées le long de la Loire; il était connu pour sa haute taille et sa puissance musculaire. A l'âge de dix-neuf ans, il mesurait im90, possédait une carrure formidable et pesait déjà plus de 100 kilos, avec des bras et des jambes énormes, et très musclés. Il entra un jour dans une baraque de lutteurs forains, à Saint-Etienne, pour essayer sa force avec des poids et des essieux ; après qu'il eut soulevé avec facilité tout le matériel des athlètes forains, on le fit lutter au chiqué.

En dépit de son peu de connaissance de ce jeu spécial, on sentit qu'il était extraordinairement doué et qu'il ferait quelque chose si on le poussait. La baraque où il s'essayait ainsi appartenait à un nommé Cœur-de-roi, ancien lutteur, qui s'était cassé la jambe dans une rencontre et qui était resté boiteux à la suite de cet accident. Très intrigant et très intelligent, Cœur-de-roi était un barnum accompli qui connaissait admirablement son métier : il garda quelque temps Mathieu avec lui, puis il le céda au fameux Rossignol-Rollin, toujours en quête d'hommes supérieurs.

Rossignol-Rollin, en homme pratique, fit travailler sérieusement Mathieu, surtout aux poids, et le produisit dans les grandes villes: Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Toulouse, etc., etc. Chaque fois que le tour de Mathieu arrivait, Rossignol-Rollin faisait une annonce spéciale, disant : « Messieurs, je vous présente ici l'homme qui peut s'intituler le Roi de la force humaine. Je donne deux mille francs à celui qui répétera un des deux exercices qu'il va exécuter devant vous ! »

Le premier de ces exercices consistait à enlever d'une seule main un énorme essieu, d'abord en deux temps, puis, après l'avoir laissé redescendre sans le laisser toucher terre, l'arracher d'un seul temps, enfin à le jeter dans la main gauche.

Le deuxième consistait à enlever d'une main par un bout une tringle en acier d'une longueur de 4 mètres, portant à l'autre extrémité un poids d'un kilo. Mathieu resta très longtemps dans la troupe de Rossignol-Rollin, mais, comme il était très querelleur et qu'il se battait souvent, il se brouilla avec son patron qui finit par s'en séparer. Mathieu monta alors une baraque foraine. Il s'associa avec une femme unique dans son genre, qui faisait les poids et haltères avec lui et luttait môme avec des amateurs ; on l'appelait la Rouge et elle n'était connue que sous le nom de : la Rouge à Mathieu. Elle avait les allures et la figure d'un homme, grande, sèche, forte, dure au mal, toute constellée de taches de rousseur et les mains pleines de verrues.

A un certain moment, les difficultés de l'existence obligèrent Mathieu à vendre ses tours de toile et jusqu'à la carriole qui lui permettait de suivre les foires avec son matériel. Il fallut alors marcher à pied, la Rouge portant deux poids de 20 kilos sur une planche, et Mathieu suivant avec l'essieu sur l'épaule ! Chose incroyable, mais connue pourtant de tous les vieux forains du Midi, Mathieu et la Rouge firent ainsi des traites de 20 et 30 kilomètres, allant de pays en pays et de fête en fête. Mathieu eut d'ailleurs nombre d'aventures dans son existence nomade de banquiste : cherchant trop souvent à vivre sur la crainte qu'inspirait sa force, il s'attira bien des fois des querelles dangereuses.

C'est ainsi qu'étant associé avec Deligne, il essaya, un jour que la recette avait été bonne, de frustrer son associé au moment du partage; Deligne ayant protesté, Mathieu, pour toute réponse, lui envoya dans la figure cinq ou six coups de poing qui arrivèrent assez mal. Deligne, qui était presque aussi batailleur que Mathieu, riposta, et les deux hommes se séparèrent après avoir encaissé tous les deux ; mais, le soir, au moment où Mathieu, qui avait fêté la dive bouteille, s'en revenait à sa voiture en titubant, Deligne lui administra une raclée magistrale dont il garda très longtemps les marques.

Une autre fois, à Agen, Mathieu se battit contre des paysans qui avaient bu avec lui et il en fit passer une quinzaine par la fenêtre du premier étage, si bien qu'un jeune homme de dix-huit à vingt ans, qui se trouvait là un des derniers, lui porta deux coups de couteau. Mathieu en eut pour un mois d'hôpital, mais cela ne l'assagit point et il recommença quelque temps après à Blaye. C'était le jour de la fête du pays et Mathieu travaillait les poids avec la Rouge sur la place publique. Après deux séances successives et comme la recette n'était pas fructueuse, Mathieu se mit à invectiver la foule, puis, au comble de la fureur, il bouscula trois ou quatre hommes du village. Ses adversaires ne dirent rien tout d'abord, mais, une demi-heure après, ils revinrent avec des triques et se mirent à frapper à coups redoublés Mathieu et sa Rouge. Mathieu, d'abord surpris, se remit vite, ainsi que la Rouge, et tous deux tombèrent sur les assaillants. La police arrivant sépara les combattants, mais en fourrant Mathieu et sa Rouge au violon, où ils restèrent toute la nuit ; le lendemain, quand on voulut dénicher les deux oiseaux, tous deux s'étaient envolés : Mathieu avait brisé la porte à coups de poing et d'épaules !

Mathieu et la Rouge parcoururent dans ces conditions presque toute la France, tantôt à pied, tantôt en carriole, mais toujours très misérables ; ils faisaient du reste tout ce qu'il fallait pour parvenir à ce résultat. C'est ainsi que Mathieu, entre autres qualités, était un buveur phénoménal : il absorbait souvent plus de dix litres de vin dans sa demi-journée !

Il y a une trentaine d'années, Mathieu trouva un engagement à Bordeaux pour les poids et la lutte ; il arriva une douzaine de jours à l'avance, toujours suivi de sa Rouge, et demanda un acompte de soixante-quinze francs. Mais la veille du jour où devait avoir lieu son début, on ne retrouva plus Mathieu ni sa Rouge; tous deux avaient disparu comme par enchantement et, depuis lors, oncques n'en entendit plus parler.

LES ATHLETES CONTEMPORAINS DU XIXe SIECLE

Un Élève d' Arpin : LACAISSE

Lacaisse était élève du célèbre Arpin. Il débuta en 1862, place Maubert, chez Bertrand, directeur de luttes dans les foires. Il avait alors dix-huit ans. Elancé, souple, d'une agilité surprenante, il joignait à œs qualités une force musculaire peu commune. A vingt-quatre ans, il levait, en deux temps, un haltère pesant 165 livres et faisait des bras tendus avec des poids de 25 kilos. Peu scrupuleux dans le choix des moyens pour combattre un adversaire, il était aussi redouté que redoutable.

Peu de temps après, Lacaisse était classé parmi les premiers champions de la lutte et surnommé le Lutteur d'acier.

Devenu plus tard imprésario des Folies- Bergère, Lacaisse présenta Pietro en 1884, Tom Camion en 1889, et le Turc Yousouf en 1895.

Lacaisse Arpin

Le Terrible Savoyard portant à Lacaisse U coup de lutte dénommé « Coup d' Arpin ».

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