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CHARLIS

Un athlète très ordinaire qui fréquentait chez Joigneret, rue Mazagran, vers

Il pratiqua l'un des premiers les extenseurs en caoutchouc, qu'il passait au public. C'est là son seul titre, car il ne faisait rien que l'on pût qualifier d'athlétique, pas même 40 livres à bras tendu. Chez Joigneret, il ne s'attaquait qu'aux poids creux, dont la maison possédait deux séries : une de 13 kilos et l'autre de 12 kilos. 162 livres en barre l'écrasaient littéralement.

(Note communiquée par le professeur G. Dubois, qui connut tous les hommes de cette époque chez Joigneret.)

Hyppolyte CAILLOUX

Cailloux fut l'homme-tonneau qui s'exhibait vers 1870 sur les places publiques de Paris, et soulevait avec les dents un tonneau sur lequel prenaient place deux hommes.

Ce tour de force nécessite surtout une bonne mâchoire ; il était courant il y a trente ans, mais il a perdu sa vogue depuis, et bien rares sont ceux qui en usent encore.

LES ATHLÈTES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES

Cauchois

Joseph van der Heyden

de Rotterdam

Charlis

H. Cailloux

La Baraque de MARSEILLE Jeune à la fête de Neuilly

Dz gauche à droite : Tom Cannon, Pietro Dalmasso, Félix Bernard, Bamboula, Creste, Sébastien Muller

(D'après une photographie ds V Illustration)

« A la lutte ! à la lutte ! les amateurs, haut les mains ! »

C'est ainsi que Marseille jeune, dit le Lion de la Palud, invitait les amateurs de force à pénétrer dans son arène à la fête de Neuilly.

Voici une curieuse photographie parue dans Y Illustration, qui représente les célèbres athlètes Tom Cannon, Pietro Dalmasso, Félix Bernard, Bamboula, Creste et Sébastien Mûller.

Marseille jeune se prépare à jeter des gants aux amateurs après l'invitation traditionnelle !

Puis nous voyons le contrôle de la loge foraine de Neuilly. Cette curieuse reproduction de la baraque de Marseille vers 1889 est tirée de la Vie Parisienne.

On y voit le fameux nègre Bamboula accoudé nonchalamment contre un pilier de la baraque.

C'était le moment où, la fête de Neuilly attirait le dessus du panier de la société parisienne. Les loges de lutteurs étaient alors très courues. Si elles ont connu une période déclinante, c'est grâce au « chiqué » qui a sévi dans le beau sport de la lutte.

Marseille Jeune jetant des gants aux amateurs à la fête de Neuilly

LES ATHLÈTES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES

La Baraque de MARSEILLE Jeune à la fête de Neuilly

Une curieuse reproduction de la baraque de Marseille vers 1889

Tirée de la Vie Parisienne.

PÉRIER, l'Anguille Parisienne

Lutta aux arènes Le Peletier en 1868 : on l'appelait alors Y Anguille parisienne

tant il était mince et agile; il a changé depuis, comme le montre son portrait fait en Amérique où il est allé comme beaucoup d'autres athlètes.

PÉRARD et le Petit VICTOR

Pérard, né à Rennes en 184 1, le petit Victor, né à Paris en 1846, sont deux athlètes qui eurent vers 1870 leur part de succès dans l'athlétisme forain, mais il ne paraît pas que leur force ait été bien extraordinaire.

PÉRIER Ils sont d'ailleurs disparus de la cir-

culation depuis longtemps sans laisser des

souvenirs bien vivaces aux athlètes du dixneuvième siècle.

Nous citerons comme mémoire quelques

hommes qui ont eu une grande réputation de

force vers la même époque. Ce sont : François

le Charpentier, Bertaud, dit Y Homme aux bottes,

Charles Y Arabe, le Clocher de Montpellier,

le Corselet de Marseille, le Grand Isat de

Marssillargues, Brémont, Deligne, Vignaux, dit

Cadi, Tournier, dit la Tête de fer, Laclampe,

Coudol, Catin.

Pérard

Né à Rennes en 18

le Petit Victor

Né à Paris en 1846

LES ATHLETES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES

PUJOL, le Pilier de Porte-Neuve

Pujol était" un colosse pesant 120 kilos, mesurant im8o de haut et doué d'une force extraordinaire. Ce fut l'homme le plus beau de son temps. Il avait les cheveux châtains et bouclés, longs et retombant sur les épaules, un visage mâle et expressif, un cou énorme posé sur deux épaules très larges, la démarche fière et lente, le regard assuré; tout cela le faisait ressembler à un lion . On citai t de lui plusieurs prouesses qui dénotaient sa force phénoménale. En voici une entre autres :

Il faisait son service dans la marine en qualité de canonnier servant. Un jour qu'il y avait revue de l'amiral, Pujol se mit au port d'arme avec une pièce

de canon au moment où cet officier passait devant lui.

L'amiral, émerveillé de cette force prodigieuse, fit sortir des rangs notre héros et le complimenta chaleureusement.

Pujol soulevait sur ses larges épaules des poids énormes et il n'en paraissait jamais g^^^g gène. La charge • -**- * ~

qu'il préférait était PuJOL A *° A*s

une ancre de navire pesant 400 kilos. Cette ancre, en raison de sa conformation, était un fardeau peu commode; voici comment il la soulevait. On installait l'ancre sur deux tréteaux entre lesquels Pujol se plaçait avec un épais coussinet sur les épaules. Il soulevait la charge, faisait un demi-tour et la replaçait du côté opposé à celui où il l'avait prise. Pujol lutta longtemps sous la direction de Rossignol-Rollin et de Coudol, et se rencontra avec toutes les célébrités du tapis. Il pUJOL ne mettait pas trop d'amour- propre dans les luttes,

mais quand il ne voulait pas tomber, c'était un véritable rocher et les champions n'arrivaient pas à lui faire toucher les épaules.

Pujol est mort à Marseille où il était devenu débardeur. Il avait soixante-dix-huit ans.

Louis MAZIN

azin, né à Bordeaux en 1847, débuta comme athlète, puis se mit lutteur, enfin porteur dans plusieurs troupes d'acrobates. Il se fit chanteur comique, clown, boxeur, pour redevenir plus tard lutteur. Élève de Bernard, père du champion Pélix Bernard, il méprisait la lutte d'écrasement où le poids domine la science.

Il triompha du célèbre Milhomme, dit Sans pitié, de Picard le Bordelais, d'Emile Y Espagnol, d'Hervas et de Toby.

Il a lutté avec tous les grands champions de son époque : Etienne le Pâtre, Bonnet le Bœuf, Pujol dit le Pilier de Porte-Neuve, Marseille dit le Meunier de Lapalud, Dumortier V Agile Lyonnais, Freysinet Y Arracheur de garance, le Meunier de Darnetal, Faouët le Fauve des Jungles, Achille le Colosse du mont Ventoux, Rambeau le Serpent de V Ariege, Bernard, Pietro le fylaître des maîtres, Férelon, Sabès, Gambier, Pons, Laurent de Beaucaire, Aimable de la Calmette. Il se rencontra avec des lutteurs étrangers tels que : Tom Cannon, Antonio Pierri le Grec, Cari Abs, Georges Green Y Anglais, Joë Carrol, Pétroff le Bulgare, Nourla, Kara- Osman, Mehemet, Mémich, Yousouf, Schméling, Pytlazinski, etc., etc.

Mazin mourut subitement en avril 1907, à l'âge de soixante ans; il avait im 16 de poitrine, im68 de hauteur et pesait 80 kilos.

Mazin était un exemple frappant de ce que l'entraînement peut faire chez un homme ; il avait en particulier conservé jusqu'à sa mort une souplesse et une vigueur remarquables. Il eut une longue vie active et ne fut jamais malade malgré une vie mouvementée.

Mazin n'avait que des amis. Il m'a beaucoup aidé dans la confection de ce livre, car depuis 1863 il avait connu tous les lutteurs et athlètes, et ses souvenirs m'ont été particulièrement précieux.

C'était un excellent homme auquel on pouvait serrer la main en toute confiance, car il avait toujours su se tenir à l'écart des pseudo-athlètes dont la moralité est trop souvent douteuse.

Louis Mazin a 50 ans

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