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ALBERTINI

Nicolas Albertini, né à Florence (Italie), le 6 décembre 1850, fut un athlète vraiment remarquable. Il avait un travail genre Napoli, Holtum et Gilfort, c'est-à-dire qu'il entremêlait des exercices de force avec des exercices d'adresse, de jonglerie et de poses plastiques. Albertini a travaillé chez Cotrelli, un grand cirque, il y a vingt ans ; il s'exhiba aussi au cirque Guillaume a

Lisbonne. Ne payant pas de mine avec sa petite figure osseuse, quand il allait pour se faire engager ou qu'il se présentait devant les directeurs de cirque, ceux-ci ne croyaient pas qu'ils étaient en présence d'un athlète, mais lorsqu'ils palpaient le bras d' Albertini ils revenaient bien vite de leur erreur.

Albertini avait im66 de hauteur, pesait 84 kilos, avait 44 centimètres de tour de bras, 36 d'avant-bras, 122 de poitrine, 43 de mollets. A cinquante-quatre ans, nous lui avons pris quelques mensurations, il avait encore 34 centimètres et demi d'avant-bras.

Dans son numéro suspendu au trapèze, il enlevait un bœuf par le moyen de staff ou un cheval avec les dents. Il faisait aussi l'exercice dit de la colonne romaine, il arrêtait un boulet lancé par un canon. Au Casino de Toulouse il eut un match avec Ancillotti, un de ses compatriotes. Albertini est maintenant retiré de la piste, il a plusieurs enfants qui sont artistes également et s'exhibent actuellement dans les grands concerts. Dernièrement, deux de ses enfants, un garçon et une fille, avaient créé un numéro de danse acrobatique qui a obtenu aux Folies-Bergère un succès mérité. Albertini est un modeste, il a une physionomie très sympathique et il est très plaisant de l'entendre, avec son petit accent italien, raconter des anecdotes athlétiques.

Albertini

LES ATHLÈTES MODERNES DES XIXe ET XXe SIÈCLES I53

Les Frères Joseph et Louis LÉTAU

Les frères Létau, Louis et Joseph Soloniac dit Schilling, étaient deux athlètes qui avaient reçu le nom de Létau grâce à leur force de mains extraordinaire. Joseph était un vigoureux gaillard de uo kilos qui faisait partie de la troupe foraine ci-contre dans laquelle on remarque le boucher Auguste Guitchen, Paul le Meunier, un bon lutteur bordelais mort en

Curieuse photographie d'une arène athlétique de; frères Letau

En haut : Paul le Meunier, Auguste le Boucher, les frères Li-tau, Devaux dit Ratata, X....

En bas : Toby, Bamboula, Raoul Guimberteau, Alix le Nègre, X

(le vrai) (dit le Bordelais) Assis au contrôle : François Le vacher dit le Bordelais.

1900, François le Bordelais, Raoul Guimberteau dit Raoul le Bordelais, François Bamboula (le vrai), le nègre aux formes sculpturales, Alix le Nègre, Devaux dit Ratata, Toby, mort en 1910.

Un jour, à la fête de Neuilly, en 1889, les deux frètes Létau firent partie d'une troupe foraine comme on n'en avait jamais vu. Il y avait en parade Apollon, le roi des athlètes, Sans Dents, le fameux hercule, Alphonse Grasse, un des rois de la force de

l'époque, Félix Bernard, le roi des lutteurs, et les deux frères Létau. La loge foraine ne désemplissait pas de mondé, c'était le bon temps pour les amateurs de force. Jamais on ne revit une pareille parade.

Louis Létau mourut d'une congestion en 1898, il était en pleine maturité.

Parmi les athlètes qui composent la troupe foraine des frères Létau, un s'exhibe encore : c'est Devaux dit Ratata, qui fait le boniment à l'arène de Marseille. Ratata est devenu une masse de chair croulante et n'a plus qu'une très lointaine ressemblance avec l'Apollon du Belvédère. Le public, bon enfant, veut bien ne pas trop rire quand Ratata vient parler de tours de force et de musculatures. Heureusement que les amateurs choisissent pour tirer la bourre les plus jeunes lutteurs de la troupe de Marseille, car le pauvre Ratata serait dans l'impossibilité absolue de tenir une minute devant un petit bourreur. Raoul Guimberteau, dit le Bordelais, après avoir tenu pendant de longues années une arène athlétique foraine, devint arbitre dans des championnats de lutte, puis se retira un peu du mouvement athlétique. Bamboula, après avoir connu la misère dans le nord de la France, disparut un jour de la circulation et nous ne savons ce qu'il est devenu.

Auguste le Bonther est retourné aux abattoirs de La Villette où il y est toujours estimé de ses compagnons de travail.

François le Bordelais donne des conseils de lutte aux jeunes gens qui fréquentent le gymnase Rampazzi, à Paris.

Louis Létau (Soloniac) Mort d'une congestion, en 1808

LES ATHLÈTES MODERNES DES XIXe ET XXe SIÈCLES

Alphonse GRASSE

lphonse Grasse, né vers 1860, fut un bel athlète, élégant et fort. Il brillait vers 1883. Il arrachait 140 livres d^une main, en enlevait 135 a la volée à gauche et à droite, et d'une main faisait 35 kilos à bras tendu. Il fu* victime d'un accident regrettable qui lui fit abandonner la carrière d'athlète. Voici comment : Sur la baraque de Grasse se trouvait un ~i?r clown qui faisait la parade et amenait la foule, il devait tirer un coup de pistolet à blanc et se sauver en imitant un vagabond poursuivi par le gendarme. Un jour, en passant devant Grasse, il fit partir son pistolet par mégarde et Grasse

Mars et Vénus

(Gravure de P. Jazet en 1884)

Cette gravure représente une arène de lutte en 1884, à la fête de Neuilly.

L'escrimeuse vient de battre un militaire qui offre à ses camarades la place qu'il vient de quitter.

Le lutteur nègre est le vrai Bamboula.

L'hercule blond est le fameux Alphonse Grasse qui fut un athlète extraordinaire.

reçut la charge dans l'œil ; le malheureux en fut éborgné et depuis ce temps porta un bandeau devant l'œil mutilé.

Au temps de sa splendeur musculaire, il jonglait avec un poids de 50 kilos, ce qui dénote une vigueur remarquable. Il luttait aussi quelquefois, mais ses connaissances

en ce sport étaient rudiment aires et, tel le renard de la fable, il jugeait la lutte comme un exercice très inférieur. Auguste le Boucher l'ayant tombé un jour avec une grande facilité, il dit en se relevant : « Oh moi ! je suis un artiste ! » Et son geste de dédain fut tout un poème.

Alphonse Grasse était fort et son énergie, très grande en face d'une masse de fonte,

sombrait devant le combat. La lutte nécessite du courage avec certains adversaires brutaux. Jamais Grasse n'eut fait un combattant.

Il mesurait im70, 42 centimètres de bras, 34 d'avant-bras, 41 de mollets, 62 de cuisse, im20 de poitrine et 44 centimètres de cou.

Lambert Battaglia

E. LAMBERT et BATTAGLIA

Battaglia, né à Vira-Gambarogno (Suisse) en 1852, fut un athlète célèbre vers 1885 > !1 avait un travail original.

Il s'exhibait au théâtre des Variétés à Lille

vers 1885 et soulevait un bœuf sur ses épaules.

On montait le bœuf avec un palan, Battaglia

se glissait dessous et supportait cette charge sans

en paraître incommodé. Il déchirait aussi des

cartes, cassait des chaînes et enlevait des haltères

et un gros essieu. Il lutta avec Jules Leroy, un

amateur lillois doué d'une jolie force.

C'était un athlète réellement fort, il avait im70 de hauteur, 45 centimètres de

tour de bras, 48 centimètres de cou, 44 centimètres de mollet, 65 centimètres de

cuisse, 124 centimètres de poitrine, 35 centimètres 1/2 d'avant-bras. Battaglia pesait

100 kilos. A Paris, il ^travailla au Concert de l'Epoque,

où il enlevait sur le ventre un tonneau et deux hommes.

Ce fut Battaglia qui organisa le double championnat

de Bruxelles en 1897 (poids et lutte). J'y assistais comme

membre du jury, sur la demande de Battaglia.

Il était retiré de l'arène depuis longtemps, étant devenu obèse, et ne pratiquait plus.

Battaglia est représenté sur la photographie ci-contre avec un athlète-lutteur de l'époque, Emile Lambert, né le 6 mai 1850, un cordonnier de Lille (rue de Juliers) qui était doué d'une jolie force musculaire, surtout de la main; il excellait à faire des tours avec les chaises les plus lourdes.

Il est mort à Lille le 29 avril 1902, laissant deux fils, Gaston et Emile Lambert, doués d'une force remarquable.

Le Lillois Jules Leroy qui lutta avec Battaglia

LES ATHLETES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES

LAGNEAU le Terrible Gaucher

Encore un exemple de la déchéance qui peut atteindre certains hommes remarquablement doués, lorsqu'ils abusent de leur santé et de leur force, au lieu d'en profiter.

Né à Clichy en 1848, Lagneau était extraordinairement musclé ; son bras gauche mesurait 42 centimètres 1/2. C'était un très bel athlète qui me fit une excellente impression lorsque je le vis à Lille en 1885 ; lutteur hors pair, très bon athlète, il dévissait iéo livres, ce qui était remarquable pour l'époque.

En 1900, Lagneau n'était plus qu'une ruine, comme en témoigne une photographie prise à ce moment ; il était devenu charretier et vivait dans la misère.

Lagneau fit partie de la troupe de Rossignol-Rollin. C'est lui qui, à la mort

Dernière photographie de Lagneau le Terrible gaucher

du célèbre imprésario des lutteurs, transporta le cercueil dans ses bras puissants pour que des mains étrangères ne touchassent pas la bière contenant les restes de l'homme qui avait tant aimé les hommes forts.

FERRY le Jongleur

Adroit jongleur, Ferry ne fut jamais fort comme poids. Il était né à Luxeuil en 185 1 et mourut à Paris en 1899 ou 1900, dans la plus profonde misère; il faisait la postiche sur les places publiques, avec sa femme; il se servait de poids en forme de 20 kilos, mais pesant seulement 6 à 8 kilos, de cette façon il enlevait à l'arraché cinq poids pesant ensemble 40 kilos et il annonçait 100 kilos.

Mme Ferry

Ferry le Jongleur

Allez donc après cela parler aux gens d'un homme comme Apollon ou Bonnes

qui arrachent 86 kilos ; ils vous diront : « Çà n'est rien, j'ai vu faire plus fort par un petit bonhomme de rien. » Et vous ne leur ferez jamais entrer en tête qu'ils ont été dupes d'un fumiste.

Des souvenirs plutôt tristes, mais en tout cas flatteurs pour l'énergie de sa compagne, me reviennent.

Je me rappelle très bien avoir vu cette courageuse femme posticher en plein hiver et jongler avec ses poids, alors que son misérable, mais très propre costume collant dénonçait une grossesse assez avancée.

James Walter KENNEDY

'l y a quelques années, M. Richard Fox, directeur du magazine la Police Galette de New- York, avait organisé un concours athlétique tout spécial qui avait pour but de trouver ^) l'homme possédant la plus grande force naturelle. Les organisateurs avaient arrêté leur choix sur l'exercice du soulevé de terre. Une épreuve de ce genre ne permet pas aux « truqueurs » , ou aux hommes entraînés aux poids et haltères de marquer une supériorité sur d'autres compétiteurs. En effet, dans l'exercice du soulevé de terre, la force brutale seule entre en jeu et un paysan, un porteur de fardeaux, peuvent s'y montrer aussi bons que l'athlète le mieux entraîné.

Plusieurs compétiteurs, dont Fred Marks, John Smith dit Drago, A. Hermann, Samson, John Whitmann dit Ajax, DunkanRoss, Jefferson, S. Miller, Brazos, Holtum, se présentèrent pour concourir. Leur ardeur à ambitionner le titre de champion était encore excitée par l'appât du prix magnifique qui serait attribué au

W. Kennedy

LES ATHLETES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES

gagnant et qui consistait en une superbe ceinture ornée de pierreries, don de M. Richard Fox. Le vainqueur devait être celui qui soulèverait de terre le poids le plus lourd dans

La massue de 250 livres anglaises Kennedy, enlevant 545 kilos, se servait des genoux, ce qui retirait de la valeur à l'exercice

Par suite de l'effort terrible qu'il dut faire, Kennedy s'évanouit après avoir levé $4$ kilos

une « dumbell » en forme de cloche et qui ferait les meilleurs soulevés de terre avec une grosse pierre et un énorme « club » ou massue qu'il fallait saisir par le manche, les

mains en pression latérale, position dans laquelle la force des avant-bras jouait un

grand rôle. Le soulevé de terre, dans ce concours, différait de la manière imposée par Y Haltérophile Club de France en ce qu'il n'était pas obligatoire de soulever le poids à hauteur des genoux et de l'y maintenir quelques secondes, mais seulement de le « décoller » instantanément de terre juste le temps et à la hauteur nécessaires pour que l'arbitre pût glisser sous le fardeau une feuille de papier.

La victoire revint à l'athlète américain Kennedy, professionnel d'une belle force, qui obtenait dans les music-halls des États-Unis un grand succès. L'exercice du soulevé de terre exige une tension de tous les muscles du corps qui est énorme. L'effort musculaire est surtout considérable pour les muscles du cou et pour ceux qui entourent la colonne vertébrale ; il se produit une congestion momentanée des veines et artères qui baignent le cerveau, ce qui cause à presque tous ceux qui pratiquent cet exercice des étourdissements qui peuvent être dangereux. Kennedy fut à ce point victime des efforts qu'il dut fournir pendant le concours de la Police Galette qu'il s'évanouit plusieurs fois en faisant ses essais et qu'il n'arriva à surmonter ces défaillances que par une force de volonté et une énergie extraordinaires.

On pense que Kennedy, qui est mort jeune des suites d'une maladie de cœur, en avait contracté les germes au cours de cette dure compétition. Il était né à Charles City le 12 décembre 1860. Peu de temps après être sorti vainqueur du concours de la Police Galette, il dut abandonner le métier d'athlète, car il souffrait déjà d'accidents cardiaques. Il s'exhiba dès lors dans les music-halls, faisant des poses plastiques et représentant des imitations de personnages de légendes lyriques et de la tragédie wagnérienne, comme le montre la photographie que nous donnons ici de lui.

James Walter Kennedy

Comment Kennedy leva iooo livres.

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ROUSSELLE dit Blonblond

Lorsque l'Hercule du Nord, Charles Rousselle,

fut mort, en 1826, son nom resta vivant dans toutes

%? les mémoires et on raconta ses hauts faits à l'atelier,

à l'usine, à la veillée, au café. Quand on parlait

d'un homme fort, le nom de Rousselle venait à la

bouche. Les athlètes alors songèrent à tirer parti de cette réputation et voilà pourquoi

plusieurs athlètes portèrent le nom de Rousselle.

Celui qui nous occupe présentement se faisait appeler Rousselle dit Blonblond, à cause de ses cheveux blonds, bouclés comme ceux d'un chérubin. Il est au centre de la photographie que nous reproduisons.

C'était un vigoureux gaillard, grand (ira 75 environ), large d'épaules, fort d'encolure, et qui avait 3 5 centimètres d'avantbras, 42 centimètres de bras et de mollets, 118 centimètres de poitrine, 90 centimètres de ceinture et 43 centimètres de cou ; il pesait 92 kilos.

Il faisait de beaux bras tendus avec 25 kilos et pouvait tenir 30 kilos dans cette position ; il arrachait un haltère qui pesait environ 60 kilos; il ne faisait pas d'autres exercices, car il était affligé d'une hernie qui lui retirait une partie de ses moyens. Il travaillait aussi le boulet. Il fit partie de la troupe Ganzoin (un lutteur forain dont nous avons parlé). Rousselle aurait pu faire quelque chose, mais la boisson était son péché mignon et il commit de nombreux excès. Il devint fou, fut interné vers 1892 à l'asile d'aliénés d'Armentières, il avait trente-neuf ans. Il doit être mort depuis.

A gauche, sur la photographie, un lutteur, né en Bretagne en 1864, François Métayer, qui se faisait appeler Fournier — rien du véritable Fournier le Lyonnais, — à droite Alexandre Hopline, un lutteur qui eut son heure de célébrité.

Un jour François Métayer reçut une visite peu agréable et à laquelle il ne

Métayer

Rousselle

Hopline

dit le faux Fournier

dit

Blonblond

(Alexandre)

s'attendait nullement, ce fut celle du vrai Fournier le Lyonnais, un lutteur remarquable qui défendit à Métayer de s'exhiber sous son nom. Comme celui-ci n'avait

pas l'air de comprendre, Fournier lui ouvrit l'entendement par le moyen d'un argument-frappant : il lui administra une formidable calotte qui envoya le faux Fournier rouler dans la sciure. Il avait compris cette fois et plus jamais on ne vit Métayer s'annoncer comme étant Fournier de Lyon. Je revis Métayer en 19 10 à la fête de Neuilly, où il tenait une petite ménagerie foraine.

Carl ABS

Cari Abs, qui fut un des hommes les plus forts d'Allemagne, s'exhibait

Carl Abs a 30 ans

dans les cirques avec un numéro de force qui était très intéressant. Carl Abs était un Allemand de haute taille, im 85 environ, bâti dans le genre d'Apollon, l'athlète français, mais ses jambes et ses avant-bras étaient moins forts que ceux de notre " champion ; quoique cela, il était remarquable comme force. Né le 12 septembre.

185 1, dans le Mecklembourg, il est mort à Hambourg le 18 février 1895, à quarante-trois ans et cinq mois, des suites du surmenage subi pendant sa longue carrière d'athlète, et ce colosse, qui avait des muscles hypertrophiés par un travail exagéré, ne put résister à une fièvre typhoïde qui eut beau jeu sur cet organisme surentraîné.

Quand Carl Abs fut mort, la légende s'en empara, comme cela arrive souvent,

PlËTRO DALMASSO EN 1878

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et ses prouesses, qui furent honorables, devinrent invraisemblables : c'est ainsi qu'on raconte qu'il arrachait 90 kilos d'une main; qu'il tenait 50 kilos à bras tendu,, etc. Il est inutile de dire à nos lecteurs que ces poids n'ont jamais été enlevés par l'athlète allemand, qui possédait pourtant une très grande force naturelle. A cette époque, c'est-à-dire vers 1885, les hommes qui arrachaient 70 kilos d'une main étaient montrés au doigt et cités, au point de vue athlétique, comme des spécimens rares.

Il y avait pourtant des exceptions car, en 1885, le lutteur Pietro arrachait comme il voulait une barre à deux mains de 152 livres chez Joigneret. A la façon rapide dont l'engin montait, nous eûmes tous l'impression (le petit André était présent) que Pietro pouvait arracher (à droite) 160 livres.

Cari Abs a laissé une fille, Anna, qui a hérité de la vigueur paternelle.

MARIE la Bordelaise

La curieuse figure ci-contre représente une femme athlète qui faisait l'exercice bizarre repro-

Marie la Bordelaise

duit par la photographie. Elle appartenait à une petite troupe foraine qui s'intitulait le Cirque bordelais; elle se suspendait par les pieds à un tréteau et accomplissait l'exercice représenté par notre photographie, exercice plutôt bizarre et qui était peu esthétique.

Nous sommes loin des jolis exercices exécutés tout récemment aux Folies-Bergère par le tria Athléta, les délicieuses filles de la célèbre Anversois^Âthléta.

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