‹ Les rois de la force [electronic resource]Chapitre 74 sur 119 · GÉRARD · texte numérisé non relu

GÉRARD

Gérardy

L'athlète Gérard, Bruxellois d'origine, né en 1870, était grand et bien bâti; cependant, le maxillaire inférieur notamment présentait les stigmates de Pacromégalie.

Il travaillait au cirque Lenka en 1894 et son numéro se composait de bras tendus, avec 20 kilos, d'arraché, de jeté, etc. Il pouvait enlever 100 kilos à deux mains, peut-être plus, et il travaillait correctement.

Il avait ira82 de hauteur, 39 centimètres et demi de bras, 32 et demi d'avant-

LES ATHLETES MODERNES D2S XIXe LT XXe SIECLES 275

bras, 39 de mollets et 118 de poitrine. La photographie ci-jointe montre jusqu'où peut aller l'amour du muscle chez l'athlète; Gérard avait mis sous son bras un mouchoir pour faire ressortir le biceps et le triceps en comprimant le mouchoir entre le bras et le thorax ; malheureusement le bout du mouchoir apparaît nettement sur la photographie. Le but était de gagner i centimètre. Soyons indulgents.

JEAN l'Allemand

Jean Fervers, dit Jean V Allemand, est né à Bochum vers 1868. C'est un grand gaillard blond de im 85 de hauteur, bâti en hercule, avec un cou de 46 centimètres, im28 de poitrine, 44 de bras, 35 d'avant-bras, 43 de mollets et qui pèse 112 kilos. Il voyageait de ville en ville, avec une troupe foraine, qu'il exhibait

Gérard

dans une baraque assez bien montée. C'est à Tournai (Belgique) que je le vis pour la première fois, il avait alors vingt-cinq ans, était dans toute sa force et en imposait beaucoup par ses proportions gigantesques.

Son travail se composait de quelques exercices avec boulets et obus, puis il portait une lourde barre sur les épaules, sur laquelle cinq hommes lourds prenaient place, il marchait aisément avec cette charge de 450 kilos environ.

Comme on le voit, Jean l'Allemand était un rude gaillard ; il était un peu apathique pourtant et n'aurait guèr^ brillé dans les exercices qui demandent de l'énergie et de la vitesse,, tels l'arraché et le deux temps à deux mains.

Un jour il fit un match avec un amateur lillois très fort, Gaston Lambert : il se fit battre dans l'exercice du bras de fer, qui consiste à s'empoigner la main et plier le bras de son adversaire, le coude étant posé sur la table.

Jean Y Allemand

Il était tout déconfit de voir un homme moins lourd et moins grand que lui le battre

dans un exercice de force.

Je crois que si Jean Fervers avait pratiqué le soulevé de terre, il eût enlevé un joli poids, car il avait une grande force naturelle. Au moral, il avait l'air d'un garçon très doux et, comme tous les hommes vraiment forts, il n'avait pas la moindre méchanceté.

Dans sa troupe, on vit s'exhiber Eveillard dit le Tonkinois, Léon Tireux dit Car on.

Andréas Eiban a 20 ans .—

sant le poids à partir de l'épaule. Il arriva au chiffre de 127 kilos.

Les deux photographies ci-jointes représentent Eiban à vingt ans et à trente ans. Comme on le voit, Eiban a grossi énormément en quelques années : la bière et les exercices de force exagérés ne sont pas étrangers à cette obésité rapide.

Eiban est, paraît-il, décédé en Amérique peu de temps après que la dernière photographie eut été faite.

Eiban arracha 160 livres d'une main, mais en finissant en dévissé comme beaucoup d'Allemands.

Andréas EIBAN

Andréas Eiban est un Munichois qui eut longtemps le record du dévissé à la mode allemande, c'est-à-dire en épaulant la barrea vec les deux mains et en dévis-

Victor JADIN

Victor Jadin, né à Paris en 1866, » , -

,, Andréas Eiban a 30 ans

vint à Lille en 189 1, où il présenta

au théâtre des Variétés le ce Trio Jadin », qu'il avait formé en compagnie de Léon

LES ATHLÈTES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES 277

Rubelli, de Saint-Denis, un très beau garçon, né en 1868, mort aveugle en 1902, et Paul Cantin, un athlète ordinaire, né en 1865, mort en 1900. Cette troupe a voyagé un peu partout. C'est à Londres qu'elle débuta : les Jadin produisaient un joli numéro de force et Victor fut invité par les membres d'un club londonien.

Jadin s'y rendit, et, au grand ébahissement des Anglais, qui n'avaient, à cette

Les Jadin dans leurs exercices Dans les médaillons : en haut Victor ; en bas Cantin ; à droite Rubelli

époque, qu'une médiocre confiance dans le muscle français, il enleva [151 livres à la volée d'une main, 70 livres à bras tendu sur la main et 50 livres à bras tendu sur le dessus de la main, puis par l'anneau.

Ces exercices furent essayés, mais sans succès, par tous les amateurs anglais.

Jadin s'est exhibé plusieurs fois au théâtre dans la pièce d'Oscar Metenier, la Revanche de Dupont V Anguille, où il remplit le rôle et le « maillot » de Ratata.

Victor Jadin était un homme très fort, faisant correctement 25 kilos à bras tendu par l'anneau et sur le dessus de la main, enlevant 1 50 liv.es à la volée, 140 à l'arraché,

et 120 livres d'un b:as dans un mouvement qui tenait plus du développé que du

dévissé.

E. Robert, le président de la Société Athlétique Montmartroise, tenait Jadin en haute estime, pour sa force extraordinaire. Jadin était doué d'une grande force de mains, et avait l'habitude de travailler avec des haltères et barres à grosses poignées. Jadin avait im70 de hauteur, 42 centimètres 1/2 de bras, 35 d'avantbras, im 16 de poitrine, 85 de ceinture, 38 de mollets et 56 de cuisses. De son métier, il était coiffeur, mais l'athlétisme professionnel l'ayant séduit, il abandonna ciseaux et rasoirs.

Page 1