‹ Les rois de la force [electronic resource]Chapitre 75 sur 119 · JACQUEMINOT · texte numérisé non relu

JACQUEMINOT

Jacqueminot est un athlète de Liège renommé pour sa force et pour sa belle musculature.

Nous n'avons pas de donnée exacte sur ses records, mais "vu sa musculature, il nous semble qu'il devait être d'une jolie force.

Victor Jadin

Alphonse DAIX et ALFRED

dit la Poitrine d'acier

Alfred la Poitrine d'acier est un boucher de La Villette qui mesure 44 centimètres de bras et 36 d'avant-bras. Il est doué d'une force extraordinaire.

Daix est également d'une jolie force. Ce sont deux amateurs du club de La Villette que nous reproduisons, non seulement à cause de leur force, mais parce que dans le matériel du club figurent des engins qui appartinrent à des hommes célèbres. Tel le canon de Paris qui pesait 256 livres, et sur lequel Daix s'appuie, puis la barre et le gros haltère d'une main que l'on voit à droite de la gravure et qui

Jacqueminot

appartinrent au petit André Brandelli; à gauche, sur la barre, le rouleau de Jadin, qui pesait 130 livres et que seul Jadin enlevait à la volée, grâce à l'habitude excellente

Alphonse Daix Alfred dit la Poitrine d'Acier

Le rouleau de Jadin

qu'il avait de travailler avec des grosses barres, ce qui constituait une difficulté pour ceux qui manquaient de pince.

Un jour, Jadin et Brandelli André étaient à la foire de Bordeaux, dans une loge foraine où on les exhibait comme étoiles pour les poids et haltères. Dans une loge concurrente le célèbre Apollon se montrait aussi. On vint dire à Jadin qu'Apollon arracherait son fameux rouleau, que peu de personnes pouvaient soulever de terre (tel, actuellement, le fameux haltère de ioo kilos de Deriaz).

Jadin incrédule paria qu'Apollon ne l'arracherait pas ou ne l'enlèverait pas à la volée.

Des amis communs : Félix Bernard, Brandelli, Eugène Robert et le petit Victor, amenèrent Jadin à la baraque d'Apollon, et après que l'enjeu eut été déposé, Jadin fit son rouleau à la volée avec beaucoup de difficulté et une seule fois. Apollon, sans se dévêtir, l'enleva douze fois de suite à la volée et dit ensuite : « Voilà pour la servante », en l'enlevant une treizième fois. Jadin et les autres athlètes s'abstinrent par la suite de parier contre Apollon. (Le rouleau pèse maintenant 135 livres et Emile Deriaz l'enleva facilement lors d'une visite au Club des Bouchers.')

Les deux poids carrés avec poignées qui figurent sur ce cliché furent des engins faits exprès pour les bouchers de La Villette, qui s'entraînaient à enlever deux poids semblables que Cari Abs, alors en représentation au Cirque d'Hiver, mettait à la disposition du public avec défi de les enlever. Les bouchers, parmi lesquels Pinsart et Alfred dit la Poitrine d'acier, allèrent au Cirque d'Hiver, et à la stupéfaction de l'athlète allemand, Cari Abs, enlevèrent aisément les deux poids.

LES ATHLETES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES

Page 1