‹ Les rois de la force [electronic resource]Chapitre 79 sur 119 · X. Franz Moors Fatch Lievins · texte numérisé non relu

X. Franz Moors Fatch Lievins

Franz Van dam m h

(Pierre) dit Carlos

L'Arène athlétique de Vanderzande en 1892

sjptante, car les Belges ne disent jamais soixante-dix ! Et vous faites vos septante kilos a chaque séance ?

— Oui !

— Alors, quel est votre record à l'arraché ?

— C'est ça, septante kilos !

Notre étonnement croissait ! Cet homme, qui nous annonçait paisiblement qu'il faisait quinze ou vingt fois par jour son maximum, était évidemment ou un blufTeur ou un homme terrible! J'avoue que, malgré ce que nous avions vu, nous penchions plutôt vers la première opinion. Enfin nous verrions bien ! Mais je tenais à essayer l'extenseur dorsal, exercice que ni mes amis ni moi ne pratiquions â l'époque. J'en demandai la permission à Joseph.

« Essayez, nous répondit-il simplement. »

J'essayai le premier. Je le bougeai bien un peu, mais pour arriver au bout, rien à faire!

Marchand essaye après moi. Même résultat! Dubois, idem! Lees, idem! Les autres, idem !

Joseph le prend a'ors et nous l'étend une douzaine de fois en se jouant.

LES ATHLETES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES 305

— Mais, m'écriai-je, vous aviez l'air de forcer tout à l'heure, pendant la représentation.

— Oui, toujours ! C'est pour que ça ne paraisse pas trop facile !

Allons, décidément, l'homme était là! Mais c'était un exercice spécial, et nous l'attendions sur les autres !

Le lendemain soir, dès 8h30, nous venions chercher Joseph. Mais il avait encore deux séances à faire et nous dûmes attendre que tout fût terminé. Joseph s'habilla alors en un tour de main, et, quelques minutes plus tard, nous étions tous à mon club de la rue Nicolas-Leblanc, y compris Fatch et Vléric.

Le souper était prêt, mais nous étions tellement pressés de mettre notre homme au pied du mur que je lui dis aussitôt :

— Le souper est prêt, mais, si vous voulez, nous allons d'abord faire un petit tour à la salle. A moins que vous ne soyez fatigués...

Nous espérions encore qu'il se récuserait : pas le moins du monde.

— Oh ! non, pas fatigués du tout, répondit Vanderzande, n'est-ce pas, Fatch ?

— Non, pas du tout, dit simplement celui-ci.

Nous passons dans la salle, et tout de suite je décide de lui faire donner sa mesure. J'avais une barre à deux mains de 73 kilos, très mauvaise, avec une barre qui tournait, et des boules très petites, fondues en plomb. Personne ne pouvait même l'épauler d'une main, à part Marchand qui parvenait à l'épauler et à la jeter.

J'espérais donc permettre à Marchand de triompher du premier coup. J'amène la barre au milieu de la salle, et je dis à Joseph :

— Tenez, voilà septante kilos ! Pensez-vous pouvoir les faire ? Je vous préviens que la barre est très mauvaise !

— Ça ne fait rien ! Septante kilos, je fais toujours.

Il s'avance sur la barre, et sans même la soupeser, l'empoigne et... comme un trait, la barre part à bout de bras !

Nous étions médusés ! Arracher, avec une facilité dérisoire, une barre que Marchand était seul capable, à notre avis, de jeter, c'était tellement inouï que nous ne savions plus que dire. Nous nous regardions comme des imbéciles, c'est le mot. Mais je dois dire que de suite toute notre admiration alla vers cet athlète si modeste.

- — Comment, m'écriai-je, vous dites que vous n'arrachez que septante kilos ? Mais c'est septante-trois que vous venez de faire !

— Ah! c'est bien possible! Je fais parfois 73, 76, 80 même, mais je n'en suis pas sûr. Si j'ai bu un peu trop de gueuse-lambic la veille, je puis très bien rater. Alors, j'aime mieux ne pas le dire ! Tandis que septante kilos, on peut venir me réveiller au milieu de la nuit, je suis toujours sûr de les faire.

Notre étonnement croissait de plus en plus. Mais j'espérais encore, je ne sais trop pourquoi, que, sur un exercice quelconque, nous parviendrions peut-être à faire plus fort que lui. Je lui demande donc :

— Êtes-vous fort au dévissé ?

— Non, pas moi ! Je ne fais pas fort au dévissé, mais mon frère Fatch est fort.

Fatch, mis en cause, s'exécute aussitôt et dévisse très correctement 83 kilos en prenant la barre de 73 kilos avec un petit haltère de 10 kilos attaché au poignet. Allons, il fallait abandonner tout espoir d'étonner ces hommes.

Mais nous tenions à savoir ce que Vanderzande entendait exactement par « n'être pas fort au dévissé ». Aussi, lui ayant demandé s'il était néanmoins capable de dévisser la barre de 73 kilos qu'il venait d'arracher devant nous:

— Oh ! oui, nous répond-il ; ça, je peux !

30é LES ROIS DE LA FORCE

Et, prenant la barre, il l'épaule comme un joujou, et, avec un tout léger temps de départ, la développe plutôt qu'il ne la dévisse. C'était fantastique, tout simplement !

Aujourd'hui, c'est-à-dire à peu prés vingt ans après, je déclare n'avoir jamais connu personne qui puisse refaire ce qu'avait fait Vanderzande. Mais ce n'était pas tout !

— Tenez, nous dit le brave athlète, je vais vous montrer à présent un petit tour qui est assez fort. Je ne l'ai jamais vu faire par personne.

11 prend deux poids de 20 kilos, en place un à plat sur la main droite, passe l'anneau de l'autre dans le médius de la même main ; puis, partant de la position du bras allongé le long du corps, amène lentement les 40 kilos à l'épaule, en repliant l'avantbras sur le bras, les développe ensuite de façon irréprochable, et les descend enfin jusqu'à la position du bras tendu qu'il marque très correctement.

Cette fois, il n'y avait plus qu'à tirer l'échelle, c'est-à-dire à aller souper î Nous en avions assez vu !

C'est ce que nous fîmes, fort joyeusement, et je vous jure que nous fêtâmes le brave Vanderzande comme il le méritait.

Au dessert, nous nous offrimes le plaisir de mesurer notre hôte. Voici lesdites mensurations : hauteur imj6, cou 48- 52 centimètres, poitrine im 27-1™ 33, biceps 43,5, avant-bras 33,5, cuisse 62, mollet 40.

Demandez à Dubois, à Marchand et à Lees ce qu'ils pensent de lui. Ils vous répondront comme moi que jamais homme fort au monde ne les a autant étonnés que lui. Et c'est dur, pour une fois, sais-tu, d'étonner des gaillards comme Marchand ! 11 faut s'appeler Vanderzande, godferdom !

7<^SI 1MI V\\l)l R/.WDE ET APPELMANS A remarquer la musculature formidable du cou, des bras et la largeur du thorax)

Joseph Vanderzande fit encore quelques tournées avec son théâtre forain, puis plusieurs engagements dans les théâtres avec l'athlète Appelmans, de Bruxelles. Mais le métier d'athlète ne lui convenait guère. Il retourna bien vite à sa distillerie de Bruxelles et ne la quitta plus. Il habite place de la Vieille-Halle-aux-Blés, 14.

C'est à Bruxelles, au Club athlétique de la rue Philanthropique, que je l'ai revu quelques années plus tard. Ce jour-là, pour me faire honneur, Vanderzande travailla un peu :

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il jeta 133 kilos à tbux m.iins avec uns extraordinaire facilité, arracha 76 kilos en haltère court et allongea son fameux caoutchouc de vingt branches, qui devint ensuite ma propriété, et que personne n'a jamais fait depuis.

Quel dommage que cet homme n'ait pas voulu rester athlète ! Bien rares les records qui ne seraient pas passés par ses mains !

AUTIER dit le Breton

H. Autier, dit le Breton, né à Rennes le 24 novembre 1865, fut incorporé au 2e zouaves, puis au 2e régiment du génie. A vingt-six ans nous le trouvons au cirque

Bazola, à Rennes, où il lutte avec Batta.

A Paris, où il postichait sur les places publiques, il se couchait

sur le dos et portait à bout de bras trois hommes et des haltères (environ 850 livres). Il porta un défi à Noël pour marcher avec 1.000 livres.

Autier arrachait 140 livres et les faisait à la volée. En barre, il enlevait 220 livres sans entraînement spécial, tant il était fort.

Il avait im 78 et pesait 110 kilos. Sa poitrine mesurait im 22 centimètres, son biceps 43, ses avant-bras 36 1/2. Au dynamomètre, position libre, il amena successivement : 148 kilos, 153^500, 170^500.

Après avoir mené une vie très dure, le pauvre diable fit, autour de la quarantaine, un petit héritage ; il se retira alors de l'athlétisme et retourna dans sa ville natale.

Autier le Breton sur la place publique

John GRUNN

John Grûnn est un Luxembourgeois , né le 27 août 1868, à Mondort.

Tout jeune, il apprend dans l'atelier de son père le métier de ferblantier, puis abandonne famille et métier et part en Amérique où il se place dans une brasserie. C'est là qu'il fait la connaissance d'un athlète, Aloysius Marx. Celui-ci, remarquant la facilité avec laquelle le jeune Grûnn manie les tonneaux, lui propose de l'engager, pour faire un numéro de force. Aussitôt dit, aussitôt fait, et sous le nom de Marx Brothers, notre Luxembourgeois part avec Aloysius à travers les deux Amériques, l'Australie, etc., etc.

Enfin, il débarque à Londres où travaillait Sampson, sur la scène de l'Empire Palace. Grûnn ayant voulu vérifier les poids, une discussion s'éleva entre les deux hercules et, ne pouvant souffrir l'arrogance de Sampson dont il savait le matériel faux, il lui lança en pleine figure un formidable coup de poing.

« C'est le coup qui m'a coûté le plus cher de ma vie, j'ai été condamné à une amende de 1.000 shillings », nous dit Grûnn en riant.

Grûnn est cependant d'un caractère flegmatique et paisible. C'est un grand et beau garçon, tout à fait imberbe et à la figure mâle et douce à la fois. Il est marié et père de trois enfants.

Étant aux États-Unis, Grûnn, par ses défis répétés et toujours accompagnés d'une somme d'argent importante, s'était fait beaucoup d'ennemis parmi les autres athlètes qui, désireux de supprimer un aussi redoutable rival, ne reculèrent pas devant une tentative d'empoisonnement. A l'hôtel où il se trouvait, ils mêlèrent du poison à ses aliments, mais, par le plus grand des hasards, une jeune fille qui habitait l'hôtel et avait eu connaissance de l'acte criminel projeté, en avertit John Grûnn. Celui-ci, par reconnaissance, l'épousa.

— Vous avez lancé beaucoup de défis ? lui demandons-nous.

— Oui. Beaucoup d'adversaires se sont dérobés, d'autres ont été battus. Il en a été ainsi du Suédois Wahlund qui fut longtemps un recordman du monde, et de l'Américain Johnson, ce qui m'a valu, dans le Sport News Papers, le titre de Champion of the World.

Ses plus importants défis furent ceux qu'il lança aux deux Allemands Cari Abs et Sandow, qui ne les relevèrent jamais, et pour cause.

Voici les records officiels de John Grûnn, exécutés le 20 octobre 1897 à mon école de culture physique de Roubaix :

150 livres à l'arraché de la main droite et 140 livres de la main gauche. Au jeté en barre à deux mains, 260 livres; en haltères séparés, deux haltères courts, pesant 120 et 130 livres, furent enlevés d'un seul temps à l'épaule, sans les balancer, et

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de là jetés au bout des bras, soit 250 livres au total. Ce fut longtemps le record du monde.

Une barre de 270 livres épaulée d'un seul temps à deux mains, mais il ne put la jeter à bout de bras et la maintenir au-dessus de la tête.

John Grùnn cassant un fer a cheval

Pour terminer ses exercices, John Grùnn a cassé un fer à cheval avec ses mains.

Dernièrement, à Vianden (grand-duché de Luxembourg), il a exécuté devant Jules Parent, dynamométreur de l'H. C. F., les exercices suivants :

Arraché d'une main 140 livres avec une barre de 70 millimètres d'épaisseur et enlevé 250 livres en deux temps à deux mains. Puis il épaula d'un seul temps une barre de 288 livres sans parvenir à la fixer au bout des bras.

3io

Voici ses mensurations : taille im 80, poitrine im 31, poids du corps 220 livres, biceps 45 centimètres et demi, avant-bras 37 centimètres et demi, mollet 42 centimètres et demi, jambe allongée, et 44 centimètres, jambe repliée ; cou 49 centimètres.

John Grunn

et le fer à cheval qui fut déchiré pour 1.000 francs à l'H. C. F.

De tels records et de semblables proportions nous permettent de classer John Grûnn parmi les hommes les plus forts du monde.

Il gagna un jour un pari important dans les conditions suivantes : Il s'exhibait à l'Alhambra de Paris, dans un numéro athlétique où, entre autres exercices, il cassait un fer à cheval. Un sportsman très connu, élève de l'École de culture physique de Paris, ayant été voir John Grûnn, offrit une somme de 1 .000 francs

LES ATHLÈTES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES Zll

à celui-ci, s'il pouvait casser un fer à cheval qui lui serait présenté et sur lequel il n'y aurait eu aucune préparation; l'athlète accepta.

Le jour fixé pour le -pari fut le samedi icr avril. A 3 heures, le grand hall de TH. C. F. était rempli de nombreux sportsmen venus pour applaudir l'athlète luxembourgeois. Le paquet remis par le donateur de la prime et contenant trois fers à cheval fut décacheté en face des dynamométreurs et du public; John Grûnn en prit un et le brisa entre ses mains puissantes en quarante-quatre secondes; les 1.000 francs furent remis aussitôt à l'athlète par M. Ulrich Nifle, vice-président de l'H. C. F. Grûnn voulut faire mieux encore : il prit le deuxième fer à cheval et le cassa en vingt-trois secondes; le troisième fer, le plus dur, eut le même sort en soixantehuit secondes, le tout chronométré par M. Chapellier, secrétaire de l'H. C. F. Grûnn souleva ensuite ses deux gros haltères que personne ne pouvait bouger de terre, il les mit au bout des bras plusieurs fois sans arrêt ; il enleva 220 livres très aisément, en se jouant, et, en deux haltères séparés, 1 10 et 120 livres.

Pour terminer, il prit deux poids rectangulaires, en forme de poids de 20 kilos, dont le dessus est tailladé assez largement; une barre traverse cette entaille; l'athlète Grûnn renversa chaque poids sur une face latérale, et, saisissant les deux poignées avec une seule main, il tint réunis les deux poids l'un contre l'autre et enleva ce fardeau à bout de bras; les deux poids pèsent ensemble 125 livres exactement.

Aucun des spectateurs présents ne put, après de nombreux efforts, soulever de terre ce double fardeau.

Albert Surier, le directeur de la Culture physique, obtint un légitime succès en soulevant de terre, jusqu'aux genoux, un des deux gros haltères de Grûnn que personne ne pouvait soulever.

Il est vrai que la poignée est aussi grosse qu'un demi-litre en verre ;

les deux haltères pèsent ensemble 100 kilos. John Grûnn les enleva

tiès facilement, cela se comprend, étant donnée sa force de mains.

L'amateur Léon Sée a soulevé de terre ces deux haltères dans les

coulisses de l'Alhambra. Grûnn le félicita chaudement.

Eugène Robert, le président de la S. A. M., qui est un connaisseur en métaux, s'extasia beaucoup sur la solidité du fer cassé par Grûnn et encore plus sur la force de cet athlète.

Après la réunion, on toasta au vainqueur avec du Champagne de l'Haltérophile-Club.

'*>. Parmi les nombreuses personnes présentes à cette séance

sensationnelle, citons : MM. Nifle, G. Voulquin, Lamy, Desbonnet, Bach, Chapellier, Dalbanne, Robert, Albert Surier, Postma, Goulot, Leverrier, Bénard, Carstet, manager de Grûnn, Rouquier-Ricard, etc.

Grûnn est parti tout joyeux en regrettant de ne pouvoir travailler une heure

avec des appointements de 1.000 francs par quarante-quatre secondes : il aurait en effet gagné 81.818 francs en une heure, ce qui eût été le record des appointements pour athlètes.

Ajoutons que John Grùnn casse un fer à cheval à chaque représentation.

Une particularité très intéressante au point de vue anatomique, c'est que le bris du fer à cheval, exécuté par John Grùnn chaque soir depuis environ vingt ans, lui a développé dans l'intérieur des deux mains des callosités formidables ayant l'épaisseur de 2 centimètres environ et d'une largeur de 3 centimètres. Il y a lieu de faire observer que si l'athlète se servait de fers truqués, il n'aurait pas obtenu ces callus qu'il montre d'ailleurs avec fierté, car ils sont la preuve du travail sincère de l'athlète Grùnn.

Craignant une inflammation simultanée du périoste et du tissu osseux de la région métacarpienne (périostostéite), je fis radiographier la main de Grùnn et n'y trouvai rien d'anormal; néanmoins, il se pourrait, selon moi, que, sous les callosités de l'athlète luxembourgeois, il se trouvât des bourses séreuses qui pourraient un jour s'enflammer et empêcher Grùnn d'imiter plus longtemps les exercices de force qui ont rendu célèbre le maréchal de Saxe.

John Grùnn a trois enfants qui promettent de marcher sur les traces de leur père.

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DÉCOTTIGNIES

écottignies (Alfred), né à Comines (Nord) en 1857, est un athlète de première force et des plus sympathiques. Il est père de dix enfants et ne compte que des amis toujours heureux d'applaudir ses exercices.

Il a arraché 148 livres d'une main et tenu. 3 5 kilos à bras tendu, ce qui n'est pas ordinaire. Au concours athlétique de Mouscron (Belgique), en 1894, il se classa deuxième, après Marcel Marchand, en exécutant les exercices suivants :

Arraché d'une main, 140 livres;

Arraché à deux mains, 180 livres;

Développé à deux mains, 170 livres.

Alfred D écottignies serait devenu un des athlètes les plus forts du monde s'il avait eu des rivaux pour l'entraîner, mais étant seul à Comines, il n'a pu arriver à ce qu'il aurait pu faire. Nous sommes persuadés qu'il aurait arraché 85 kilos d'une main.

Voici les mensurations d'Alfred Dccottignies :

Hauteur im 75, bras 42 1/2, poitrine x22, cuisses 62, avant-bras 34 1/2, mollets 43, poids du corps 100 kilos.

Plusieurs de ses enfants sont déjà doués d'une jolie force et ont obtenu des prix dans différents concours.

Alfred Décottignies a fondé la Société athlétique cominoise : le règlement est approuvé par la préfecture et le conseil municipal de Comines a voté une subvention à la Société athlétique. Parmi ses membres honoraires, cette société compte le maire de la ville de Comines.

Voici les records officiels d'Alfred Décottignies : 112 kilos à deux mains avec épaulement correct, 95 kilos à l'arraché à deux mains, 74 kilos à l'arraché d'une

Alfred Décottignies. V Hercule Cominois

main, 25 kilos à bras tendu par l'anneau, 35 kilos à bras tendu sur la main. A Page

de quarante-six ans, Décottignies arrachait encore très bien 70 kilos d'une main.

Dans le Nord, où il a une réputation bien méritée, on le surnomme l'Hercule Cominois. Signe particulier : Alfred Décottignies, qui est fort comme deux hommes réunis, est doux comme un mouton et ne compte que des amis.

Michaël MAIER

Maier est un Autrichien doué d'un deltoïde extraordinaire, car il arrive à développer d'une main, sans bouger le corps, un poids de 70 kilos. Nous ferons remarquer à nos lecteurs que ce poids, qui battrait les records du monde de Poiré, de Victorius et de Bonnes, est enlevé à la mode allemande, qui permet de partir le coude détaché du corps, ce qui retire un peu de la valeur de l'exercice.

Maier a une manière originale de présenter son travail : il se met contre un poteau vertical enfoncé en terre, une corde vient s'enrouler autour de son corps et le fixer solidement au poteau, le bras droit seul est libre. Deux aides viennent poser l'haltère de 70 kilos sur la main droite de l'athlète qui développe ce poids formidable sans bouger le corps, le poteau étant là pour l'en empêcher. Tous ceux qui essaient ce tour de force ne peuvent décoller le bras du corps quand on leur a posé l'haltère sur la main. Maier mesure im68 de hauteur, 46 de tour de bras, 36 d'avant-bras, im 30 de poitrine, 50 de tour de cou et 43 de mollets.

Michaël Maier

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EMPAIN le Champion Belge

Empain, le recordman du bras tendu par l'anneau, est né à Charleroi (Belgique) en 1866.

Cet homme, doué d'une grande force naturelle, est arrivé à tenir correctement

EMPAIN TENANT 30 KILOS A BRAS TENDU PAR L'ANNEAU Derrière lui : Pierrard le Colosse, Max Sergy le Steakcr, Raoul le Bordelais, arbitre de luttes

30 kilos à bras tendu et par l'anneau (record du monde amateur). C'est tout simplement merveilleux et ne s'était jamais vu jusqu'à présent.

Au championnat du monde de 1903, organisé par Y Auto, Empain s'était distingué tout particulièrement et s'était fait apprécier des connaisseurs par la façon d'enlever les poids les plus lourds sans paraître produire un effort musculaire. A l'arraché d'une main, 120 livres ou 160 livres fuient enlevées de la mtme façon, en force et sans donner aucun temps de souplesse.

5 r6 LES ROIS DE LA FORCE

A l.i barre à deux mains, Empain enleva correctement 230 livres au jeté, 200 livres au développé et 200 livres à l'arraché.

Au bras tendu, il fit 70 livres sur la main.

A la volée d'une main, il enleva 140 livres.

A l'arraché, 160 livres.

Empain est un homme de taille moyenne, large d'épaules, bien campé sur des jambes énormes. C'est un homme doux, d'un commerce agréable, sympathique à tous ceux qui l'approchent. Il n'a laissé que des amis à Paris, car ses concurrents eux-mêmes s'accordent tous pour lui reconnaître de grandes qualités, parmi lesquelles la modestie et la courtoisie.

Empain est venu dernièrement à Paris pour y établir officiellement quelques records au siège de l'Haltérophile- Club de France, où il a réussi les exercices suivants :

60 livres par l'anneau à bras tendu (record du monde).

76 livres sur la main à bras tendu (record du monde).

480 livres au soulevé de terre à deux mains (record du monde).

118 kilos au dynamomètre Régnier (de face) et 176 kilos au Régnier (position libre). MMiï&fê^lÊÊÊ^$£' **$£>■

Voici les mensurations d'Empain : hauteur im70, poids 110 kilos, tour de poitrine 123 centimètres, ceinture 110, bras 43,5, avant-bras 35,5, mollet 45.

On peut dire sans se tromper qu'Empain est un des hommes les plus forts du monde.

Gustave Empain champion de Belgique,

recordman du monde du bras tendu par l'anneau

Jules QUÉNIART

Né à Verneuil (Oise) en 1874, il fut un des meilleurs athlètes français, son corps était merveilleux de formes et de force, et s'il a perdu depuis peu, voici ses mensurations telles qu'elles étaient il y a douze ans : J. Quéniart

Hauteur im 74, poitrine im 16, ceinture 79, bras 41,5, mollets 39, cou 45, ava ît-bras 33,5, cuisses 58, poids du corps 80 kilos.

Voici, en outre, ses records qui datent du même temps que ses mensurations : 220 livres au jeté et 180 livres au développé à deux mains, 150 livres à la volée et 140 livres a l'arraché d'une main, 40 livres à bras tendu par l'anneau.

Il épaula également 250 livres d'un seul temps à deux mains.

Albert WERQUIN

Né à Lille en 1860, Werquin était un homme de force remarquable et lorsque passait un athlète dans sa ville, il était rare que Werquin ne se rencontrât pas avec lui pour faire des exercices de force et lutter.

C'est ainsi qu'il se mesura contre Apollon, Batta, etc. Il lutta masqué con-

Albert Werquin

tre Apollon à la brasserie Becker, à Lille, en 1889. Werquin, grand et lourd, pesait 105 kilos, mesurait im 77, faisait 30 kilos à bras tendu et avait une grande puissance de mains.

G. HACKENSCHMIDT

Georges Hackenschmidt, dit le Lion russe, est né en 1877 ^ Yourief, dans les Provinces Baltiques ; il fit ses études à l'Ecole pratique des Arts et Métiers de Yourief; tout jeune, il se livra à la pratique des sports.

Hackenschmidt A dix-sept ans, Hackenschmidt dé-

buta à la Société Athlétique de Saint- Pétersbourg; mais il s'entraînait spécialement chez le Dr Krajewski, qui avait voulu

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se rendre compte d'une façon scientifique des résultats acquis par une culture physique raisonnée.

Hackenschmidt travaillait les poids moyens deux fois par semaine, pour

Cabinet athlétique du Dr Krajewski, ou Hackenschmidt s'est formé

Autographe du Dr Krajswski sur una photographie qu'il m'offrit

développer sa force naturelle; le$ autres jours, il ne pratiquait que l'entraîne ,nent aux poids légers.

LES ATHLETES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES

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Au bout d'un an, l'élève était complètement transformé et c'est alors que le brave docteur l'astreignit au régime suivant : pas d'alcool, pas de tabac; pour boisson, du lait et un peu de vin au déjeuner.

Hackenschmidt prenait tous ses repas chez le Dr Krajewski, qui s'assurait lui-même de la stricte exécution de ses

prescriptions. C'est

ainsi que le Lion russe est arrivé à la réputation.

Hackenschmidt est d'une musculature remarquable. Il a la silhouette d'un véritable Hercule Farnèse. Voici ses mensurations : il pèse 97 kilos(nu), mesure im74 de hauteur, im27 de tour de poitrine, 45 centimètres de biceps, 36 d'avantbras, 42 de mollet, 68 de tour de cuisse, et son cou, un phénomène, mesure 47 centimètres.

Ce n'est que lorsqu'il eut atteint son maximum de force que le Lion rtisst s'adonna à la lutte.

Pour ses débuts, en avril 1898, il tomba le champion amateur russe SchmelT ling et, depuis, il n'a pour ainsi dire pas connu la défaite.

Hackenschmidt est doué d'une force prodigieuse et ses adversaires en lutte s'en aperçoivent. C'est ainsi qu'Alexandre Cayol, le colosse marseillais, un homme très fort et pesant 133 kilos, disait, après un assaut avec le Lion russe : « Lorsqu'on est dans les mains d' Hackenschmidt, on a l'impression d'être serré entre des étaux ; ce diable d'homme vous enlève comme un enfant et, malgré mes 1 3 3 kilos, j'ai dû me contenter de la défensive. »

Venant d'un homme comme Alexandre, ces paroles sont le meilleur éloge qu'on puisse faire de la force du Lion russe.

Hackenschmidt a exécuté plusieurs exercices de poids et haltères qui donnent une idée de sa puissance musculaire»

Georges Hackenschmidt

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Il a, étant en pont, ramené une barre à deux mains de 144 kilos sur sa poitrine; là, il l'a développée avec les deux bfris en conservant cette position affectionnée des lutteurs en général, le pont, où l'homme touche terre avec le derrière de la tête et les pieds, le corps entier formant un pont ayant pour points d'appui la tête et les pieds.

Il a dévissé en l'épaulant à deux mains une barre de ~%fâ&&'$SVtëjr* ::;: #'-V~ï*s.^;*7*':^wK:-.-'. '^WiîWÂ 122 kilos (à la mode allemande, c'est-à-dire incorrectement).

Au concours de Vienne (Autriche), il enleva d'une seule main 171 livres à l'arraché, et, malgré tous ses efforts, ne put dépasser nos champions Maspoli et Bonnes, qui enlevèrent le même poids.

Hackenschmidt est certainement un des hommes les plus forts du monde entier.

MME DOUBLIER

Mme Doublier était la femme du lutteur Doublier.

Elle s'exhibait dans les mêmes établissements que son mari dans un numéro de force avec poids et haltères, canon, boulets, etc. : le vieux système des athlètes d'autrefois. Son numéro, assez bien présenté, Mme Doublier

était bien entendu composé

de trucs à effets que le bon public simpliste prend pour de véritables tours de force. Elle soulevait de terre un canon en zinc creux, le mettait droit, le chargeait ensuite sur son épaule et y faisait mettre le feu. Mme Doublier était gracieuse et son succès était indéniable. Sans être de la force d'Athléta et de ses trois filles, elle était plus vigoureuse que la moyenne des femmes.

Quand son travail était terminé, son mari invitait les spectateurs à se mesurer avec lui pour la lutte.

Mme Doublier s'est retirée de l'athlétisme depuis longtemps et son mari, qui fut l'imprésario des Turcs Yousouf, Nourlah et Kara-Osman, mourut il y a quelques années à Paris, à l'hôpital Lariboisière.

VANSART

Les championnats de force organisés par les journaux sportifs et TH. C. F. ont montré au public ce que des hommes étaient capables de taire de leurs muscles et quels prodiges de force l'on pouvait arriver à accomplir.

Depuis, toute une génération d'athlètes s'est révélée, qui ne cesse de nous étonner et qui semble reculer chaque jour les limites des forces humaines. En voici un, Vansart, dont la photographie ne reproduit qu'imparfaitement l'énorme musculature.

Vansart; qui s'est exhibé à Paris en 1903, prend un énorme clou, un de ces clous qui servent aux assemblages des charpentes. Ce clou, de 18 centimètres de longueur, de 11 millimètres de diamètre, il le prend dans ses mains de géant, le plie, le tord et lui donne la forme d'un fer à cheval. Nous avons eu sous les yeux ce clou ainsi tordu, qui figure d'ailleurs dans les archives de l'Haltérophile Club de France; il se dégage de ce tour de force une extraordinaire impression de force sans limites. Les deux dessins que nous donnons du clou, avant et après la torsion, sont de grandeur naturelle.

Vansart n'a d'ailleurs pas accompli là un tour de force sans lendemain, puisqu'il offre de parier 500 francs qu'il réussira chaque fois cette invraisemblable performance. Vansart est Anglais, il est né à Londres en 1869. Son véritable nom est Vansittart.

Le numéro de Vansart se compose d'exercices de force spéciaux, tels que : jeux de cartes déchirés par la force des doigts, poids pris à la pincette et soulevé de terre par la pression des doigts, balles de tennis déchirées d'un seul coup, plat d'étain roulé dans les mains, etc., etc.

Les mensurations de cet athlète sont éloquentes; les voici : hauteur im86, poitrine imi2, bras 4 1 cm 5 , avant-bras 33e111 5.

Cet athlète a amené 153 kilos au dynamomètre Régnier (position libre), et 75 kilos au Collin d'une main (position libre).

C'est par un entraînement assidu que l'athlète Vansart est arrivé à plier ce clou ; il a mis deux ans pour obtenir ce résultat.

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