‹ Les rois de la force [electronic resource]Chapitre 86 sur 119 · JOHNSON · texte numérisé non relu

JOHNSON

Le Suédois Johnson fut un des plus forts athlètes du monde il y a quelque dix ans.

Il levait, en trois temps, une barre déplus de 300 livres, c'était un des premiers, sinon le premier, qui arriva à dépasser le chiffre de 1 50 kilos.

Né à Stockholm en 1872, il mesurait im8o5 de hauteur, 39 centimètres de bras et avait une qualité de muscles exceptionnelle. Il travailla avec Wahlund, un autre Suédois très fort, et ils obtinrent un succès mérité.

Johnson Photo faite en 18

Albert BRUNIN

oué d'une formidable musculature, dès l'âge de dix-huit ans Brunin fut un athlète gymnaste qui faisait une croix de fer aux anneaux avec 40 kilos attachés aux pieds.

Il arrachait 60 kilos avec facilité, développait 90 kilos à deux mains et montait six mètres de corde lisse avec un homme attaché aux pieds. Il travailla dans différents cirques avec Verhaegue, le roi de la corde lisse, et leur numéro se composait d'exercices de force et de gymnastique. Puis, un beau jour, il lâcha le cirque et se mit professeur de gymnastique.

A propos de Brunin, je me rappelle une anecdote assez drôle au sujet d'un match qu'il eut avec un athlète, merveilleux gymnaste, Arthur Merrheim. Voici à quelle occasion :

En 1888, fut fondée à Lille une section athlétique, « La Française », dont les

principaux membres furent : Merrheim, Marchand, Bottin, Dubois, Lees et moi. Merrheim, qui était à l'époque un des meilleurs gymnastes du Nord, était aussi un haltérophile distingué ; il avait 41"™ 5 de bras, 40 de mollets et 60 de cuisses, im 08 de poitrine ; c'était un beau gaillard, arrachant très aisément 50 kilos, jetant 90 kilos et développant facilement 7 5 kilos à deux mains ; il dévissait aussi 65 kilos très aisément, fa'sait des bras tendus superbes avec 20 kilos et aurait pu faire davantage, mais vers 1888, les engins n'étaient pas perlectionnés comme maintenant et l'entraînement n'était pas toujours facile à suivre. De 50 kilos on passait directement à 75 kilos; il n'y avait pas d'haltères plus lourds, ce qui nécessitait l'addition de petits poids et de petits halt'res supplémentaires fixés à chaque extrémité de la barre : cela augmentait la difficulté du jeté et de l'épaulement.

A l'époque, il y avait à Lille plusieurs sociétés de gymnastique ; les plus importantes étaient « La Française » et « La Jeunesse Lilloise ». Une petite rivalité séparait les gymnastes de chaque société, et chaque gymnaste s'efforçait de paraître plus fort que son camarade, surtout si celui-ci était d'une société concurrente.

Un jour, je fus témoin d'un superbe match entre deux étoiles des sociétés rivales : A. Brunin de « La Jeunesse Lilloise » et A. Merrlieim de « La Française ».

C'était par un dimanche d'été, Merrheim faisait du canotage, sans doute pour

Albert Brunin a 20 ans

LES ATHLÈTES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES 347

avoir l'occasion d'exhiber ses bras, qu'il avait fort beaux, qui faisaient l'admiration de tous et que beaucoup enviaient, moi le premier. Il débarqua dans une guinguette, chez Lefèvre, A la Bonne friture, à Canteleu, où les canotiers se donnaient rendez-vous pour faire de la gymnastique. Brunin, de la société « La Jeunesse Lilloise », s'y trouvait et faisait de la gymnastique aux anneaux. Voyant entrer Merrheim qu'il connaissait dvue et de réputation, il s'efforça de faire de la belle gymnastique. Ah! le beau match dont je fus le témoin! Aucun des deux rivaux ne fit semblant de voir l'autre ; quand Brunin eut fini, Merrheim, sans affectation, arriva aux anneaux et fit tous les exercices que Brunin venait de faire, enj>'effbrçant de faire mieux. Brunin, voyant cela, fit négligemment une planche en avant en secouant le corps, puis une croix de fer d'une exécution parfaite et s'arrêta le sourire sur les lèvres.

Merrheim reprit les anneaux, fit les mêmes exercices aussi facilement que son rival et retourna à sa place.

Brunin revint et fit trois planches en avant, trois croix de fer, un équilibre et descendit en croix de fer, et... son camarade fit la même chose que lui.

Brunin fit trois tractions du bras droit, trois du bras gauche, développa une croix de (er et finit en planche en avant qu'il tint un quart de minute au moins.

Merrheim fit la même chose.

^^ Brunin se fit balancer aux

anneaux à toute volée et se mit en croix de fer.

Alors Merrheim abandonna la partie qui devenait trop dure, sachant très bien que Brunin était terrible dans ce genre d'exercices.

Somme toute, les deux gymnastes se valaient, et je puis assurer que le spectacle de ces deux beaux gars bien découplés fut un ==rr~ régal pour les amateurs de gymnastique de force qui étaient présents. Les deux rivaux pesaient chacun 80 kilos, et je ne crois pas que beaucoup de gymnastes actuels puissent faire ce que ces deux athlètes firent ce jour-là. A

remarquer en outre que leur poids était une difficulté de plus à ajouter aux mouvements.

Merrheim fut un des pais beaux gymnastes de son temps : il fut athlète complet, leveur de poids, lutteur, gymnaste, sauteur, etc. A ce moment-là, on ne sacrifiait pas la vraie gymnastique de développement aux mouvements d'ensemble, aux ballets, avec ou sans musique, pour amuser les badauds, on travaillait pour développer ses muscles et les mouvements de force étaient appréciés à leur valeur. Nous ne pouvons

que regretter cet abandon de la gymnastique de force au profit de la gymnastique acrobatique où l'adresse seule entre en jeu. Albert Brunin est à présent professeur de gymnastique à Alençon (Orne), où il est très aimé de ses nombreux élèves.

Cette photographie le représente à l'âge de vingt ans; il avait déjà imi6 de poitrine, 41 centimètres de bras et 33 d'avant-bras.

Albert Brunin est né à Lille, en 1868.

Emile VOSS

Emile Voss, un des anciens athlètes les plus connus d'Allemagne, mourut à Berlin, en 19 10, dans une maison de santé, où une congestion pulmonaire le tint alité pendant trois jours seulement. Il fut enterré à Stettin, sa ville natale, et son cortège était imposant.

C'est que Emile Voss était très populaire en Poméranie ; à Stettin, pas un gamin qui ne le connût. Il était universellement estimé et aimé de tous, non seulement pour sa force extraordinaire bien connue, mais aussi pour sa cordialité et sa droiture Emile Voss n'avait que cinquante-deux ans : il avait fait de nombreuses tournées en Russie, en Angleterre et en Amérique et y avait amassé beaucoup de gloire et une respectable fortune.

Il avait im88 de hauteur et pesait 112 kilos.

Emile Voss

LES ATHLÈTES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES

JEAN-FRANÇOIS le Breton

Jean-François le Breton

Débutant par les poids légers, Jean-François, une étoile de l'athlétisme, après avoir obtenu de magnifiques résultats comme musculature, se mit aux poids lourds,

et réussit à établir plusieurs records qui le signalèrent à l'attention des amateurs. Jean-François est né en Bretagne, en 1879, à Quimper; il mesure im72 de hauteur, 45 centimètres de cou, im 25 de poitrine, 91 centimètres de ceinture, 43°™ 5 de bras, 35 centimètres d'avant-bras, 20 de poignet, 70 de cuisse, 43 de mollet et pèse 182 livres.

Voici les records de Jean-François :

Volée à droite 181 livres. Record du monde.

— à gauche 167 livres.

Arraché à droite 176 livres.

— à gauche 158 livres.

— à deux mains 230 livres. Record du monde.

Épaulé d'une main et jeté à droite . . 192 livres.

— — à gauche . . 185 livres.

En barre à deux mains 291 livres.

En haltères séparés 252 livres.

Développé à deux mains 200 livres.

Bras tendu, croix de fer en poids. . . 70 -J-- 60. Record du monde.

— en haltères ....... 60 + 60. Record du monde.

Bras tendu par l'anneau. ...... 52 livres.

Croix de fer par les anneaux 50 -f- 40 = 90 livres.

Flexion de jambes avec 320 livres.

SÉROLE

Antoine Sérole est né à Roanne en 1873 et, pour ses débuts, vint à Paris à TH. C. F. en 1903 battre le record du dynamomètre Régnier (position libre) qui appartenait à Roumageon, avec 177 kilos et demi. Sérole amena 169 kilos au premier essai et 178 kilos au deuxième essai. Il s'appropria ensuite le record du dynamomètre Collin, pression d'une main avec 75 kilos à droite. Le précédent record était à Victorius avec 70 kilos.

Non moins étonnant par la force des reins, il enleva 450 livres au soulevé de terre à deux mains, battant l'ancien record qui était de 444 livres et appartenait à E. Deriaz (ce dernier a depuis repris son record).

Sérole a rebattu son propre record au Régnier en faisant 201 kilos un quart puis enfin 224 kilos

Sérole

LES ATHLETES MOD2RNES DES XIXe ET XXe SIECLES

Les mensurations de Sérole sont éloquentes, les voici : hauteur 1 ni 7 3 , poids nu 100 kilos, tour de cou 44 centimètres, tour d'épaules im 32, tour de poitrine in,23, tour de ceinture 1 mètre, cuisses 63,5, mollet 41,5, bras 42,5, avant-bras 34,5.

Sa capacité pulmonaire mesurée au spiromètre est de quatre litres.

Miss OLGA et KAIRA

Ce furent toutes deux des artistes extraordinaires. Olga était une superbe mu lâtresse, née d'un père nègre et d'une mère blanche, le 21 avril 1858, à Stettin. Artiste de cirque dès l'âge de neuf ans, elle débuta sous le nom de Lala et a fait tous les numéros connus : trapèze, équilibre,

Miss Olga et Kaïra

trapèze volant, corde volante, fil de fer, etc., etc.

Elle avait des bras superbes, vraiment extraordinaires pour une femme, à tel point que, quand je la vis pour la première fois au cirque Rancy en 1887, où elle faisait un numéro avec miss Kaïra la Blanche, je fus jaloux de ses biceps. Et il y avait de quoi ! Elle avait en effet 38°™ 5 de bras tout en muscles et d'un modelé incomparable. C'est dans la pantomime La Fête au Village que je la vis. Elle y accomplissait ce tour de force peu banal de maintenir avec les dents un énorme canon, auquel on mettait le feu. Suspendue par les jarrets à un trapèze et tenant des anneaux dans les miins, elle prenait un hom.ne pesant 70 kilos qui se suspendait aux

Olga la mulâtresse et son canon

anneaux et ramenait plusieurs fois de suite les mains à hauteur des cuisses, faisant en

quelque sorte le développé à deux mains avec 70 kilos.

Quant à miss Kaïra la Blanche, qui travaillait avec miss Olga la mulâtresse quand, je les vis toutes deux au cirque Rancy, c'était une femme également superbe et qui faisait un numéro de voltige remarquable. Née en 1864 à Gràtz (Posen), elle s'appelait de son vrai nom Theophila Szterker, dite Popischill. La pauvre artiste eut une bien triste fin. Alors qu'elle était à Barmen, au cirque Wulf, elle manqua un soir — le 21 juin 1888 - son filet en exécutant le « saut du plongeon » et vint s'écraser sur le sol. Elle ne mourut pas sur le coup et vécut encore cinq journées d'atroces souffrances.

Carl Wolf

Carl WOLF

Des anciens athlètes russes, Carl Wolf fut un de ceux qui obtinrent le plus de succès par ses exercices de force.

Il avait im88 de hauteur, 46 centimètres de bras, 37 d'avant-bras et pesait 120 kilos.

Gustave MINTCH

Gustave Mintch était un bel athlète qui enlevait 100 kilos à deux mains, arrachait 60 kilos d'une main, et promettait d'arriver à un beau résultat.

Malheureusement il eut un accident à la jambe qui l'empêcha à tout jamais de refaire de l'athlétism?. Mintch était né à Bruxelles en 1868.

Gustave Mintch

LES ATHLÈTES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES

RAOUL le Boucher

Raoul le Boucher s'appelait de son vrai nom Raoul Musson et était né, en 1883,

à Châtillon-sur-Loire (Loiret). Venu très jeune à Paris, il fut placé par ses parents

chez un boucher dont il devait

prendre la succession. Athlétique-

ment bâti, le jeune Raoul s'éprit

bien vite des exercices de force et,

à peine âgé de treize ans, il était

l'un des clients les plus remarqués

du Gymnase Pons, avenue des

Tilleuls, à Montmartre.

Il s'adonna à la lutte et y excella bientôt. Après avoir tombé

les meilleurs amateurs, il s'en prit

aux professionnels et stupéfia ses

maîtres. Ses débuts en public

eurent lieu en 1899, à l'Hippo-

Palace; il avait seize ans. Mais

c'est en 1901 seulement, à dixhuit ans, qu'il se révéla comme un

grand lutteur, enlevant la quatrième place du championnat du

monde.

En 1902, dans le championnat

du monde, à l'âge de dïx-neuf ans,

il était second derrière Petersen et

avait, au cours de ce tournoi, rencontré Padoubny qui faisait ses débuts. Les deux

hommes n'avaient pu se tomber et le jury n'avait attribué la victoire à Raoul, après

de longues heures de lutte, que par un point. Dans la même année, il prend part à la première Ceinture d'Or et se classe troisième, derrière Pons et Laurent le Beaucairois. En 1903, toujours dans la Ceinture d'Or, il est troisième derrière Pons et Petersen, mais il a tombé Laurent le Beaucairois.

En 1904, dans la troisième et dernière Ceinture d'Or, il est second, battu seulement par Pons, puis il entreprend une tournée au cours de laquelle il tomba Paul Pons plusieurs fois, notamment à Buenos-Ayres. En novembre 1905, nous le retrouvons aux Folies- Bergère, n'ayant toujours comme adversaire capable de l'inquiéter que Pons avec lequel, d'ailleurs, il s'est

lié d'amitié et dont il devient l'associé. C'est la dernière fois qu'il devait lutter à

La dernière photographie de Raoul le Boucher

Paris. Après une nouvelle tournée qui fut longue et fructueuse, Raoul, ayant amassé une certaine fortune, avait acheté, à Maisons-LafRtte, une jolie propriété qui avait appartenu à M. E. Fischhoff.

Raoul le Boucher est mort prématurément en 1 907, le jour du mardi gras, à 8 heures, à la villa Sainte- Marguerite, à Nice.

Raoul était sur la Côte d'Azur depuis trois mois environ. Il habitait le cap d'Ail, à l'hôtel Fournier, et était venu de Paris en automobile avec son beaufrère. Tous deux allaient fréquemment à Nice, où les hivernants avaient aussitôt reconnu la silhouette du célèbre lutteur.

Très grippé, Raoul le Boucher aurait dû garder la chambre. Mais, assez mauvais malade et se sentant plein de vie, il ne voulut jamais s'aliter. Un commencement de fièvre typhoïde se déclara et peu après la méningite s'en mêla. Bientôt il divaguait,

refusant tous les médicaments que les Drs Prons et Péguin, appelés en toute hâte au

cap d'Ail, lui ordonnaient. Dans sa fièvre, l'athlète voulait

lutter, lutter contre tous ou partir de suite en automobile

pour Paris. « Il faut que je parte de suite, disait-il, j'ai un

engagement à remplir et je serai disqualifié à vie si je ne les

ai pas tombés tous, les uns après les autres. »

Sa mère et ses deux sœurs, appelées par télégramme,

durent prendre une détermination énergique et le faire

conduire à Nice par les dévoués sociétaires de la Croix- Verte de Nice. Il fallut cinq gaillards solides pour se rendre

maître du lutteur et le hisser dans un coupé automobile qui,

une demi-heure après, l'amenait à la clinique du Dr Fossé, :

villa Sainte-Marguerite. Mais la fièvre augmentait toujours ?

et l'état du pauvre Raoul fut bientôt désespéré. Le mardi *-

gras, à 5 heures, alors que Nice était en plein carnaval, Raoul le Boucher entrait

dans le coma, et à 8 heures il était mort ! La méningite l'avait foudroyé.

Raoul le Boucher en pleine forme, luttant avec Schémiakine

LES ATHLETES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES

Le corps de Raoul le Boucher repose aujourd'hui à Maisons-Laffitte. Les mensurations de cet inoubliable lutteur étaient extraordinaires : bras 44 centimètres, avant-bras 36 centimètres, cuisse 72 centimètres, mollet 48 centimètres, poitrine im 36, ceinture im07, hauteur im86.

Ses performances étaient non moins remarquables : fs, Développé en barre 200 livres; arraché d'une main 140 livres. Bras tendu par l'anneau 20 kilos; avec retraite légère du corps

25 kilos. Il soulevait 443 livres de terre et se redressait avec.

Raoul le Boucher avait l'étoffe d'un véritable champion du monde et sa force était inouïe. A mon école de culture physique il prit un poids de 20 kilos par l'anneau, le tint à bras tendu pendant au moins 30 secondes avec une facilité dérisoire et me demanda en riant si cela comptait et si cela était fait correctement. Inutile d'ajouter que nous rîmes tous de la question du jeune prodige.

Auguste MOLVA

Auguste Molva Né à Paris en 1868

Né à Paris en 1868, Auguste Molva eut son heure de célébrité, vers 1888. Il fréquentait encore le gymnase de Noël le Gaulois vers 1895. ^ avait im72 de hauteur, 40 centimètres de bras, 33 d'avant-bras, et im 16 de poitrine. Depuis longtemps il est disparu de l'arène et nous ne savons ce qu'il est devenu.

3Sé

LES TROIS MILONS

Les trois Milons étaient des Allemands qui, vers 1896, présentaient un numéro

athlétique assez original. Deux athlètes tenaient chacun l'extrémité d'un fil de fer dans la bouche, ils étaient retenus à un poteau par le moyen de cordes et soutenaient ainsi le troisième athlète monté sur le fil de fer.

Le voltigeur enlevait des haltères, jouait du piston, jonglait sur le fil de fer pendant que les deux porteurs tiraient sur

Les trots Milons

le fil de fer avec leurs dents. C'était très incommode et peu gracieux.

Vicroa MERTELINCK

Victor Mertelinck (dit le Petit Victor'), né à Bruxelles en 1870, tint pendant quelques années une loge foraine, avec une troupe de lutteurs et d'hommes forts, qu'il promena dans toute la Belgique, mais principalement à Bruxelles.

C'était un petit athlète, assez bien muscla, qui avait surtout l'amour du métier d'imprésario d'hommes forts. Aussi clierchait-ii toujours à exhiber de beaux hommes, ce dont il était très fier.

Mertelinck mesurait im62 de hauteur, imo8 de poitrine, 37 centimètres de bras, 32 d'avant-bras, 38 de mollets et 56 de cuisses.

Victor Merteltnck, Bruxelles 1870

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WALFORT

léon dumont Maupas

Un groupe d'hommes forts Limousin le géant Antonitch

le nègre Mourzouck

Walfort

Louis Walfort est né à Lyon en 1868. C'est un gaillard très fort naturellement, et qui aurait pu accomplir de véritables prouesses athlétiques s'il avait eu plus de détente nerveuse.

Walfort a 36 centimètres d'avant-bras, 44 de bras et im24 de poitrine. Doué d'une force de main peu ordinaire, il a réussi après plusieurs essais à soulever déterre, d'une seule main, ma fameuse barre de 100 kilos que Poiré venait de soulever jusqu'aux

genoux au premier essai.

Walfort travaillait avec Poiré à Lille, et les admirateurs de belles musculatures avaient de quoi être satisfaits.

Nous ne connaissons pas les records de Walfort, mais nous savons que c'était un homme de première force.

Dans le groupe où Walfort est représenté, on peut voir le géant Antonitch, le lutteur serbe ; le vaillant athlète Limousin; le Havrais Léon Dumont, Maupas et Mourzouck le Tunisien.

L'Affiche des Frères Cron

Les Frères CRON

Les frères Cron s'exhibaient vers 1880 à 1896 sur les places publiques et dans les foires.

Louis, surnommé Y Homme tonneau, exécutait le travail habituel du posticheur et soulevait avec les dents un tonneau sur lequel un homme prenait place, puis on chargeait une grosse barre à deux mains avec une poignée énorme, barre qui se trouve maintenant au gymnase Meurdra à Courbevoie : Louis enlevait le tout avec une certaine aisance. Son frère Jules, qui s'était surnommé modestement Y athlète sans rival, pouvait arracher 45 kilos d'une main et c'était tout. Comme on le voit, c'était modeste. Néanmoins leurs affiches donnaient l'impression qu'ils possédaient une force prodigieuse.

C'est le seul portrait que nous ayons d'eux.

LES ATHLETES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES

CARDI

Cardi, dit Coconnet, est un colosse qui mesure 140 centimètres de tour d'épaules, 124 de tour de poitrine, 49 de cou, 44 de bras, 331/2 d'avant-bras, 43 de mollet, 23 de poignet et pèse nu 100 kilos.

Cardi, né à Antibes en 1878, est un élève de notre ami M. Richard Andrieu, l'avocat de Toulon.

Cardi est doué d'une très grande puissance musculaire, il tient correctement 30 kilos à bras tendu, 35 kilos en croix de fer, développe 100 kilos à deux mains et fait au

Cardi

dévissé jusqu'à 100 kilos,, mais en épaulant la barre avec les deux mains.

Cardi est un sympathique, sa bonne face joviale reflète la bonté, l'apanage des forts.

Cardi a abandonné l'athlétisme, il est à présent chauffeur d'automobile.

Horace BARRÉ

La ville de Montréal, qui possède

Horace Barré déJà Louis Cyr> un des Plus forts Pr°-

fessionnels du monde entier, a donné

le jour à Horace Barré, un amateur doué d'une force extraordinaire.

Horace Barré est un Franco-Canadien, comme Louis Cyr, et son nom prouve

qu'il descend d'une famille française émigrée au Canada, au temps où cette colonie

appartenait à la France.

Horace Barré pèse 125 kilos, mesure im72 de hauteur, 46 centimètres de bras, 37 d'avant-bras, 47 de mollets, 73 de cuisses et im30 de poitrine. Il tient 35 kilos à

bras tendu, développe 110 kilos et jette 130 kilos à deux mains ; il épaule 245 livres à deux mains et dévisse de l'épaule ce poids formidable. (On sait que le dévissé est un des exercices favoris des athlètes étrangers; il est peu cultivé en France.)

Horace Barré eut un jour un match avec l'athlète Irving Montgomery qui se faisait appeler Sandowe, et qu'on a surnommé plus tard le faux Sandow.

Montgomery, accompagné de Cyclops, le briseur de sous, lança un défi pour les poids à Louis Cyr. Ce dernier accepta en son nom contre Cyclops, et au nom de Barré contre Montgomery.

Les deux Franco-Canadiens sortirent facilement vainqueurs de leurs adversaires. Nous racontons d'ailleurs plus haut les péripéties de ce match célèbre.

LASSARTESSE

Gabriel Lassartesse est un athlète merveilleux qui fut longtemps recordman de l'arraché d'une main, malgré son poids relativement peu élevé. Pesant nu 79 kilos, il est arrivé à 86k 500 à l'arraché d'une main, c'est stupéfiant. APH.C.F., devant Bonnes, le fameux champion haltérophile, et de nombreux amateurs, Lassartesse a arraché 80 kilos d'une main à deux reprises différentes, puis il a arraché Lassartesse trois fois de suite 70 kilos d'une main sans

lâcher la barre; il a arraché aussi 75 kilos

d'une main deux fois de suite sans lâcher la barre et sans qu'elle touchât terre. A la

volée il a atteint 160 livres.

Il a exécuté aussi cinq flexions de jambes avec une barre de 135 kilos sur les

épaules ; à chaque flexion, les fesses reposaient sur les talons, et il marquait un temps

d'arrêt dans cette position.

LES ATHLÈTES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES 36 1

Au dynamomètre Régnier, l'énergique Bordelais a amené du premier coup 172 kilos et demi. Lassartesse mesure ira 71 de hauteur, 41 centimètres et demi de bras et 34 d'avant-bras. Son bras, tout en muscles durs comme l'acier, est un des plus beaux qu'on puisse voir.

EL SEGONDO DE HERNANI (Pays Basque)

L'athlète qui est représenté ici soulevant une barre énorme est un colosse doué d'une grande force et pourvu de mensurations importantes.

On remarquera le développement énorme des cuisses de El Segondo, la largeur de son thorax et surtout la façon bizarre dont cet athlète enlève les barres à deux mains (une main est en pronation pendant que l'autre est en supination).

El Segondo travaille sans méthode et il n'en fait pas moins des exercices formidables. On peut juger d'après son ignorance les résultats merveilleux qu'il obtiendrait s'il travaillait d'après nos méthodes actuelles et avec le matériel en usage

dans nos gymnases. Notre correspondant nous assure que la barre enlevée par El Segondo pèse 120 kilos. Quelle doit être la force de ce colosse si ce poids est exact ?

El Segondo de Hernani

Hector DECARIE

Hector Decarie, actuellement l'homme le plus fort du Canada, celui qui a remplacé Louis Cyr depuis la retraite du vieux champion, est né à Saint-Henri de Montréal (Canada), le 27 mars 1880; son père, Jean Decarie, est commerçant à Montréal, sa mère, Lucie Fichaud, est issue d'une de nos vieilles familles françaises, famille dont les membres jouissaient tous d'une force extraordinaire.

Hector Decarie ne tarda pas à prouver qu'il était digne de ses ancêtres. C'est à treize ans qu'on s'aperçut qu'il possédait une force au-dessus de la moyenne.

Le directeur du collège où était le jeune Decarie ayant organisé un tournoi de lutte au poignet dans le but de distraire la jeunesse, Hector en sortit le premier en renversant même quelques instituteurs qui y avaient pris part. Le directeur en fut étonné, et attribua cette force à un don naturel.

Decarie pratiqua alors les poids et haltères, qui le rendirent célèbre par les nombreuses victoires dont voici les principales : en 1902, Hector battit le fameux Rolondo, champion d'Allemagne; en 1903, Albert Auvray ; en 1904, Rousseau, champion de Québec; en 1906, ce qui le rendit absolument célèbre, il fit match nul avec le fameux Cyr qui, disons-le de suite, n'était plus entraîné ; malgré cela, Louis Cyr, qui jouissait encore d'une force phénoménale, ne put mieux faire contre Decarie que de faire partie nulle. Alors Louis Cyr, désireux de se retirer complètement de l'arène, remit son titre dej champion du monde à Decarie, qui devint l'homme du jour, ' sa photographie parut dans tous les journaux canadiens.

Hector Decarie annonce d'ailleurs qu'il est prêt à se mesurer avec n'importe quel homme au monde, et nous allons voir s'il y aurait moyen de le faire rencontrer avec le fameux Deriaz, ce serait un spectacle intéressant et que les Parisiens iraient voir en foule.

Voici les mensurations de Decarie: taille im68, poitrine 117 centimètres 1/2, cou 45, bras 46, avant-bras 37, ceinture 85, mollet 42, poids du corps 86 kilos.

Hector Decarie

LES ATHLETES MODERNES DES XIXe ET XXe SIÈCLES 363

Nous ne donnerons pas pour l'instant les records d'Hector Decarie, car nous préférons le voir d'abord à Paris pour le juger dans le match qui ne manquera pas de se produire entre nos champions parisiens et le champion canadien.

Le champion Decarie est prévenu que plusieurs hommes sont prêts à relever son défi.

Hans TROBELSBERGER

Un fameux athlète allemand qui eut son heure 'de célébrité en

Trobelsberger

Allemagne, en Russie, en Autriche, etc., mais qui est inconnu en France.

Or, Trobelsberger était, il y a quelque dix ans, une étoile de l'athlétisme (poids et haltères). Cet homme était une espèce de colosse de im 86 de hauteur, avec des mensurations qui se rapprochaient beaucoup de celles de notre vieux champion Apollon. Il avait une force de pince qui aurait certainement donné à réfléchir

Hans Trobelsberger

aux plus célèbres gripmen connus. (A toi Léon Sée. A toi Jules Parent. A toi Ven-

denocke.)

Trobelsberger mesurait 39 centimètres d'avant-bras, 47 de bras, im 32 de poitrine,

49 de cou, 46 de mollet, 72 de cuisses, et pesait 124 kilos.

Il arrachait 75 kilos en force sans déplacer les pieds, il jetait 128 kilos en barre à deux mains, développait 110 kilos à deux mains et personne ne pouvait retirer ses poignets des mains de Trobelsberger quand celuici les enserrait de ses deux étaux. Tenant un bâton dans la main, il accrochait un poids de 20 kilos à 10 centimètres des doigts et maintenait le tout à bras tendu.

C'était un rude gaillard que ce brave Hans. Qu'est devenu ce bon Munichois, depuis qu'il s'est retiré de l'arène? Espérons qu'il aura fait souche de petits Trobelsberger que nous applaudirons un jour comme nous

avons applaudi le père.

Geokges Jagendorffer a 25 ANS

^sw

Georges JAGENDORFFER et Ferdinand HALLMEYER

Georges Jagendorffer et Hallmeyer sont deux athlètes bien connus en Autriche et en Allemagne. Hallmeyer surtout est doué d'une puissance musculaire extraordinaire. La photographie ci-contre représente les deux athlètes avec un costume spécial pour pratiquer une espèce de lutte dont les prises se portent par le moyen de deux poignées fixées solidement autour des épaules et des bras. Chacun des deux lutteurs saisit les poignées fixées sur les épaules de son adversaire et cherche par de violentes tirades à l'amener sur les genoux.

Les mensurations de Hallmeyer sont : im78 de hauteur, 46 centimètres de tour de bras, 37 d'avant-bras, im 30 de poitrine, 72 de cuisse, 46 de mollet, poids du corps 120 kilos.

LES ATHLÈTES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES 365

Les mensurations de Jagendorffer sont : im70 de hauteur, 45 centimètres de tour de bras, 36,5 d'avant-bras, 70 de cuisse, 45 de mollet, 43 de tour de cou, im28 de poitrine, poids 112 kilos. Il est né à

Vienne (Autriche), le 21 avril 1849.

Jagendorffer fut un des premiers athlètes autrichiens, il fit partie du trio Osman avec F. Sthàrr et Wilhelm Tûrk. Hallmeyer, qui est aussi un athlète viennois, développe 112 kilos à deux mains, épaule et jette 130 kilos et arrache 75 kilos d'une main.

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