RONCO
Ronco est un athlète italien doué d'une taille peu élevée, mais d'une musculature imposante. Son numéro se compose de poses plastiques (genre Sandow), puis d'exercices de force où dominent les dévissés, les développés, etc. Ronco vient de s'exhiber à FApollo où il arrêtait une automobile lancée sur un plan incliné.
La mode étant à l'automobile, tous Ronco
les athlètes s'évertuent à trouver des trucs
sensationnels pour étonner la galerie. A quand l'arrêt d'un express du Nord lancé à 1 20 à l'heure ?
Au train dont vont les choses, cela ne pourra tarder.
Ronco, qui est bien proportionné, mesure 41e111 5 de bras et 34 centimètres d'avantbras, imi 5 de poitrine. Ronco a surtout un abdomen très musclé, il le doit aux exercices de culture physique qu'il a faits lorsqu'il était pupille de Sandow, à Londres.
Etienne GONNEVILLE Dit l'Homme aux Paoés
Etienne Gonneville, dit Y Homme aux Pavés, est né en 1847, à Tourteville, dans là Manche, aux environs de Cherbourg.
H quitta assez jeune son pays natal, pour venir travailler à Paris comme corroyeur.
Entre-temps, il posait comme modèle chez les peintres et à l'Ecole des Beaux- Arts.
Il ne commença guère qu'à trentetrois ans à faire le métier d'athlète, mais' il obtint vite un certain succès auprès du public, grâce à sa belle musculature et à la difficulté de ses exercices généralement exempts de « chiqué ».
En effet, il produisait son travail avec de vrais poids de vingt kilos et il y ajoutait une note originale en se servant d'essieux de grosses voitures qu'il maniait comme un fusil pour faire l'exercice.
Un peu plus tard, il adjoignit à ce matériel un peu primitif quelques grosses barres de 80 kilos environ et plusieurs gros haltères d'une main.
Gonneville, suivant la coutume presque classique des athlètes professionnels de son époque, « faisait » aussi le tonneau qu'il développait devant lui par les dents et sur lequel il faisait asseoir un homme de bonne volonté.
Voici dans quelles circonstances son surnom de Y Homme aux Pavés lui fut donné : Gonneville travaillait à Nantes et se trouvait en concurrence avec quatre ou cinq « posticheurs » comme lui.
Ceux-ci travaillaient tous avec des poids truqués et présentaient avec moins de mal àts tours de force identiques à ceux de notre héros.
Gonneville rongeait son frein en silence, mais, très fâché de la concurrence déloyale que lui faisaient ses collègues, il méditait un moyen de se venger.
C'est alors qu'il imagina de se rendre chez un tailleur de pierres et qu'il se fit fabriquer dix pierres du poids de 18 à 22 kilos dans lesquelles il fit sceller des anneaux de fer.
Gonneville s'entraîna pendant quelques jours avec ce matériel inédit, et quand il l'eut suffisamment en mains (c'est le cas de le dire), il revint sur la place Royale de
Etienne Gonneville
LES ATHLETES MODERNES DES XIXe ET XXe SIECLES
Nantes, où il s'installait ordinairement, et exhiba ses pavés aux yeux ébahis des spectateurs. L'imprévu de ses nouveaux exercices eut un grand succès, et ce à la grande colère de ses collègues, qui durent plier bagage devant l'indifférence du public.
Par la suite, Gonneville reprenait toujours ses pavés lorsqu'il arrivait dans une ville où s'exhibaient des athlètes avec des poids truqués.
Gonneville, courageux et sobre, s'était amassé un certain pécule avec son métier d'athlète ; il se fit bâtir une propriété à Graville, près du Havre, dans laquelle il se retira pour vivre de ses petites rentes.
Au point de vue athlétique, Gonneville était un homme sortant de l'ordinaire ; il possédait une musculature impressionnante.