I. —— Les types monétaires
Le fils et successeur d’Antiochus IIT était déjà un homme fait lorsque son pére lui donna, en 196 av. J.-C., à Lysimachia, le gouvernement de la Chersonèse de Thrace. Quatre ans plus tard, Séleucus, à la tête d’une importante armée, maintenait l’Ionie dans l’obéissance, reprenait Cymé et Phocce et assiégeait Pergame ellemême. Séleucus commandait une partie des forces syriennes à la bataille de Magnésie en 190. Il recueillit, trois ans après, des mains de son pére, un empire affaibli. Une fois monté sur le trône, il essaya, mais en vain, de restaurer la puissance syrienne en Asie Mineure : les Romains l'empêchèrent de réussir. On le voit ainsi s’allier successivement aux Achéens, à Pharnace, roi de Pont, à Persée, roi de Macédoine, et même aux Romains à qui il livra en otage son fils Démétrius, à la place de son frère qui devait être Antiochus IV. Il allait se trouver aux prises avec Ptolémée V Epiphane lorsqu’il fut assassiné par son ministre Héliodore, fils d'Eschyle?.
Les portraits monétaires de Séleucus IV sont certains parce que son efhigie figure sur des pièces datées. Les caractères iconiques de la tête royale, son front découvert, ses larges mâchoires ne permettent pas de confondre, sur les monnaies sans date, les traits de Séleucus IV avec ceux des rois homonymes. Les bronzes n’ont pas toujours, comme les pièces d'argent, l'effigie royale ; aussi, en l’absence de cette effigie ou d’une date, l'attribution des chalques serait-elle parfois difficile à justifier, si un autre criterium ne venait à notre secours. On a dit plus haut que les monnaies à bords dentelés commencent à faire leur apparition à la fin du règne d’Antiochus III. Tous les chalques au nom de Séleucus, qui ont les bords serralti ne sauraient donc être antérieurs à Séleucus IV. Ils ne peuvent non plus être postérieurs, car Séleucus V, qui eut un règne très court, n’a très probablement pas frappé
1. Notamment Mionnet, Descr. n° 253 (tête d'Hercule) d’après Vaillant et Frœlich ; et Supplément n° 120 (tête de femme frisée). Dans les deux cas, c’est une tête d’Apollon.
2. M. Homolle a retrouvé à Délos une inscription qui relate l'érection de la statue de ce personnage dans le temple d’Apollon. Bull, corr. hell., t. III, p. 364-365.