‹ Les Rois De Syrie D’arménie Et De CommagèneChapitre 115 sur 419 · C INTRODUCTION · texte numérisé non relu

C INTRODUCTION

de cette ville frappées au nom des rois de Syrie Démétrius I (Catal. n° 779) et Démétrius II (Catal. n° 1246); c’est ce qui fait croire que les bronzes d’Antiochus IV dont il s’agit ici sortent de l’atelier de Tyr. Ajoutons toutefois que le palmier est aussi le revers de monnaies juives.

La colombe, type de l’hémi-chalque n° 579, ne permet pas d’hésiter à classer cette monnaie à Ascalon où Astarté-Sémiramis était adorée sous l’emblème d’une colombe : des pièces autonomes de cette ville sont au même type. L’abréviation B. À pour BastAewc ’Avridyov est insolite sur les monnaies syriennes : elle rappelle les abréviations du même genre dont la série royale de Cypre fournit de nombreux exemples. |

Le groupe des monnaies de bronze frappées en Egypte par Antiochus Epiphane, lors de son expédition dans ce pays, mérite de fixer un instant notre attention (Catal. nes $80 à 600). « Ces monnaies, dit M, Feuardent, ont dû être frappées dans une localité voisine d'Alexandrie, très vraisemblablement pendant le long siège qu'Antiochus IV dirigea contre cette grande ville. * » Profitant de ce que les Romains se trouvaient engagés dans leur guerre contre Persée de Macédoine, Antiochus avait déclaré la guerre à Ptolémée Epiphane, auquel il reprit successivement, de 171 à 168 av. J.-C., la Coœlésyrie, la Palestine, la basse Egypte. Il se préparait à assiéger Alexandrie lorsque les Romains lui enjoignirent de se retirer. Les monnaies qu’il fit frapper pendant son séjour dans le delta du Nil ont entièrement le caractère égyptien, tellement qu’on les classe parfois dans la série égyptienne. Elles ont toutes, au revers, l’aigle des Lagides debout sur un foudre. Au droit des grandes pièces, figure la tête de Zeus Sérapis surmontée du lotus, symbole d’Osiris; sur les monnaies d’un module inférieur, c’est la tête d’Isis, les cheveux calamistrés et surmontée du symbole qui la caractérise dans la mythologie égyptienne; enfin, les plus petites pièces ont la tête radiée d’Antiochus. Comme on le voit, ces bronzes, dont les bords sont taillés en biseau, ont un style et des types égyptiens; frappés par le roi de Syrie conquérant du delta du Nil, ils sont étrangers au monnayage syrien. Notre plus grande pièce pèse 73 grammes; M. Bunbury possède un décachalque de 76 gr. 50; c’est exactement le double des plus lourdes et des plus grandes pièces de la suite des Lagides ?. La série des monnaies proprement syriennes ne contient pas, pour le bronze, de divisions au dessus du tétrachalque.

Un certain nombre de monnaies de bronze d’Antiochus IV Epiphane présentent une particularité importante dont M. Imhoof-Blumer a fort habilement donné la clefs. Elles portent, au droit, des monogrammes variables'qui ne sont rien moins que des marques de valeur, ou plutôt le nom abrégé des monnaies elles-mêmes. Ces

monogrammes (n° 177, 178 et 179) composés des lettres XA, XB, XA sont les

1. Feuardent, Egypte ancienne. Coll. Demetrio, p. 73. 2. Bunbury, Numism. chronicle, N. S., t. III (1883), p. 95-97. 3. Imhoof-Blumer, dans la Zeitschrift für Numismatik, t. III, p. 347 à 348; cf. Monnaies grecques

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signes de valeur du reroiyalxov, du Béyahxov et du yakxoëe. Et ce qui prouve que la remarque de M. Imhoof-Blumer est juste, c’est que le module et le poids de ces pièces de bronze sont en rapport avec ces divisions monétaires. Nous reviendrons plus loin sur cette intéressante question.

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