CVIII INTRODUCTION
Laodicée du Liban.
Dans la Cœlésyrie, il y avait un district assez étendu appelé Laodicène, du nom de sa capitale Auwodtxeix. On l’appelait Laodicée la Scabieuse (5x26{wox) ou Laodicée du Liban (ÿ rod At6dvw). Elle fut bâtie, nous apprend Appien, par Séleucus Nicator, dans une grande plaine au sud-ouest d’Emése, sur le cours de l’Oronte. Elle a des monnaies impériales romaines avec la légende AAOAIKEQN TTPOC AIBANQ.
Les monnaies d’Antiochus IV frappées dans cette ville ont une légende phénicienne qui lui donne le titre pompeux de métropole de Canaan. Le type est Poseidon debout, de face, tenant une patère et un trident. Il est curieux de retrouver le nom biblique de Canaan sur ces monnaies. Les lettres AA, dans le champ, paraissent être les initiales du nom de Laodicée.
Apamée de Syrie.
Cette ville importante était située sur lOronte ou plutôt, peut-être, sur l’un de ses petits afluents, l’Axius, comme le disent Sozomène et les monnaies (xpès r® ’Aflw), si toutefois le nom d’Axius ne désigne pas l’Oronte lui-même. Fondée par Antigone, qui lui donna le nom macédonien de Pella, elle fut agrandie par Séleucus Nicator, qui l’appela du nom de sa femme, la Sogdienne Apama”.
Gebal (Byblos).
La ville sainte de Byblos ou Gebal (NnwTp 523) était le centre de traditions religieuses relatives à l’origine du monde, qui nous ont été conservées en partie sous forme de récit épique, dans le Sanchoniathon de Philon de Byblos. Quelques-unes des monnaies de Byblos ont des types qui se rattachent à ces légendes et nous font connaître les formes plastiques des divinités orientales qui jouent un rôle dans ces récits cosmogoniques. Tel est le cas, entre autres, pour la divinité, étrangère au panthéon hellénique, qui figure sur le chalque de notre catalogue n° 671. C’est le Cronos phénicien, qui, d’après Philon de Byblos, fut créé par Taautos ou le Destin, en même temps que Dagon, autre divinité dont les monnaies phéniciennes reproduisent aussi l’image. « Taautos, dit Philon, imagina pour Cronos les insignes de la royauté, quatre yeux par devant et par derrière, dont deux sont en repos et fermés [quand les deux autres sont ouverts], et à ses épaules quatre ailes, deux élevées et deux abaissées. Ceci était destiné à exprimer symboliquement que Cronos voyait en dormant et dormait éveillé; de même, la position de ses quatre ailes montrait qu’il volait en se reposant et se reposait en volant. Et il donna à Cronos deux ailes encore sur la tête, l’une pour exprimer son esprit de commandement,