Mionnet, Supplément, t. VIII, p. 31, n
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OMP (= an 149): c’est la dernière année du règne d’Antiochus IV Epiphane, et cette date est, par là même, intéressante à relever. Elle se trouve, en premier lieu, sur une pièce du Musée britannique, publiée par Taylor Combe r, et si elle n’est pas reproduite dans le catalogue des rois de Syrie rédigé par M. Gardner, cela tient, je pense, à ce qu’elle a dû rester classée à Tripolis dans le médaillier anglais. Il n’y a, dans tous les cas, d’après la gravure de l’ouvrage de Combe, aucune raison de croire la date inexacte. D’autre part, c’est une pièce pareille que Cavedoni a voulu attribuer à Antiochus V Eupator : ce nouvel exemplaire porte la même date OMP, avec une efgie royale qui est en réalité celle d’Antiochus IV Epiphane : l'erreur de Cavedoni vient de ce que ce savant faisait mourir Antiochus Epiphane dés le printemps de l'an 148 2. Il est juste d’observer, pour l’excuse du savant modénais, que lorsque l'effigie royale n’est pas accompagnée d’une légende, il est parfois embarrassant de dire si la tête est celle d’Antiochus IV, de Démétrius I Soter ou d'Alexandre Bala.
Nous avons achevé de passer en revue les différentes villes qui ont placé sur leurs monnaies municipales de bronze l’effigie d’Antiochus IV 3, et nous verrons se perpétuer le même usage dans un certain nombre de villes, jusque sous le régne de Démétrius II Nicator et même d’Alexandre II Zébina. À un point de vue général, il ressort du tableau qui précède que ces villes avaient une demi-autonomie monétaire, accordée principalement aux colonies d’Antiochéens, c’est-à-dire de citoyens qui jouissaient des mêmes droits que les habitants libres d'Antioche, la capitale de l’empire. On obtenait les privilèges d’Antiochéen comme on eut ceux de Macédonien ou de Grec à d’autres époques, et plus tard ceux de civis romanus ou de colonie de droit latin. Les villes dont les habitants recurent le titre d’Antiochcens purent frapper des monnaies de bronze autonomes, avec l'effigie royale toutefois. Quelques-unes d’entre elles, sinon toutes, eurent deux ateliers, l’un qui émettait cette monnaie semi-autonome, et l’autre qui frappait la monnaie royale.
Un grand nombre de villes auxquelles furent concédées ces libertés et qui reçurent des colonies d’Antiochéens, prirent même le nom d’Antioche, comme la métropole. C’est ainsi qu’en Cilicie, on compte trois Antioches (Tarse, Adana, Mallus) dont le territoire était limitrophes. De même qu'il y avait plusieurs Antioches en Syrie, en Cilicie et en Mésopotamie, il y avait aussi plusieurs Séleucies et plusieurs Laodicées. Antiochus IV octroyait naturellement de préférence les droits d’Antiochéens aux habitants des nouvelles colonies qu’il établissait dans les différentes provinces de l'empire.
Les Juifs qui consentirent à se plier à l’hellénisation que le roi de Syrie voulait
1. T. Combe, Vet. pop. et reg. numi qui in museo britannico adservantur, p. 20$, n° 23, et pl. XII, n° 4.