CXVIII INTRODUCTION
Syrie son homonyme : des fautes analogues fourmillent dans son récit, et la rectification de Muller est fort vraisemblable. S’il en est ainsi, ne pouvons-nous pas, à notre tour, conjecturer que le type de Tyché a été inauguré sur les monnaies de Démétrius I Soter à l’occasion de Pévènement rapporté par Malala ? Le type monétaire serait, dans ce cas, l’image de la statue de bronze, de même que la Tyché d’Antioche sur les monnaies de Tigrane le Grand, est la reproduction d’une autre œuvre sculpturale célèbre.
Le trône de la déesse a des pieds qui représentent des Néréides ou des Tritonides; on a cherché à expliquer cette particularité qu’il n’y a pas lieu, je pense, de rapprocher du Nymphaeum (NuuoGv fsoèv) d’Antioche, situé à l’extrémité de lune des avenues qui conduisaient à Pomphalos et où se passaient les cérémonies nuptiales :. Il ne faut voir là, sans doute, qu’un motif décoratif, analogue aux aigles qui ornent parfois les pieds du trône de Zeus (Cafal. n° 797).
Tandis que la Fortune paraît sur les tétradrachmes, les drachmes n’ont en général que la corne d’abondance, c’est-à-dire l’attribut de la déesse *. Le type de la drachme est souvent ainsi une réduction ou, si l’on veut, une abréviation du type du tétradrachme. « C'était un usage fréquent chez les anciens, dit le duc de Luynes, à mesure que le module décroissait, de représenter, au revers, des parties seulement du revers des grands modules. Aïnsi, par exemple, en Phénicie, on voit sur les monnaies de bronze figurer, suivant les modules, une galère, sa proue, son acrostolium, son gouvernail. La corne d’abondance royale, celle qui est ornée d’un diadème, paraît, selon le témoignage d’Athénées, avoir été d’abord employée comme attribut pour orner les statues d’Arsinoé, femme de Ptolémée Philadelphe4. » La corne d’abondance ne paraît pas sur les monnaies antiques avant Ptolemée I Soter, et les rois de Syrie empruntèrent ce symbole à leurs voisins d'Egypte. Nous ne la rencontrons qu’à partir de Démétrius I Soter, c’est-à-dire à l’époque où s’accentue l’influence égyptienne en Phénicie et en Syrie : la corne d’abondance égyptienne forme le type de revers du magnifique médaillon d’or décrit sous le n° 765.
Parmi les autres types des monnaies de Démétrius I Soter, les seuls qui méritent une mention spéciale sont ceux des quelques bronzes que nous allons énumérer.
Sur le chalque n° 733, il y a une tête de cheval et une tête d’éléphant, dans lesquelles Cavedoni, après Eckhelé, voudrait reconnaitre une allusion aux forces militaires de Démétrius, la cavalerie et les éléphants que l’on commençait alors à
1. Libanius, t. I, p. 339; Malala, p. 244; cf. O. Muller, Antig. Antiochenae, p. s9.
2. M..Imhoof-Blumer (Monnaies grecques, p. 432, n° 83) a publié une drachme de mauvaise fabrique, qui a pour type Tyché assise, comme les tétradrachmes. Nous devons également signaler une pièce de bronze (tétrachalque, 33 gr. 50) du Musée de Berlin, décrit par le même savant, n° 85, et qui est aussi au type de Tyché assise.
3. Athenée, Deipnosoph., XI, 97 (éd. Schweighauser) ; cf. t. IT, p. 408 de l’éd. Meineke (Teubner).
4. Duc de Luynes, dans la Revue numismatique, 1858, p. 300-301.
s. Signalons ici comme manquant à notre catalogue le diobole (r gr. 43) au type d’Apollon debout, s'appuyant sur son arc, publié par M. Imhoof-Blumer, Monn. grecques, p. 432, n° 84.
6. Eckhel, Doctr. num, vet., t. III, p. 226; Cavedoni, dans la Revue numismatique, 1856, p. 381.
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* qui figurent sur un bronze du British Museum? (fig. 27).
ranger en bataille d’après une nouvelle tactique à laquelle fait allusion l’histoire des Macchabées : « Ils partagèrent les éléphants par légions, et mille hommes armés de cottes de mailles et de casques d’airain, accompagnaient chaque éléphant ; et cinq cents cavaliers choisis avaient ordre de se tenir toujours auprès de chaque éléphant r. »
Sur les monnaies de bronze n° 738 à 740 paraissent des types curieux inexpliqués jusqu'ici : têtes de lion et de sanglier; têtes de dogue et d’aegagre; il faut y ajouter la tête d’aigle ou de griffon et la tête de cerf
Ce groupe de types d'animaux qui rappellent, par leur style, certains bas-reliefs assyriens, fait peut-être allu-
sion aux chasses royales.
La date la plus reculée que nous ayons relevée sur les monnaies de Démétrius I Soter est l’an ANP (— an 154) qui figure sur un chalque de Tyr (Catal. n° 770); elle n’est donc que de la troisième année du règne de Démétrius qui monta sur le trône en l’an 151. Saulcy 3 a enregistré, d’après Mionnet, la date L NP (=anrso); mais Mionnet 4 a cru relever cette date sur un bronze du Cabinet de France frappé à Tyr; il s’agit vraisemblablement du chalque qui figure dans notre Catalogue sous le n° 777 et sur lequel la date est en partie effacée : il n’y a point à en tenir compte. Il faut également rejeter dans le domaine de l'illusion ce que dit Saulcy, à la p, 22 de son Mémoire : « Nous avons, à mon avis, prétend-il, des tétradrachmes frappés en Peritius, l’an NP, à MI?, à Perinte, à Antioche, à Diospolis ». Comme l’auteur ne cite aucune référence, j'ignore de quelles monnaies il s’agit, mais je ne doute pas qu'il ne soit question de pièces mal lues.
L'année ANP (= 151) est donnée d’après un bronze de Tyr, par Mionnet (Suppl. t. VIT, p. 35, n° 181), mais seulement suivant le témoignage de Gessners dont les lectures si souvent erronées ne sauraient être prises en considération ; il s’agit bien probablement de la date ANP (— an 154) mal lue par ce vieil auteur. Bref, la date plus ancienne du règne de Démétrius que nous ayons authentiquement constatée reste l’an ANP (= an 154).
Nous relevons la dernière année du règne, BP (— an 162), sur une série de pièces (Catal. n° 76$ à 769) commençant par le médaillon d’or dont nous avons déjà parlé, qui se trouve ainsi avoir été frappé quelques mois seulement avant la mort de
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s. Gessner, Numism. graeca Reg. Syr. tab. III, n° 2.