‹ Les Rois De Syrie D’arménie Et De CommagèneChapitre 133 sur 419 · CXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CXX INTRODUCTION

Démétrius. Cette magnifique pièce, trouvée à Hasbéiah, dans la région du Jourdain, vers 1855, et publiée pour la première fois par Fr. Lenormant x, porte dans le champ du revers les lettres ZA et un monogramme composé des deux lettres TA. Fr. Lenormant regarde les lettres ZA comme indiquant l'atelier de Salamine en Cypre, tandis que le monogramme n° 205 désignerait Paphos. Cette conjecture est dénuée de fondement. Les lettres ZA et le monogramme n° 205 figurent, sous d’autres règnes, sur des pièces qui n’ont pu être frappées à Cypre, et quant au médaillon d’or luimême, nous ferons remarquer qu’au temps de Démétrius I Soter, Cypre n’a cessé d’appartenir à l'Egypte, ce que reconnaît d’ailleurs F. Lenormant, mais en faisant l’invraisemblable supposition que Ptolémée Evergète IT, qui régnait à Cypre, aurait pris parti pour Démétrius et frappé monnaie en son nom. D'ailleurs, la pièce est de fabrique plate, avec une tranche à arêtes vives, caractères que n’ont les monnaies cypriotes d'aucune époque, tandis qu’ils sont ordinaires sur les monnaies frappées dans les provinces orientales de la monarchie syrienne.

- Le musée de Florence possède un médaillon d’or aux mêmes types, avec le monogramme n° 28; il pèse 28 gr. 30°, tandis que la nôtre ne pèse que 21 gr. 48. Cet écart de poids est singulier, notre exemplaire pouvant être considèré comme à fleur de coin ; il faut supposer que la pièce de 28 gr. 30 est une division monétaire supérieure à celle de la pièce de 21 gr. 48. Au droit de notre médaillon, se trouve une marque qui paraît avoir un rapport direct avec le poids : c’est le monogramme B4. Particularité de frappe assez curieuse et dont on se rend compte en regardant la pièce à la loupe, le graveur avait d’abord gravé ce sigle sous le trône de Tyché ; puis il l’a effacé, non sans en laisser quelques traces, pour le graver plus nettement dans le champ de la pièce. Le signe £, dit en substance Fr. Lenormant, ne peut être confondu avec 4 ou Z qui, dans les papyrus grecs, désigne la drachme; L est le signe du statère, de sorte que B£ — 2 statères de 10 er. 73. Un médaillon d’or de Bérénice, femme de Ptolémée Evergète Ier, donne un poids identique de 21 gr. 473.

La pièce du Musée de Florence, du poids de 28 gr. 30, peut difficilement, dans le système Lenormant, passer pour une pièce de trois statères babyloniens de ro gr. 73. Au contraire, en considérant la pièce de 21 gr. 48 comme représentant trois statères d’or de 7 gr. 15 environ, on verra que la pièce de 28 gr. 30 devient, dans cette hypothèse, un quadruple statère. Le statère d’or de 7 gr. 15, inférieur de 1 gr. 25 au statère attique, serait un statère phénicien ou ptolémaïque, correspondant à la division employée en Phénicie et en Egypte pour l’argent, et qui réduit la drachme au poids de 3 gr. 60, au lieu de 4 gr. 30. Seulement, dans cette explication, le monogramme B£ n’a plus le sens que lui a attribué Lenormant. Par rapport aux poids attiques, le médaillon d’or de Démétrius vaut exactement 2 statères et demi; aussi

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