CXXII INTRODUCTION
c’est cet ami même, ce qui nous paraît peu probable, il faudrait admettre qu’il vécut beaucoup plus longtemps que,ne le disent les historiens.
Les monnaies des villes, au nom et à l’effigie de Démétrius I Soter, sont exclusivement des bronzes phéniciens de Tyr et de Sidon. Les pièces de Tyr se distinguent à la fois par leur légende et par la proue qui en forme le type; celles de Sidon ont la galère entière. Pour les dates nous relevons, sur les pièces de T'yr, les années L'ANP (154), L'HNP (158), L'ONP (r59) et =P (= 160), cette dernière sur une monnaie au type du palmier qui, nous l’avons vu, est particulier à Tyr. Sauf sur cette
pièce, on trouve sur toutes les autres la légende bilingue 39 — de Tyr, et TYPIQN. Les monnaies de Sidon ont des types plus variés et elles ne portent pas de dates. Outre la légende bilingue 23735 (des Sidoniens) ZIAQNIQN, on rencontre la légende phénicienne, difficile à expliquer, que nous avons déjà vue sous Antiochus IV, et dont le sens nous paraît aujourd’hui définitivement fixé : Des Sidonmiens, métropole de Cambé, d'Hippone, de Citium, de Tyr.
Sur l’hémi-chalque n° 790, on voit Europe emportée par le taureau de Zeus, type fréquent sur les monnaies autonomes de Sidon, et qui se rapporte à une légende locale : Europe était la fille d’Agénor, roi des Sidoniens :.
Démétrius I Soter épousa sa sœur Laodice, veuve de Persée, roi de Macédoine, et il fit frapper des monnaies où l'effigie de la reine se trouve accolée à la sienne. Nous connaissons, à ce type, d’abord deux tétradrachmes du British Museum 2. Ils portent au droit les têtes conjuguées de Démétrius et de Laodice, et au revers, la Tyché assise des tétradrachmes ordinaires de Démétrius seul, avec la légende BAZI- AEQZ AHMHTPIOY ZOTHPOZ (fg. 28). L’un de ces tétradrachmes offre cette particularité déjà signalée, à savoir qu'il est surfrappé sur un tétradrachme de Timarchus3. Le Cabinet de France possède seulement, avec les efhigies de Démétrius et Laodice, une pièce de bronze donnée par M. Waddington en 1851 (Cafal. n° 791).
Les têtes conjuguées de Démétrius et de Laodice ressemblent à celles des Dioscures sur les petits bronzes autonomes d’Antioche de Ptolémaïde (Acé) à la légende : ANTIOXEQON TON ENTITOAEMAIAI IEPAZ AZYAOY. Nous trouverons également plus tard, dans la série syrienne, les têtes accolées d'Alexandre I Bala et de Cléopâtre Théa, ainsi que celles d’Antiochus VIII et de la même Cléopitre.
1. Lucien, de Dea Syr., 4; cf. Eckhel, Doctr. num. vet. t. III, p.370; B. Head, Hist. numorum, p. 673. 2. Percy Gardner, The Seleucid Kings of Syria, p. 50 et pl. XV, fig. r et 2. 3. Voyez ci-dessus, Jntrod, p. cxv.
Ere des Sél/ 1627242167. (150 à 145 av..].-C.) I. — Chronologie du règne.
"AXEavôpos Bélus se prétendait le fils d’Antiochus IV Epiphane, et c’est un exministre de ce dernier, Héraclide, banni par Démétrius I Soter, qui fit valoir ses prétentions au trône de Syrie. La plupart des historiens, s’appuyant sur l’assertion formelle de Josèphe et du premier livre des Macchabées, placent son usurpation en lan 160 de l'ère des Séleucides, et l’on a cru trouver la confirmation de cette date dans la numismatique. Le duc de Luynes a publié en 1850 notre tétradrachme n° 792, au revers duquel il a lu, outre le monogramme d’Aradus, la date 2P (— 160)1. Mais j'ai essayé en vain de retrouver sur cette pièce des traces de la date =P ; elle n’y est pas en réalité, et l’on ne distingue, en dehors du monogramme composé des lettres AP; queles restes d’un autre monogramme fruste. Cette pièce estau type de la Tyché d’Aradus assise; ce n’est donc pas le tétradrachme que Saulcy indique comme étant au Cabinet de France avec cette même date 2P et Zeus Nicéphore?. Cette nouvelle médaille qui porterait aussi la date 160, n’existe pas dans nos cartons, ou plutôt il s’agit simplement du tétradrachme décrit dans notre Catalogue sous le n° 879, et dont la date rognée ne laisse apercevoir que les deux lettres de droite 2P, puis un trait horizontal qui doit être la barre supérieure d’un E; et que Saulcy a négligé.
La date AZP (— 161), deux fois donnée par Saulcy d’après Mionnet (V, 419) et la collection du British Museum, est-elle bien certaine elle-même ? D’après Mionnet, cette pièce se trouverait au Cabinet de France. Or, comme elle ne figure pas dans notre Catalogue, il faut qu’elle soit le résultat d’une erreur de lecture. Le catalogue du British Museum ne mentionne pas non plus la date AZP (161), de sorte qu’il est avéré qu'ici encore, Saulcy s’est deux fois laissé induire en erreur par d’anciens auteurs dont il s’est fait trop complaisamment l’écho, au lieu de vérifier leurs assertions sur les monuments eux-mêmes. La date AZP est enfin donnée par Mionnet (Suppl. n° 216) d’après un tétradrachme de poids phénicien frappé à Sidon et conservé au musée Pembroke+ : mais c’est là encore une erreur.
La date la plus ancienne que nous ayons relevée est BZP (— an 162) qu’on lit sur un tétradrachme frappé à Tyr. Comme on trouve encore la même année sur des monnaies de Démétrius I Soter, nous sommes autorisés à admettre que B=P (162) est bien l’année de l’avènement d'Alexandre Bala : Clinton est d’ailleurs parvenu par des voies différentes au même résultats. Si la tentative faite par Bala sur
1. Duc de Luynes, dans la Revue numismatique, 1850, t. XV, p. 316. 2. Saulcy, Monnaies datées des Séleucides, p. 26.
3, Monnaies datées des Seleucides, p. 26.