Imhoof-Blumer, Monn. grecques, p. 424 et pl. H
4. Imhoof-Blumer, Die Münxen der Dynastie von Pergamon, pl. I, 3.
s. Clinton, Fasli hellenici, t. II, p. 300.
6. J. P. Six, Le satrape Maxaios, dans le Numismatic chronicle, 1884, p. 133.
SÉLEUCUS I NICATOR XV
En revanche, c’est bien le portrait idéalisé de Séleucus et non celui d’Alexandre, qu’il faut reconnaître sur le statère désigné sous la lettre C. Les pièces de bronze D nous paraissent représenter la même tête, seulement elle est de profil sur le statère, et de face sur les monnaies de bronze. Dans le Catalogue du Musée Britannique, cette tête de face est appelée Dionysos cornu, par M. Percy Gardner qui reconnait pourtant bien les traits de Séleucus sur la pièce d’or. Il nous semble certain, d’une part, que, sur les bronzes, la tête est ceinte d’un diadème comme sur le statère, et non d’une couronne.de lierre comme le voudrait M. Gardner; en second lieu, sur les bronzes comme sur le statère, la tête est ornée des cornes de taureau, droites, longues et efflées, tandis que, quand Dionysos est représenté cornu dans la mythologie figure, ce qui est assez rare, ses cornes sont trapues, courtes, émergeant à peine de la chevelure, comme les cornes des jeunes satyres ses compagnons. Nous ajouterons que, bien que Séleucus eût fait, comme Dionysos, la conquête de l'Inde, aucun de ses types monétaires ne ‘paraît se rapporter à Dionysos ?. Enfin, autant qu’on en peut juger, étant donné l’état défectueux des exemplaires jusqu'ici connus des monnaies de bronze en question, les traits du visage sont les mêmes que ceux de leffigie du statère d’or.
Si les pièces que nous venons d’examiner portent la tête de Séleucus, comment admettre que celles qui sont désignées sous la lettre B donnent le portrait du même roi ? Les traits sont plus jeunes et diffèrent assez sensiblement; on constate bien, à la vérité, un certain rapport entre cette effigie et les précédentes, dans le front, les sourcils, les yeux, mais la dissemblance porte surtout sur le bas du visage. Il serait peu satisfaisant de l’attribuer à une différence d’âge ou d’ateliers, et nous en proposerons une autre explication plus simple et plus logique. Comparez cette tête avec celle d'Héraclès sur les monnaies de Séleucus imitées d'Alexandre, et vous reconnaîtrez qu'il y a entre elles les plus grandes analogies, de sorte que la tête coiffée du casque cornu peut passer pour représenter les traits de Séleucus rapprochés intentionnellement de la tête qui figure sur les monnaies qu’on était habitué à voir en circulation. Nous pouvons ici toucher du doigt, pour ainsi dire, cette sorté de compromis entre des efligies monétaires idéalisées et représentant deux personnages différents. Les cornes de taureau données au casque de Séleucus sont les mêmes que celles qui émergent’ des tempes du roi sur les pièces dont nous avons parlé tout à l'heure. C’est donc bien la tête jeune et idéalisée de Séleucus que nous voyons ici, et non celle d'Alexandre qui, lorsqu'elle est cornue, est ornée des cornes
1. Voyez notamment L. Heuzey, Mission de Macédoine. p. 79-80; Fr. Lenormant dans la Revue archéol, N. S. t. XXVIII (1874), p. 300 et suiv., et art. Bacchus dans le Dickionn. des antiquités gr. et romaines de Daremberg et Saglio, p. 631; Roscher, Ausfürl. Lexicon d. griech. Mythologie, art, Dionysos.