CXXVI INTRODUCTION
égyptiennes. Les dates relevées sur les monnaies de poids phénicien prouvent que ce furent ces évènements mêmes qui introduisirent la nouvelle taille de la monnaie d'argent pour les monnaies des rois séleucides frappées dans les villes phéniciennes, plus directement soumises que les autres à influence égyptienne. En effet, les dates ZIP (— 160) et AZP (— 161) étant erronées, la pièce de poids phénicien la plus ancienne que nous ayons rencontrée porte la date BP (— an 162); elle remonte donc au début du règne d'Alexandre Bala et à son mariage avec Cléopâtre r. En l’année antérieure, c’est-à-dire en 161, le roi d'Egypte Ptolémée Philopator frappa en son nom personnel et au type de l'aigle, dans atelier de Ptolémais, des monnaies de poids phénicien. Nous citerons en particulier un tétradrachme de ce prince, avec la légende BAZIAEQZ TITOAEMAIOY DIAOMHTOPOZ @EOY, et la marque de l’atelier de Ptolémaïs; cette pièce, au type de l'aigle, porte la date séleucidienne AZP (— an 161):. On voit par là qu’en devenant le gendre de Ptolémée Philométor, en 162, Alexandre Bala n’eut qu’à continuer en son nom personnel la frappe des monnaies de poids phénicien, inaugurée dans les villes de la côte par le roi d'Egypte.
Les monnaies frappées suivant le nouvel étalon ont théoriquement les poids suivants : Tétradrachme, 14 gr. 40; didrachme, 7 gr. 20; drachme, 3 gr. 60; hémidrachme, 1 gr. 80; obole, o gr. 60.
Les successeurs d'Alexandre Bala ont continué l’émission des monnaies de poids phénicien dans les ports de la côte de Phénicie, concurremment avec les monnaies de poids attique, jusqu’au règne d’Antiochus IX Cyzicène inclusivement.
IT. — Les types monétaires.
L’aigle, revers constant des monnaies de poids phénicien, est imité de celui qui forme le type ordinaire des monnaies des Lagides. Les rois d'Egypte introduisirent cet emblème en Phénicie, et les Séleucides le gardèrent dans les villes de la côte habituces au numéraire égyptien. Une tradition, rapportée par Suidas (ve Asyos) et que nous avons déjà citée, prétendait qu’un aigle avait nourri, dans son enfance, Ptolémée, fils de Lagus, le fondateur de la dynastie égyptienne : c’est ainsi que l'aigle, oiseau de Zeus, devint le protecteur de la race des Lagides. Plus tard, disaiton encore, cet oiseau était apparu à la naissance de Ptolémée Philadelphe, en signe d’heureux augure :. D’ailleurs, les légendes de la Syrie donnaient aussi directement droit de cité à l’aigle dans ce pays, et nous avons relaté, en racontant les fondations
1. Fr. Lenormant, dans le travail précité, admettant la date AZP (= 161), était forcé de conclure que le poids phénicien avait fait son apparition dans la série séleucide avant le mariage de Bala et de Cléopâtre. C’est sans doute une erreur du même genre qui a fait dire à Friedlaender que le poids ptolémaïque ou phénicien remonte dans la série des Séleucides jusqu'aux dernières années de Démétrius I Soter. Friedlaender, dans la Zeitschrift für Numismatik, t. VI, p. 6 à 7.