‹ Les Rois De Syrie D’arménie Et De CommagèneChapitre 161 sur 419 · ANTIOCHUS VII SIDÉTES CXLIII · texte numérisé non relu

ANTIOCHUS VII SIDÉTES CXLIII

Le type d’Athéna Parthénos que nous avons rencontré déjà sur des chalques d'Alexandre I Bala peut, sur les superbes tétradrachmes d’Antiochus NIPMÈtrE apprécié dans tous ses détails. C’est l’image d’une réplique du chef-d'œuvre de Phidias, qu’Antiochus IV Epiphane avait fait ériger à Antiocher, Sous les règnes postérieurs, le type d’Athéna Parthénos persiste en s’altérant graduellement. Le masque de Gorgone qui forme l’épisème du bouclier de la déesse, finit par être méconnaissable; la lance d’Athéna qui, dans les premiers spécimens, est posée à terre et soutenue par la main de la déesse, est bientôt simplement penchée sur le bras qui s’appuie sur le bouclier; à la fin, elle se trouve parfois placée en dehors même du bras et sans aucun appui. La Victoire, enfin, que porte la déesse, est tantôt tournée du côté d'Athéna, tantôt elle présente une couronne à la foule : la même particularité existe pour les statues de Zeus nicéphore. Cette Niké est même quelquefois représentée sans ailes, par suite de la négligence du graveur monétaire.

Parmi les types des monnaies des villes, il n’y a de remarquable que l’Astarté sidonienne, debout à l’avant de la proue, comme la Victoire de Samothrace. Elle à les attributs de Niké, c’est-à-dire la couronne et l’armature de trophée. Ce type, qui se présente également sous le second règne de Démétrius IL, est fréquent sur les bronzes autonomes de Sidon.

La fleur sur les hémi-chalques n°s 1166 et 1167, paraît être une fleur de lotus ou un lis et désigner Jérusalem comme lieu d'émission. C’est l’opinion de Saulcy? et de Madden 3 ; ce dernier place la frappe de ces monnaies en 132-131 av. J.-C., c’està-dire à l’époque où Antiochus VII Sidétés vint à Jérusalem après avoir fait alliance avec Jean Hyrcan. Bien qu’on trouve une fleur toute différente sur les monnaies juives autonomes, on peut admettre cette attribution. Elle est plus rationnelle que celle de Cavedoni qui, reconnaissant une fleur de grenadier, {èn, voulait y voir une allusion au surnom de Sidétès donné au roi4. Eckhel croyait, de son côté, que cette fleur de lotus était en l’honneur de l’Égyptienne Cléopâtre, la femme du rois.

Il convient de rappeler ici un fait numismatique fort intéressant qui se rattache au règne d’Antiochus VII Evergète. Ce prince accorda à Simon Macchabée, prince des Juifs (141 à 135 av. J.-C.), le droit de battre monnaie, par un rescrit dont la teneur, conservée dans le premier livre des Macchabées, contient ce passage : xut éretpeYd oo! roro xx Ldtov véGux TA x%p4 cou 6, Le texte de la lettre du roi de Syrie à Simon Macchabée ajoute que Jérusalem jouira de la liberté : Tesoucalqu De xa Ta &yux eivar &XeU0eoæ. On s'appuie sur cette lettre d’Antiochus VII, pour attribuer

. Voyez ce que nous avons dit plus haut. Zntrod. PP. LVII et CXXVIIL.

. Saulcy, Monnaies datées, p. 45 et 48.

+ Madden, Coinage of the Jews (2° édit.), p. 75-76.

. Cavedoni, dans la Revue numismatique, 1856, p. 384.

. Eckhel, Doctr. num. vet., t. III, p. 236.

+ I Macchab, XV, 6. Le mot érétpelav, que certaines éditions subsistuent À énétosha, ferait allusion à une concession du même genre octroyée par Démétrius II. Fr. Madden, Coins of the Jews, p. 64, note 1; Graetz, Hist, des Juifs, trad, Wogue, t. II, pp. 146, 147 et I49.

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