CXLIV INTRODUCTION
à Simon Macchabée des sicles et des demi-sicles d’argent, ainsi que des pièces de bronze dont les légendes sont en caractères samaritains. Mais ces monnaies, datées de l’an I à l'an V, n’ont pas le nom de Simon; elles portent seulement, outre les dates, des formules vagues : sicle ou demi-sicle d'Israël, — Jérusalem la sainte, — la délivrance de Sion. Aussi nous pensons, avec M. Th. Reinach*, que leur attribution est très contestable. Quant à supposer, avec le même savant, que Simon n’a jamais usé des droits de monnayage qui lui furent conférés par son suzerain, le roi de Syrie, c’est une conjecture que nous ne saurions admettre. Il est peu vraisemblable que Jérusalem n’ait pas immédiatement profité des franchises qui lui furent si libéralement accordées, pour plusieurs années au moins, et auxquelles elle tenait tant. Mais nous ferons remarquer qu’on s’est probablement trompé en cherchant parmi les monnaies juives d'argent celles qui peuvent être attribuées à Simon Macchabée. La concession faite à ce prince ne s’est vraisemblablement étendue qu’au monnayage du bronze; le roi de Syrie, qui n’avait nullement lintention d’abandonner ses droits de souveraineté, n’a pas dû accorder à Jérusalem d’autres franchises que celles qu’il donnait aux villes d’Anfiochéens et aux colonies proclamées libres de son empire. Or, nous l’avons constaté maintes fois3, ces villes n’ont eu que le droit de frapper des monnaies de bronze : la nouvelle situation faite à Jérusalem dut être analogue : on permit à cette ville d’avoir, pour ses besoins locaux, une monnaie de bronze, mais non de frapper des pièces d’argent dont la circulation aurait pu s'étendre à tout l’empire et y jeter une sorte de perturbation économique en faisant concurrence à la monnaie royale. Ce qui semble le démontrer encore, bien qu’indirectement, ce sont les monnaies de Jean Hyrcan Ier, fils et successeur de Simon (135-106) : le monnayage d’'Hyrcan est exclusivement en bronze.
De la part de Simon, la monnaie d’argent, témoignage d’une indépendance absolue, n’aurait pu être qu’une monnaie insurrectionnelle et non une monnaie concédée par le roi de Syrie. Aïnsi en est-il, par exemple, d'Hyspaosinès, le premier roi de la Characène : ce prince se révolte contre Antiochus VII Sidétès et proclame l’indépendance complète de son pays vers l’an 1294; voilà pourquoi nous avons de ce prince des monnaies d’argent. La doctrine monétaire de toute l’antiquité est certainement applicable à Jérusalem aussi bien qu’à toutes les autres villes libres qui relevaient de l’empire séleucide.