ANTIOCHUS VIII GRYPUS CLV
Antiochus XIII Asiaticus, le dernier des Séleucides. Mais M. Mommsen: a démontré qu'il ne pouvait être question que d’Antiochus VIIL et les inscriptions de Délos sont venues, naguère, confirmer les déductions du savant allemand ; ce sont des dédicaces en lhonneur d’Antiochus, ou rédigées sur son ordre, en l'honneur d’autres personnages 2.
Durant les huit années qui suivirent la mort de sa mére Cléopâtre Théa, Antiochus VIIT régna en paix, mais, en 112 av. J.-C., son frère germain Antiochus IX Cyzicène, fils d’Antiochus VII Sidétés et de Cléopâtre Théa, leva l’étendard de la révolte en Asie Mineure et réussit bientôt À s'emparer d’Antioche et d’une partie de la Syrie. La guerre civile dura plusieurs années avec des alternatives de succès et de revers qui amenérent le démembrement définitif de l’empire des Séleucides. Grypus demeura roi en Syrie et en Cilicie, et Cyzicéne maintint son autorité en Coœlésyrie et en Phénicie, pays. que leurs tendances et leurs traditions rattachaient à l'Egypte.
En 96 av. J.-C., Antiochus VIII Grypus fut assassiné par Héracléon. Il laissait cinq fils et une fille : cette dernière appelée Laodice épousa Mithridate I Callinicus, roi de Commagëne.
IT. — Zes dates monétaires.
Les dates relevées par Saulcy ; sur les monnaies d’Antiochus VIIL, vont de HP (= an 190) jusqu’à ZX (— an 207). Le catalogue du British Museum ne mentionne, comme dates extrêmes, que les années 192 et 197; le nôtre donne, de son côté; des années qui s’échelonnent depuis B4P (192) jusqu’à L AZ (— an 204). Ces dates
ne touchent, comme on le voit, ni au commencement ni à la fin du règne. Il est bon de dire qu’ici encore, les dates extrêmes, et qui seraient par conséquent les plus intéressantes, qu’a relevées Saulcy, n'existent pas en réalité. Les années HP (190) et AMP (191) sont données par lui d’après le Supplément de Mionnet +, Or, la première se trouverait sur un petit bronze du musée de Vienne analogue à nos pièces (Catal. n°% 1407 et 1408), sur lesquelles la date est fruste, Mionnet n’a pas vu la monnaie décrite jadis par Eckhels, et il se pourrait bien que le chiffre de gauche manquât. Quant à la seconde, Mionnet ne l’a point vue non plus : il en reproduit la description d’après le Musée Theupoli et, jusqu’à plus ample informé, nous tenons cette date AMP pour suspecte ; il faut peut-être la remplacer par AP (= an 194). Les années EZ (— an 205)et SZ(— an 206) manquent même dans Saulcy qui donne pourtant ZZ (— an 207) d’après un didrachme à l'aigle frappé à Ascalon, et censé actuellement au British Museum. Or, ne le trouvant point dans le catalogue du
1. Dans les Mit{b. der deutsch arch. Instit., Athenische Abtheilung, t. I, p. 27; cf. Salomon Reinach, dans le Bull. corr. hell, 1883, t. VII, P. 346-347.
2. Bull, corr. bell, t. III, p. 367; t. VI, P. 3323;t. VIL, p. 346; t. VIIL, p. 105 et 106.