II. — L’effigie royale
Le portrait d’Antiochus VIII Grypus est caractérisé par le nez particulièrement fort et courbé, qui fit donner à ce prince le surnom de Grypus. Toutefois M. Percy Gardner a commis, dans le catalogue du British Museum, une confusion grave entre les monnaies d’Antiochus VIII et celles d’Antiochus XI Philadelphe. Nous en reparlerons au règne de ce dernier.
Mionnet: a attribué à Antiochus VIII des pièces de Laodicée et de Séleucie qui ont, au droit, une tête radiée dans laquelle il croit reconnaître le roi de Syrie. Mais les traits de cette effigie n’ont qu’un rapport fort éloigné avec la physionomie d’Antiochus VIII. En outre, l’une de ces pièces, conservée au Cabinet de France, porte, devant la tête, la date séleucidienne BAP (= an 132) qui ne peut convenir au règne d’Antiochus VIII Grypus : il devient donc évident que la figure radiée de ces médailles est simplement celle de Hélios.
M. Six a, de son côté, proposé de voir une allusion symbolique à Antiochus VIII et Antiochus IX dans les deux têtes accolées des Dioscures, type des beaux tétradrachmes autonomes de Tripolis que l’on commence à frapper en l’an 201 des Séleucides 2. Mais il reconnaît toutefois qu’il n’y a pas la moindre ressemblance entre les traits donnés aux têtes des Dioscures et ceux des effigies royales d’Antiochus VIIT et Antiochus IX ; nous ajouterons que ces deux princes ayant été constamment en guerre, et ennemis acharnés, l’association fraternelle proposée par M. Six nous semble en contradiction avec les témoignages historiques.