‹ Les Rois De Syrie D’arménie Et De CommagèneChapitre 175 sur 419 · Imhoof-Blumer, Monnaies grecques, p · texte numérisé non relu

Imhoof-Blumer, Monnaies grecques, p

4. Voyez ci-dessus, notre Jntrod., p. cxLvur; Percy Gardner, The Seleucid Kings, pl. XXI, fig. 6 et 7.

. Voyez ci-dessus, notre Introd., p. cxuir; Percy Gardner, op. cit. pl. XXVIIL, 8. 6. Imhoof-Blumer, Monnaies grecques, pl. H, fig. 14.

ANTIOCCHUS VIII GRYPUS LVII

Gordien le Pieux 1. On ne saurait donc hésiter 4 reconnaître dans ce type monétaire l’image d’un monument particulier à la ville de Tarse, et à admettre que les monnaies des rois de Syrie à ce type sont sorties de cet atelier.

On croit généralement qu’il s’agit d’un édifice dont les ruines, explorées et décrites par Victor Langlois 2, portent aujourd’hui le nom de Dunuk-Tasch; elles sont situées au sud-est de Tarse, sur la rive droite du Cydnus. « C’est un vaste parallélogramme ayant en surface 87 mètres de longueur, non compris les ouvrages extérieurs, 42 mètres de largeur et 7 mètres 60 de hauteur. » Les fouilles insuffisantes entreprises dans ces ruines n’ont pas produit des résultats permettant de préciser la nature et la destination du monument. Il parait toutefois probable que c'était l’édifice que nous signalent, auprès de Tarse, divers auteurs de l'antiquité gréco-romaine et auquel ils donnent le nom apocryphe de uvua Zapdavar#Alou. Strabon s'exprime comme il suit : « Anchiale fut fondée par Sardanapale, dit Aristobule. C’est là qu’on voyait le tombeau de ce prince et une statue de pierre qui le représentait avec les doigts de la main droite disposés comme s’il voulait les faire craquer. Selon quelques-uns, la statue portait encore cette inscription en caractères assyriens : € Sardanapale, fils d’Anacyndaraxes, fit bâtir en un seul jour la ville d’Anchiale et celle de Tarse. Passant, mange, bois, divertis-toi, car tout le reste ne vaut. » Le poëte Chœrile fait aussi mention de cette inscription, et tout le monde en connaît les deux vers suivants : « J'ai laissé mes riches trésors ; il ne me reste que l'avantage d’avoir joui 4 l’excés des plaisirs de la table et de ceux de l’amour5. »

Arrien, racontant le passage d'Alexandre en Cilicie, signale le tombeau et l’épitaphe de Sardanapale4, Athénée nous a transmis, d’après d’autres auteurs, plusieurs tra- ductions prétendues de l’inscription assyrienne 5. Cicéron lui-même l’a rappelée dans ces deux vers :

Haec habeo quæ edi, quaeque exsaturata libido Hauserat, illa jacent multa et praeclara relicta 6,

Il serait absurde de prétendre avec Langlois que ces épitaphes, dont le sens est le même et qui ne différent que par des détails ou des amplifications de rhétorique, se rapportent à deux Sardanapales différents. Il serait également chimérique de croire à l’exactitude de ces traductions grecques ou latines, et de leur attribuer la moindre valeur historique. Toutes ces fables ne peuvent servir qu’à démontrer un fait positif : c’est que prés de Tarse, il existait un monument célèbre, d’origine assyrienne, autour duquel lignorance populaire a greflé la légende de Sardanapale dont les

1. Victor Langlois, dans la Revue numismatique, t, XX, 185$, p. 386 à 391. | 2. Voyez la description du monument donnée par ce voyageur, dans la Revue archéologique, t. X (1853-54) p. 527 à 537.

Im 3. Strabon, XIV, 671-672.

- 4. Ârrien, Expéd. d’Alex., I, Se

s- Athénée, Deipnosoph., VIII, 335 et suiv.; XII, 530.

6. Cicéron, Tusculanes, V, 35. Cicéron ajoute qu’à l’occasion de Sardanapale et de son épitaphe, Aris- | bote aurait dit : « Que pourrait-on graver de plus convenable sur le tombeau d’un bœuf ? »

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