ANTIOCHUS VIII GRYPUS CLIX
l’autre sur l’Aventin r, Son culte se répand, comme celui de Mithra, dans toutes Jes provinces de l'empire à partir du siècle des Antonins, et l’on en trouve des traces en Afrique, en Dacie, en Pannonie, en Germanie, en Grande Bretagne ; les inscriptions
en son honneur l’appellent ordinairement : Juppiler Optimus Maximus Dolichenus Deus
Aelernus Commagenorum?. On lui attribue aussi parfois les qualificatifs géographiques d’Heliopolitanus, d’Adiabenus, d Adioassuritanus. C’est un dieu guerrier qui reçoit surtout les hommages et les vœux des soldats. Des monuments nombreux, la plupart réunis par Seidls, le représentent debout sur un taureau; quelquefois il est accompagné de Junon Dolichena debout sur une chèvre. Parmi les statues, nous citerons entre autres celle qui, trouvée à Marseille, est maintenant conservée au musée de Stuttgart; sur la base, on lit une dédicace DEO DOLICH ENIO-. Mais il nous faut insister Surtout sur les bas-reliefs qui ornent des stéles pyramidales, sculptées sur une de leurs faces triangulaires. L’un des spécimens les plus en rapport avec nos monnaies est un bas-relief du musée de Pesth, qui a été trouvé à Kœmlæd en Hongrie, et qu'on verra reproduit dans le mémoire de Seïdl et le Lexicon de Roscher (art. Dolichenus). Zeus Dolichenos, debout sur le taureau, est costumé en légionnaire ; une étoile est au dessus de sa tête; il tient dans la main droite une bipenne comme le Zeus Stratios de Labranda, et dans la gauche un foudre. Autour de lui, la Victoire, un autel, les bustes d’Hercule et de Pallas. Toute cette scene se trouve encadrée par un fronton triangulaire, en forme de pignon trés aigu, semblable à celui des monnaies de Tarse ; enfin, sur la base, une dédicace au IOVI DVLCHENO. Reportez-vous à cette image et du premier coup d’œil vous serez frappé, avec Seidl, maloré la diversité des attributs et des détails, de l’analogie du type monétaire avec le bas-relief, C’est bien le même dieu oriental qui, à travers les siècles, s’est laissé petit à petit dépouiller de ses attributs originaires, sur les monnaies comme dans la sculpture monumentale, et qui a fini par entrer dans le panthéon romain avec sa parédre Anaïtis ou Astarté, devenue de son côté Junon Dolichena.