Trog. Pomp., Prol. du livre XXXIX
3. F. de Saulcy, Monnaies datées des Séleucides, p. 69. Ces deux pièces ont été acquises par le Cabinet des Médailles en 1860.
4. F. de Saulcy, dans la Revue numismatique, 1865, P. 227-230.
s. Nous avons vu plus haut que Mionnet avait eu tort d’attribuer à Antiochus IX Cyzicène la monnaie qui porte la légende: BAZIAEQZ ANTIOXOY ETTIDANOYZE DIAOMHTOPOZ Voyez ci-dessus Introd. p. cLIv).
BaBeLoN, — Rois de Syrie. XI
CEXII INTRODUCTION
la mort d’Antiochus Grypus, Antiochus IX essaya de prendre possession de toute la Syrie, mais Séleucus VI, fils aîné de Grypus, le battit en 95 av. J.-C. Antiochus IX Cyzicène se suicida peu après, et son fils Antiochus X Eusèbe lui succéda.
Les monnaies d’Antiochus IX, comme celles des règnes précédents, se partagent en deux séries : celles qui sont datées, mode qui devient de plus en plus rare, et celles qui sont sans date. Les pièces datées de notre catalogue vont de OP (= an 199) jusqu’à BIZ (— an 212). Le Musée britannique fournit comme années extrêmes OP (— an 199) et SIZ (— an 216)'. Chronologiquement, ces dates ne nous apprennent rien, puisqu'elles ne sont ni du commencement ni de la fin du
règne. Il en est autrement des deux premières dates enregistrées par Saulcy : S4P (= an 196) et ZP (— 197), qui correspondent aux premières années de la lutte entre Grypus etle Cyzicène. Or, ces deux dates ont été relevées dans Sestini dont Pautorité est, comme on le sait, des plus suspectes 2. Enfin, la dernière année de Saulcy est l’an BIZ (— 212), d’après Mionnet, qui l’a lue sur trois pièces de bronze du Cabinet de France : ce sont les chalques de notre catalogue n° 1459, 1460 et 1463 ; sur les deux premiers, il faut lire, au contraire, la date BZ (— an 202); la lecture BIZ (— 212) n’est certaine que sur le chalque n° 1463.
À partir de lan 212, on ne rencontre plus de dates de Père des Séleucides sur les monnaies d’Antiochus IX ni sur celles de ses successeurs, sauf sous Démétrius III Eucaerus. Cette disparition des dates sur les monnaies des Séleucides n’est pas un fait qu’on doive exclusivement imputer à la négligence de la frappe monétaire et à la décadence générale qui s’accentue rapidement, à la faveur des guerres civiles. Il ya une cause plus directe : c’est sous le règne d’Antiochus IX, en l’an 207 de l’ère des Séleucides, que Tripolis et Sidon, suivant l’exemple de Tyr et.d’Aradus, inaugurent leur ère spéciale qui remplace, sur leurs monnaies, l’ère des Séleucides jusque là employée4. Ainsi, les villes phéniciennes, de plus en plus affranchies, adoptent les ères de leur autonomie, et comme c’est dans leurs ateliers que la coutume d’inscrire les dates sur les espèces s’est particulièrement développée, on a ainsi la raison immédiate de la disparition de l’ère séleucidienne sur les monnaies royales.
L’effigie d’Antiochus IX ne se distingue facilement de celle des autres rois que lorsqu'elle est imberbe. L'occasion s’est déjà présentée d’observer que parfois, sur les monnaies des rois de Syrie, il y a de faux portraits, et que le type iconique d’un prince sert quelquefois à frapper des monnaies de son successeur : on ne change que la légende. Friedlaender cite un tétradrachme qui, ayant la légende BAZIAEQOZ ANTIOXOY DIAOTTATOPOZ, est sûrement d’Antiochus IX Cyzicène, tandis qu’il porte néanmoins bien positivement la tête d’Antiochus VII Grypuss.
1. W. Wroth, dans le Numism. chronicle, 3° série, t. VIIL, pl. I, fig. 27.
2. Mionnet, Supplément, t. VIII, p. 69, n°° 357 et 358; cf. Sestini, Desc. del Museo Hedervariano, t. II, HER E CE