Mionnet, Descr., t. V, p. 99, n°° 873 à 87s
4. J. P. Six, l’Ere de Tripolis, dans l'Annuaire de la Soc. fr. de numism., 1886, p. 237.
$. Friedlaender, dans la Zeitsçhrift für Numismatik, t. VIL, p. 227.
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ANTIOCHUS IX CYZICÈNE CLXIIT
Dès le règne d’Alexandre I Bala (Catal. nos 866 et 867) nous avons rencontré des bronzes avec un type qu’on retrouve sur le tétradrachme et la drachme d’Antiochus IX catalogués sous les n°5 1464 et 1465 : Tyché debout s'appuyant sur la barre d’un gouvernail. Sur le tétradrachme, il y a, derrire la déesse, une rose sur sa tige, qu’on remarque très nettement sur les exemplaires mieux conservés que le nôtre ', etque nous avons rencontrée comme type d’un petit bronze d’Antiochus VIII (Catal. n° 1448). A l’exergue, une date dont nous apercevons à peine les traces; mais sur la pièce de M. Lœbbeke, on lit HZ (= an 208) et sur celle du British Museum, SIZ (— an 216). L’attribut de la Fortune forme à lui seul le type de revers de petits bronzes de Cléopâtre et Antiochus VIII (Calal. nos 1355 et 1356) sur lesquels on peut l’apprécier plus nettement ; il a longtemps provoqué la curiosité des numismatistes. Après avoir signalé ce symbole sur des monnaies des rois de Macédoine, sur des pièces de Rhodes, de Tripolis et d’autres villes, M. Imhoof ajoute qu’on le voit, servant d'appui à la main droite de Pallas, sur la magnifique patère en argent de la trouvaille de Hildesheim, au musée de Berlin. « On s’est épuisé en conjectures, ajoute le même savant, sur le nom et l’explication de l’objet, de sorte qu’il en est provenu une nomenclature trés riche et variée : corne d’abondance, colonne, carquois, flambeau, trompette ou salpinx, harpé, lituus, bâton, gouvernail, barre de gouvernail, charrue, lampe suspendue à un candélabre, etc. Aucune des formes connues de ces objets ne correspond cependant complètement à celle de notre instrument:. » Nous pensons, de notre côté, que l’on est allé chercher trop loin l’explication de ce symbole si commun, et que ceux qui ont tenté d’y reconnaitre la barre d’un gouvernail ont trouvé juste. Tyché est, suivant le pays ou suivant les usages, représentée de deux manières : ou bien elle pose directement la main sur l’extrémité du gouvernail : c’est le cas le plus fréquent ; ou bien elle pose la main sur la barre qui, fixée au gouvernail, servait à le manœuvrer : tel est le cas des monnaies que nous cherchons à expliquer. Cette barre ou cette traverse était plus ou moins ornée et généralement recourbée ; plus rarement on la voit, comme sur nos pièces, avec une extrémité formant un crochet arrondi et relevé en bec de canne. L’image que nous donnons ci-contre (fig. 38), empruntée à une monnaie de Samos de l’époque impériale romaine, ne laisse aucun doute sur la question qui doit être considérée comme définitivement tranchée. Des bronzes de Corinthe ont pour type un gouvernail muni d’une barre qui a aussi la même forme en crochet rond redressé du bout. Cette barre est l'emblème du gouvernail lui-même ou du vaisseau tout entier. La Tyché des tétradrachmes d’Antiochus IX est pareille à celle des tétradrachmes autonomes de Tripolis : aussi M. Six a-t-il pro-
1. Voyez notamment W. Wroth, dans le Nnmism. chroniçle, 3° série, t. VIII, pl. I, fig. 21, et Lœbbeke dans la Zeitschrift für Numismatik, t. XV, p. 53. 2. Imhoof-Blumer, Monnaies grecques, p. 130-131.