Monogr. n° 296 et ZH
Caacun de ces groupes parait, sur les pièces, nettement séparé en deux parties, de sorte qu’il n’y a pas lieu de lire, comme on le faisait autrefois, en un seul mot, par exemple, AAEAH ou NEIZI, en reconnaissant dans ce dernier mot le nom de la ville de Nisibe en Mésopotamier. Quant aux groupes comme AAE, ATTH, NE, AH, ATIOA, 121, ZH, leur sens nous échappe encore ; ils semblent désigner plutôt des noms d’hommes que des noms d’ateliers. Nous avons déjà rencontré le groupe 121 sur des monnaies d'Alexandre II Zébina.
Au point de vue iconographique, on remarquera comme pour Antiochus IX, qu'il y a deux types de tête, bien que Séleucus VI n’ait régné qu’un an. Sur certaines pièces il est représenté imberbe, avec un nez fort et recourbé qui rappelle son père Antiochus VIIT, ainsi que ses frères, Philippe et Antiochus XI : ce type donne donc le véritable portrait de Séleucus VI. Sur d’autres pièces, ce prince est représenté avec un collier de barbe; la tête rappelle l'effigie d’Antiochus IX Cyzicène, à tel point que, n’était la légende, on serait fort embarrassé pour l'attribution iconographique de ces médailles. Il est évident qu’on s’est servi des coins monétaires du Cyzicène dont on s’est contenté de changer la légende. Ici encore nous constatons combien il est dangereux souvent de s'appuyer exclusivement sur les traits d’une effigie royale pour fixer l’attribution de certaines pièces à des princes homonymes.
Les types des monnaies de Séleucus VI ne nous apprennent rien de nouveau. Les
pièces au type de Zeus nicéphore sont d’un style plus soigné que celles au type
d'Athéna Parthénos : celles-ci sont d’un travail lourd, avec des lettres empàtées et compactes; la tête de Séleucus y est plus large, le cou plus gros, la courbe du nez plus accentuée. La gravure du type d’Athéna est même si négligée que le bouclier de la déesse n’est plus, comme précédemment, orné d’une tête de Méduse, et la lance, au lieu d’être appuyée sur le bras de la déesse, est debout sans support, à côté du bouclier. Une intéressante obole a pour type de revers un épi sur sa tige?, comme les pièces déjà signalées dé Démétrius II et d’Antiochus VIII.
L’Apollon des chalques n°5 1522 à 152$ n’est plus représenté suivant la tradition séleucide; il tient de la main droite un rameau, et il est accoudé du bras gauche sur un cippe, comme sur les monnaies autonomes de Célendéris. Ce type a été déjà signalé sous Antiochus IX Cyzicène4, et nous le retrouverons encore dans la suite. Il n’est pas rare de rencontrer dans la numismatique grecque et même sur les mon-
. Eckhel, Doctr. num. vet., p. 242 ; Trésor de nnmismatique. Rois grecs, p. 110. . Imhoof-Blumer, Monnaies grecques, p. 437, n° 120.
. Voyez ci-dessus, Introd. Pier
. Imhoof-Blumer, Monnaies grecques, P. 437, N° 119.
CLXVI INTRODUCTION
naies impériales romaines, un Apollon, une branche de laurier à la main: : quelquefois, comme sur les tétradrachmes de Myrhina, la branche est ornée d’une bandelette de laine noueuse. Il s’agit dans ces représentations variées d’Apollon xabdooto:, le dieu expiateur et purificateur auquel s’adressent les légende des monnaies romaines : APOLLINI SALVTARI. Dans certains cas, il tient plutôt une fougère qu’une branche de laurier : une statue à Lesbos le représentait avec la fougère, wuptxn, d’où son nom d’Apollon Myricine.
ANTIOCHUS X EUSÈBE
Antiochus X reçoit sur les médailles les surnoms de Hicééns Pilorérwo. Il succéda à son père Antiochus IX Cyzicène et prit le titre de roi à Aradus. Après avoir vaincu son compétiteur Séleucus VI, il eut à lutter contre les frères de ce dernier, Philippe et Antiochus XI. Il les battit sur les bords de l’Oronte, et Antiochus XI resta parmi les morts. Pour affermir son trône, Antiochus Eusèbe épousa Cléopâtre Séléné, veuve d’Antiochus VIIT Grypus et de son propre père Antiochus IX Cyzicène. Antiochus Eusèbe fut néanmoins bientôt contraint de reprendre les armes contre Philippe et son autre frère Démétrius III Eucaerus; malheureux dans cette campagne, on croit qu’il dut se réfugier chez les Parthes? ; l’année de la mort d’Antiochus X est incertaine. Il laissa deux fils : Antiochus XIII et Séleucus Cybiosactés ; ce dernier ne fut pas roi.
Les portraits monctaires d’Antiochus X Eusèbe ressemblent beaucoup à ceux d’Antiochus IX Cyzicène, son père. On voit qu’on a cherché, à cette époque où les origines généalogiques des prétendants au trône étaient contestées, à rappeler les traits du père dans ceux du fils. Remarquons aussi qu’Antiochus X prend le nom de DIAOTIAT OP, déjà porté par son père Antiochus IX.
Les tétradrachmes d’Antiochus X sont au type du Zeus Olympien de Daphné. La drachme (Catal. n° 1531) nous montre la Tyché de Tripolis, s'appuyant de la main droite sur la barre d’un gouvernail, attribut expliqué au règne d’Antiochus IX. | Parmi les bronzes, les uns ont les bonnets des Dioscures, type tripolitain, les autres ont la Victoire, par allusion aux succès militaires qui permirent à Antiochus X de garder le trône pendant plus de dix ans.
Les lettres où monogrammes qu’on rencontre dans le champ des monnaies d’Antiochus X varient peu, ce qui tendrait à démontrer que le nombre des ateliers était fort restreint. Il n’y a pas de dates sur les monnaies d’Antiochus X Eusébe.
1. Overbeck, Kunésmythologie. Apollon, p. 309. Comparez une statuette de bronze du musée de Berlin, Overbeck, op. cit., p. 229.