Visconti, Iconogr. greque, t. II, p
ANTIOCHUS XI PHILADELPHE CEXVII
ANTIOCHUS XI PHILADELPHE
Ere des Sél. 220 (92 av. J.-C.)
Antiochus XI, surnommé sur les monnaies, Epiphane Philadelphe, était le frère jumeau de Philippe, auquel il s’associa contre Antiochus X Eusébe. Après un premier succès, Philippe et Antiochus XI furent battus et ce dernier se noya dans l’Oronte. Le surnom d’Epiphane que prend ce prince est en l’honneur de son père; quant à celui de Philadelphe, il indique l'amour d’Antiochus XI pour son frère Philippe qui, du reste, porte le même surnom, ainsi que les autres fils d’Antiochus VIII.
Le règne d’Antiochus XI fut si court que ses monnaies sont fort rares; aussi, y avait-il lieu de s'étonner que les numismatistes lui attribuassent, naguère encore, une série de pièces fort communes : c’était une erreurr. Comme nous l'avons dit au règne d’Antiochus VIII, le Catalogue du Musée britannique confond les monnaies d’Antiochus VIII Grypus avec celles d’Antiochus XI Philadelphe. J. Friedlaender a déjà fait justice de ce classement?, et M. Head a admis, en partie, les rectifications du savant allemand dont la thèse est, selon nous, de tous points inattaquable, La voici dans toute sa simplicité.
Les monnaies qui portent seulement en légende BAZIAEQZ ANTIOXOY
ETTIDANOYZ (sans DIAAAEADOY) sont, sans exception, d’Antiochus VIII Grypus. — Celles d’Antiochus XI Philadelphe portent, soit : BAZIAEQZ AN- TIOXOY ŒIAAAEADOY, soit BAXIAEQNZ ANTIOXOY ETTIbANOYE DIAAAEADOY. En un mot, le nom de Philadelphe n’est jamais omis sur les monnaies d’Antiochus XI, tandis qu’il ne parait jamais sur les monnaies d’Antio- chus VIII.
. M. Head se trompe quand il dit qu’il n’existe pas de monnaies d'argent d’Antiochus XI Philadelphe, mais seulement des bronzes. Notre tétradrachme no 1538, connu depuis longtemps (acquis à la vente Révil, en 1845), porte bien BAZXIAEQYZ ANTIOXOY PIAAAEADOY, et ne peut être attribué qu’à Antiochus XI Philadelphe. Au surplus, le caractère iconographique de la tête est trés accentué: il diffère du portrait d’Antiochus VIII Grypus, tout en ayant avec lui des traits de famille, c’est-à-dire un nez long et recourbé, ce qui est la marque distinctive d’Antiochus Grypus et de ses fils.
Les monnaies d’Antiochus XI Philadelphe, frappées dans l’espace d’un règne qui n'a duré que quelques mois, ne nous présentent que deux types : Zeus Olym-
1. Mionnet n’est tombé dans cette erreur que dans son Supplément, et pour une seule pièce (t. VIIL, p. 74, n° 378), et encore il nous avertit par une note que, dans cette attribution, il se laisse aller à suivre l'exemple de Visconti.
2. Friedlaender, dans la Zeitschrift für Numismatik, t. VIII, p. 225.
3. Barclay Head, Historia numorum, p. 648. M. Head a laissé classés à Antiochus XI des bronzes qui sont sûrement d’Antiochus VIII,
CLXVIIT INTRODUCTION
pien pour le tétradrachme, et Athéna nicéphore pour le chalque. Le Musée britannique ne possède que la pièce de bronze, abstraction faite, bien entendu, des monnaies qui, dans le Catalogue de M. Percy Gardner, doivent être reportées à Antiochus VIII.
Il existe de très rares tétradrachmes qui représentent accolées les têtes d’Antiochus XI et de son frère Philippe; l’alliance formée par ces deux frères jumeaux contre Antiochus X et dont nous avons parlé tout à l’heure, explique ces médailles. Les deux têtes sont conjuguées comme celles des Dioscures sur les tétradrachmes
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autonomes de Tripolis qu’elles paraissent vouloir imiter2. Les lettres CD qu’on lit dans le champ du revers, paraissent désigner un nom d’atelier suivi du mot ieoïs ou iesäç Hoûdou; dans ce cas, le nom de la ville représenté par Cd pourrait être Sepphoris (Diocésarée de Galilée) qui, sur ses monnaies autonomes, se dit sainte et lieu
d’asile, avec l’ethnique ZETHOPHNON.
PÉFCIPPEMePAIPADETEETE
Ere des Sél. 220 à 229 (62 à 83 av. J.-C.)
Après la mort de son frère jumeau Antiochus XI, Philippe se maintint en possession d’une partie de la Syrie. Il fut secondé par son quatrième frère, Démétrius IIT, qui, proclamé roi par Ptolémée Lathyre, fit cause commune avec lui contre Antiochus X Eusèbe. Toutefois, la concorde ne régna pas longtemps entre les deux frères, et Démétrius déclara la guerre à Philippe. Ce dernier fut soutenu par Straton, tyran de Berœa, par Azizos, phylarque des Arabes, par une armée parthe commandée par Mithridate Sinacès. Démétrius IT fait prisonnier fut emmené chez les Parthes5.
Maitre d’Antioche, Philippe fut, pour quelque temps, le souverain incontesté de tout le royaume de Syrie, probablement jusqu’en lan 88. Mais alors la guerre civile recommença, provoquée par le cinquième fils de Grypus, Antiochus XII, qui s’empara de Damas et de la Cœlésyrie. On ne sait guère ce qui se passa dans les dernières années du règne de Philippe; ce qui paraît certain, c’est qu’il fut détrôné et probablement mis à mort par Tigrane, roi d'Arménie, qui s'établit lui-même sur le trône de Syrie, en 83 av. J.-C.4
Philippe Philadelphe eut un fils du même nom que lui, que nous appellerons Philippe IT pour le distinguer de son père. Ce jeune prince fut un instant mis sur le
1. Percy Gardner, The Seleucid Kings of Syria, p. 99; n° 15, et pl. XXVI, 8.
2. Outre notre exemplaire, nous signalerons celui du musée de Berlin, publié dans la Zeitschrift für Numismatik, t. VII (1880), pl. IV, fig. 2.