CLXX INTRODUCTION
DÉMÉTRIUS HI EUCAERUS
Êre des Sél. 217 à 225 (95 à 88 av. J.-C.)
Démétrius était le quatrième fils d’Antiochus VIII Grypus. Tandis qu'Antiochus X Eusèbe et Philippe Philopator se disputaient le trône de Syrie, Ptolémée Lathyre, gouverneur de Cypre, appela de Cnide le jeune Démétrius qu’il installa à Damas, comme roi de la Cœlésyrie. Après la mort d’Antiochus X, Démétrius posséda toute la Syrie, de concert avec son frère Philippe ; mais la discorde éclata bientôt entre les deux frères : Démétrius étant venu assiéger Philippe à Berœa, fut lui-même fait prisonnier par le parthe Mithridate Sinacès, allié de Philippe, et il mourut en captivité *.
Sur ses monnaies, Démétrius, que les historiens désignent par le surnom de Eÿxatpos, prend tantôt les noms de Théos Philopalor Soter, tantôt ceux de Philométor Everoète Callinicus (Catal. n° 1571 à 1573). Outre le type ordinaire du Zeus Olympien de Daphné, ces monnaies offrent des types nouveaux, en particulier l’agalma ou le xoanon archaïque des tétradrachmes n° 1567 à 1569. Eckhel, Mionnet et d’autres ont donné à cette statue le nom de Diane éphésienne et ils l’ont incorrectement décrite. Elle a de commun avec la déesse d’'Ephèse son attitude générale et la forme de son corps qui paraît couvert de mamelles comme la fameuse statue d’Artémis. Mais tous les autres attributs sont différents. Les épis qui émergent de chaque côté des épaules nous permettent de donner à cette figure le nom de Déméter, et peut-être Démétrius a-t-il voulu, par ce type nouveau, faire allusion à son propre nom. Il ne nous paraît pas certain que les protubérances qui s’échelonnent tout le long de la gaine momiforme de la déesse, depuis le cou jusqu'aux pieds, soient des mamelles, comme c’est le cas pour l’Artémis éphésienne. Ce sont peut-être de simples ornements de ce xoanon archaïque. Sur certains exemplaires, on distingue nettement les deux longues chaînes ou cordelettes qui pendent du sommet de la tête presque jusqu'aux pieds, et qu'écartent légèrement les bras de la déesse ; mais sur d’autres pièces d’un style moins soigné, ces chainettes se confondent avec les plis du voile, si bien qu'on les a parfois méconnues. Des monnaies de différentes villes de Lydie, Gordus Julia, Maeonia, Sardes, Silandus, ont un type analogue de Déméter, avec un long voile et les mains étendues, tenant des épis et des pavots, mais sans les protubérances mamelonnées que nous constatons ici2. De nombreuses déesses orientales, auxquelles on donne, suivant les cas, les noms d’Astarté, d’Atergatis, de Déméter, d’Artémis persique, étaient adorées dans différentes villes de la Syrie et de la Cilicie,
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et elles étaient, à n’en pas douter, des statues très voisines de celle dont
1, Duc de Luynes, dans la Revue numism., 1858, p. 306 et suiv. 2. Overbeck, Kunstmythologie. Déméter und Kora, p. 414.