‹ Les Rois De Syrie D’arménie Et De CommagèneChapitre 188 sur 419 · Clinton, Fasti hellenici, t. I, p · texte numérisé non relu

Clinton, Fasti hellenici, t. I, p

PÉAUPIPÉE MP ENLCADELPÉAE CLXIX

trône de Syrie par l’arabe Azizos', mais il ne parait pas avoir frappé monnaie. Bien que l’on puisse signaler certaines variétés dans l’effigie monétaire des pièces au nom de Philippe, ces différences sont imputables à la frappe qui est plus ou moins barbare suivant les ateliers. Elles ne sont pas assez radicales pour qu’on puisse s’en prévaloir en faveur du jeune Philippe. La légende reste constamment la même : BAZIAEQZ ŒIAITITIOY ETTIDANOYZ DIAAAEADOY; le nom d’Epiphane esten l'honneur d’Antiochus VIII Grypus, et le nom de Philadelphe se rapporte aux frères de Philippe I : ces surnoms n’auraient pas de raison d’être sur les monnaies de Philippe IT. Le type monétaire aussi est invariable : c’est la représentation, de plus en plus barbare, du Zeus Olympien de Daphné. Dans le champ des pièces, il y a de nombreuses variétés de lettres ou de monogrammes. Dans le monogramme n° 229, on pourrait reconnaitre les éléments du nom d’Antioche, ville qui a été effectivement possédée par Philippe Philadelphe, mais elle ne semble pas avoir pu frapper toutes les monnaies sur lesquelles se rencontre ce monogramme.

Nous avons partagé en deux groupes les monnaies de Philippe Philadelphe : celles qui sont datées et celles qui sont sans date. Notre catalogue fournit les années suivantes : O1 — an 19; K — an 20; KA — an 21; BK — an 22; KA — an 24. Cette

suite d'années prouve bien que nous avons affaire à des lettres numérales, tandis que d’autres lettres comme N, TT, Z, d, etc., quel’on rencontre sur d’autres tétradrachmes, ne sont pas des dates. Si les années 19 à 24 ne sauraient se rapporter à l’ére des Séleucides, il n’est pas possible non plus d'y voir des années de règne comme le voudrait Saulcy : Philippe Philadelphe ne régna que neuf à dix ans. Ces dates sont évidemment supputées d’après les res nouvelles que diverses villes de la côte de Phénicie avaient inaugurées chez elles, à la faveur des guerres civiles. Les éres de Tripolis et de Sidon, par exemple, qui commencent, d’après les recherches de M. Six?, lune et l’autre en l’an 207 des Séleucides, conviendraient bien aux dates relevées sur les monnaies de Philippe, puisque l’an 19 correspondrait à l’année 220 des Séleucides, c’est-à-dire à l’année même de l’avénement de Philippe. Cette coïncidence nous parait décisive.

Mionnet et Saulcy ont relevé 3, d’après Sestini, sur des tétradrachmes de Philippe, les dates séleucidiennes : AKZ (— an 221), ZKC (— an 227), OKZ (= an 229). Ces dates n’ont rien d’invraisemblable puisqu’elles tombent dans le règne de Philippe; toutefois, il est permis de les tenir pour suspectes, et ni Mionnet ni Saulcy n'auraient dû les enregistrer sans contrôler les lectures trop souvent erronées de Sestini.

1. Diod. Sic. Fragm. libri XL, 1 a, b, (éd. Dindorf-Teubner); cf. Cavedoni, dans la Rev. numismatique, 1856, p. 385; Th. Mommsen, dans les Mitiheilungen des arch. Instituts. Athenische Abtheilung, t. 1, p. 29, note.

2. J. P. Six, dans l'Annuaire de la Soc. fr. de numismatique, t. X, 1886, p. 229 et suiv.; cf. Eckhel, Doctr. num. vet., t. III, p. 367.

3. Mionnet, Suppl. t. VIII, P. 75; Saulcy, Monnaies datées, p. 78.

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