CLXXIV INTRODUCTION
ANTHOGCHUSERIPASPAMOUS
Ere des Sél, 243 à 247 (69 à 65 av. J.-C.)
Il ne sera pas inutile de résumer ici ce que l’on sait de cet Antiochus XIII, le dernier des Séleucides, rois de Syrie. Fils d’Antiochus X Eusèbe et de Cléopâtre Séléné, il se réfugia à Rome pendant que Tigrane dominait la Syrie; le surnom d’Asiaticus lui fut donné parce qu’il séjourna dans sa jeunesse en Asie Mineure. Après la défaite de Tigrane en 69 av. J.-C., Lucullus offrit à Antiochus XIII Asiaticus de rétablir le royaume de Syrie en sa faveur. C’est ainsi qu’Antiochus régna quelque temps jusqu’à ce qu’il fut détrôné, en 65 av. J.-C., par Pompée qui succéda à Lucullus dans le commandement des armées romaines en Orient : le dernier des Séleucides mourut au moment où le trône d'Egypte, qu’il avait sollicité du Sénat, lui était offert par les Alexandrinsr. D’après Diodore?, le prince arabe Sampsiceramus fit assassiner Antiochus Asiaticus ; Porphyre3 le fait, au contraire, mourir de maladie. Mais il s’agit probablement de deux personnages différents, et l’on peut admettre que, après la conquête de la Syrie par les Romains, les Arabes retinrent chez eux Philippe et Antiochus, et que lorsque les Egyptiens les appelérent au trône, Sampsiceramus ne laissa pas partir son protégé et le fit tuer, tandis que Philippe se déroba aux poursuites d’Azizos et gagna l'Egypte. Ce Philippe est le petit-fils de Grypus, comme le dit Diodore, et non son fils, comme le veut le chronographe 4.
Nous avons décrit, à la fin de notre catalogue des monnaies des rois de Syrie, deux drachmes de poids faible, qui portent le nom d’un roi Antiochus et qui ont été frappées à Chios. L’une de ces pièces a été publiée jadis par Caylus 5, et Eckhel se demande si elle appartient à Antiochus IIT plutôt qu’à Antiochus II 6. Cette attribution était fondée sur ce fait qu'après Antiochus III, les rois de Syrie cessèrent de dominer dans l’Asie mineure et les îles adjacentes, et conséquemment la médaille ne pouvait, croyait-on, être classée à un Antiochus postérieur. Aussi, elle est encore attribuée à Antiochus IT par Mionnet7 et le Trésor de numismatique8. Mionnet, revenant sur son attribution, dans son Supplément propose même de donner la pièce à Antiochus I Soter°. Ces variations montrent bien que les numismatistes n’ont point une opinion bien arrêtée; aussi nous ne nous attarderons pas à discuter. Il est manifeste, en
‘Hustin, 20,2.
. Diod. Sic. XL, r a et b (éd.Dindorf).
. Dans Eusèbe, Chronic., I, 26 (t.I, p. 266, éd. Migne).
Th. Mommsen, dans les Mifth. der deutschen arch. Instituts. Athenische Abtheilung, t.T, p. 29, note. . Caylus, Recueil d’antiquites, t. II, p. 144.
. Eckhel, Doctr. num. vel, t. III, p. 220.
. Mionnet, Descr. t. V, p. 26, n° 236."
. Trés, de numism. et de glyptique. Rois grecs, p. 91.