Les monogrammes
Notre intention n'est pas d'étudier, les uns à la suite des autres, les 306 monogrammes que contiennent nos planches XXXI et XXXII. Nous savons déjà que les résultats d’une entreprise aussi longue ne seraient pas en rapport avec les efforts qu’elle aurait coûtés, puisqu'on ne peut, la plupart du temps, aboutir qu’à des hypothèses. Ce n’est pas, en effet, le déchiffrement des monogrammes, mais bien au contraire, presque toujours des considérations historiques ou l’étude du style, des types, des symboles, qui nous ont permis de déterminer un certain nombre d'ateliers de Séleucus I, d’Antiochus Ie et de leurs successeurs. On aura remarqué, sans doute, que si nous avons insisté sur ces éléments de nature diverse, qui nous renseignent sur la dissémination géographique des ateliers, nous nous sommes montré, en revanche, extrêmement réservé en ce qui concerne la lecture des monogrammes et la répartition à des villes diverses des monnaies qui portent ces marques distinctives, mais obscures pour nous. Il nous eût été facile de faire, comme Saulcy, par exemple, parade d’attributions nombreuses, soit simplement en reproduisant des conjectures de nos devanciers, soit en en imaginant de nouvelles. L’onomastique des villes ou des personnages historiques est si riche et si variée qu’on peut presque toujours faire parler un monogramme, ou trouver une clef qui l’ouvre ; seulement, la plupart du temps, c’est une fausse clef.
Pourtant il ne faudrait pas se jeter dans l’excès contraire et afficher un scepticisme