REMARQUES GÉNÉRALES CLXXVII
par trop absolu. Il est quelques monogrammes dont le déchiffrement est scientifiquement certain, d’autres dont il est trés probable. Le monogramme de Tyr ne saurait soulever la moindre objection : c’est notre n° 149 dans lequel on reconnaît facilement les lettres TYP'. Il ne se rencontre pas sur les pièces d'Alexandre, mais il existe sur des monnaies des Lagides frappées à Tyr pendant que les rois d'Egypte possédaient la Phéniciez. Dans la série syrienne, il apparaît pour la première fois sous Antiochus III le Grand (Catal. n° 344 et 345); il revient plus tard, sous Alexandre Bala (Cafal. nos 887 et suiv.) avec les monnaies de poids phénicien, et, à partir de ce moment, il se présente à nous sous une forme toute particulière. L’un de ses éléments, la lettre P;, est placée sur la massue du Melkarth tyrien, de telle sorte que cette massue devient le prolongement du monogramme. Cette forme du monogramme de Tyr, fréquente sur les monnaies des rois de Syrie, n’est pas inconnue dans la suite monétaire des rois d'Egypte qui ont possédé Tyr3. Enfin, et ceci achève d’en rendre l'interprétation indiscutable, les autonomes de Tyr elles-mêmes ont souvent, pour revers exclusif, ce même monogramme surmontant la massue de l’'Héraclès tyrien.
À partir de Démétrius II (Catal. n° 978), le monogramme de Tyr est accompagné A
de deux autres, pe ÿ, dans lesquels on reconnait les initiales ou les principaux éléments des mots iepäç äoÿkou4, épithètes que prend aussi Sidon sur les monnaies royales de Syrie. Ceci nous amène à signaler les lettres IE qui paraissent sur des chalques d’Antiochus VIII (Cafal. n° 1370 et suiv.), et qui pourraient
bien être les initiales du mot éepÿs; sous le même règne, on rencontre aussi .
(Caal. n° 1413 et suiv.), groupe qu’il faut se garder de confondre avec Fe (éspäe) et qui paraît signifier fepäç äoihou. Le nom de la ville qui prend ce titre nous est inconnu, mais la forme de l’abréviation de la formule sacrée n’étant pas la même qu'à Tyr et à Sidon, nous pouvons croire qu’il s’agit d’un autre atelier : les villes de Syrie qui étaient saintes et jouissaient du droit d’asile sont fort nombreuses, et il est difficile de choisir. |
Un autre atelier dont le différent est non moins certain que ceux de Tyr et de Sidon, c’est celui d’Ascalon. Il est représenté par les lettres AZK ou AX, souvent accompagnées de la colombe d’Astarté honorée d’un culte particulier dans cette
| ville. Il existe, avec la marque AZ, une suite de monnaies d'Alexandre que Muller $
classe à Ascalon. Ces pièces précèdent immédiatement celles des premiers rois de Syrie frappées dans le même atelier avec l’une des marques AXK ou AZ: « Mion-
net 6, dit Droysen, cite une monnaie d’Antiochus Soter avec la légende AZK et voit
1, Voyez ci-dessus, Zntrod., p. Lxxxv.
2. F. Lenormant, Essai sur le classement des monnaies des Lagides, DA 77e