‹ Les Rois De Syrie D’arménie Et De CommagèneChapitre 208 sur 419 · CLXXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CLXXXVI INTRODUCTION

Ainsi, l’on voit combien il serait difficile de s’y reconnaître au milieu de tout cet enchevêtrement de poids, si le nom même des espèces ne se trouvait pas inscrit au revers, et si, d'autre part, l’on ne prenait garde au classement chronologique des pièces. En effet, la dégradation du poids n’a pas seulement pour cause la négligence de la fabrication ; il faut se rappeler que ces monnaies de Chios commencent à être frappies en 84 avant notre ère, lorsque Sylla eut déclaré Chios ville libre, et que leur monnayage se prolonge jusque sous l’empire, de sorte qu’on doit admettre que le poids a diminué graduellement et parallèlement pour chacune des divisions : les poids les plus forts de toutes les fractions sont contemporains, mais les poids les plus faibles le sont aussi entre eux, de sorte que l'arbitraire dans la taille n’est pas aussi grand qu’on pourrait le croire de prime abord. Le même phénomène s’observe pour les monnaies de la République romaine qui paraîtraient frappées dans le plus grand désordre au point de vue pondéral, si on ne les classait chronologiquement.

La difficulté chronologique n’existe pas, en général, pour les monnaies royales, mais il en surgit une autre non moins grave : c’est, nous le répétons, la difiiculté géographique, les pièces étant frappées dans des ateliers divers, parfois fort éloignés les uns des autres et qui, chacun isolément, peuvent avoir leur étalon spécial. Telle est surtout, dans la série séleucide, en dehors des causes accidentelles, la raison d’être des écarts de poids souvent considérables dont on peut relever bien des exemples dans notre Catalogue; citons-en deux seulement. Un tétrachalque de Démétrius I Soter conservé au musée de Berlin, pèse 33 gr. 50’, tandis que notre exemplaire aux mêmes types, un peu rogné il est vrai, ne pèse que 25 gr. 75 (Cutal. n° 737) : on saisit ainsi la raison qui nous a fait appeler cette pièce un tétrachalque et non un trichalque, comme son poids effectif semblerait l'indiquer à première vue. Le chalque n° 78 pèse 8 gr. 25 ; le n° 84 qui paraît bien être la même division, ne pèse que 4 gr. 65. Aussi, pour fixer les noms donnés aux pièces de bronze, au cours du Catalogue, nous avons dû mettre en jeu des considérations autres que celles du poids. J'ai envisagé l’état de conservation de chaque exemplaire et les proportions du type, car il est clair que si un chalque et un hémi-chalque sont aux mêmes types, ceux de l’hémi-chalque auront des proportions moindres et seront comme une réduction des types du chalque. Enfin, le module est aussi un élément important de classification. J'ai constaté que, sauf accident survenu aux pièces, comme une bavure de la frappe, un écrasement, la rognure des bords, les chalques ont en général un module qui varie de 22 à 19 millimètres, les hémi-chalques, un module de 18 à 16 millimètres. Tous ces éléments de critique combinés entre eux, rapprochés et contrôlés l’un par l’autre, m’ont permis de donner aux pièces, tantôt avec certitude, tantôt avec probabilité, leur nom véritable, ce qui est incontestablement pré-

férable aux dénominations empiriques et anti-scientifiques que l’on emploie dans

l'usage.

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