CXCII INTRODUCTION
dont les limites géographiques varièrent, et dont l'existence fut plus ou moins éphé-
mèret. L'histoire de ces petits royaumes est environnée de ténèbres, et l’on ne connaît que quelques noms épars des princes qui y régnèrent et qui bénéficièrent plus ou moins complètement de l’indépendance assurée par leur éloignement ou l’äpreté des montagnes qui les protégeaient. Dans les cantons de l’est et du nord, il y eut des princes qui se rattachent plus ou moins aux rois ibériens ; les chroniques géorgiennes placent dans ces contrées, même dès le temps d’Antiochus I Soter, un roi du nom de Pharnabaze ou Pharnavaz, auquel Bartholomei croyait pouvoir attribuer des monnaies2. Les rois des contrées de l’est et du sud-est, c’est-à-dire de la Sophène, de la petite Arménie, de la Commagène se rattachent au contraire directement aux rois de la Cappadoce, aux Parthes arsacides et aux Séleucides, soit par leur parenté, soit par les types de leurs monnaies.
CHARASPÉS, ROI INCONNU
C’est à la région arménienne que nous rattachons hypothétiquement un roi Charaspès dont nous possédons une remarquable monnaie de bronze, unique jusqu’ici. Le roi Charaspès est inconnu dans l’histoire. La terminaison -usrns indique pour ce nom une origine perse; on la trouve notamment dans les noms d’homme, Hystaspès, Ariaspès, Choaspès, et dans les noms de fleuve Choaspès et Hydaspès. La ville de Bactres a été identifiée avec celle qui est mentionnée dans Ptolémée sous la forme Xauplonax Où Zucluona5. Ptolémée cite aussi un peuple auquel il donne le nom de ’Aptaorat4. |
La médaille est certainement postérieure à Alexandre. Son style, la forme des lettres, la rognure du flan qui est taillé en biseau, les types enfin, la rapprochent du monnayage de bronze des Séleucides et de l’Arménie, plus que du monnayage des rois de la Bactriane. Du temps de Molon et d’Achaeus, satrapes révoltés au début du règne d’Antiochus III le Grand, les monnaies de bronze de Syrie sont d’une fabrique identique à celle de notre pièce; peut-être Charaspès fut-il, lui aussi, un satrape révolté dont les historiens ont oublié ou défiguré le nom, et dont l’empire éphémère parait plutôt avoir existé du côte des régions arméniennes que du côté de la Babylonie et de la Characène.
1. Polybe, XXVI, 6; Appien, Syriaca, 45 à 66; Strabon, p. 456, x et pass. (éd. Didot).
2. Brosset, Hist. de la Géorgie, t. TI, p. 36; Langlois, Numism. de l'Arménie dans l'Antiquité, p. 198 ; Bartholomei, Lettres numismatiques, p. 70; O. Blau, dans la Numismatische Zeitschrift de Vienne, t. IX, p. 103.