TABLEAU GÉNÉALOGIQUE
TABLEAU GÉNÉALOGIQUE I. Dynashe arsacide.
VALARSACE 162 Sél. (150 av. J.-C.) environ.
ARSACE 185 Sél. (127 av. J.-C.) environ.
ARTAXxIAS Ier 198 Sél. (114 av. J.-C.) environ.
TIGRANE I LE GRAND 215 à 256 Sél. (97 à 56 av. J.-C.) | QT | SARIASTER ARTAVASDE I TIGRANE 256 à 282 Sél. (56 à 30 av. J.-C.) | ARTAxIAS II TIGRANE II ARTAVASDE II 278 à 292 Sél. (34 à 20 av. J.-C.) 292 à 300 Sél. (20 à 12 av. J.-C.) frs av JC)
TIGRANE III
ERaATo 300 à 306 Sél. (12 à 6 av. J.-C.)
IT. Dynastie mède.
ARIOBARZANE I roi de la Médie Atropatène.
ARTAVASDE roi de Médie, + 292 Sél, (20 av. J.-C.)
ARIOBARZANE II roi de Médie vers l’an 292 Sél. (20 av. J.-C.) roi d'Arménie de 311 à 314 Sél. (1 av. J.-C. à 2 ap. J.-C.)
ARTAVASDE III
roi de Médie et d'Arménie 314 à 322 Sél. (2 à 10 ap. J.-C.)
UT. Dynastie juive.
HÉRODE LE GRAND——MARrAMNE
roi des Juifs roi de Cappadoce d'Arménie,
ALEXANDRE GLAPHYRA
ST LR LE na
ALEXANDRE TIGRANE IV roi d'Arménie de TIGRANE V 722 à 748 Sël. (ro à 26 ap. J.-C.)
roi d'Arménie en l'an 372 Sël. (60 ap. J:-C.) |
ALEXANDRE prince d’Elaeusa sous Vespasien ép. Jotapé, fille d’Antiochus IV de Commagène,
ARCHÉLAUS—— Une fille d’un roi
CCVIIT INTRODUCTION
LES ROIS DE COMMAGÈNE
SAMÉS Vers l’an 172 Sél. (140 av. J.-C.)
La Commagène, dont la capitale était Samosate sur l’Euphrate, était un district de la Syrie, borné à l’est par l’Euphrate, au nord par l’Arménie et l’Amanus, à l’ouest par la Cilicie, province qui lui fut rattachée à une certaine époque. Englobée dans l’empire des Séleucides après la mort d'Alexandre, la Commagène essaya avec l’Arménie de conquérir son indépendance, ou plutôt, son sort fut étroitement lié à celui de la Petite Arménie dont elle paraît, au moins de temps à autre, avoir été dépendante. Diodore de Sicile’ raconte que le satrape de la Commagène, Ptolémée, se déclara indépendant et qu’il tenta même d’enlever la Mélitène au roi de Cappadoce. Ces événements ont dû se passer vers le temps d’Antiochus V Eupator : Démétrius I Soter fit rentrer la Commagène dans l’obéissance.
Si l’on tient compte de la similitude des noms, la ville de Samosate paraît avoir été fondée par un roi indépendant, du nom de Samès, qui en fit sa capitale, et dont nous avons des monnaies. Peut-être Samès est-il ce Sophénien qui, suivant Strabon, achète la ville de Tomisa située sur l’Euphrate à une assez courte distance au dessus de Samosate ? V. Langlois place le règne de Samès vers l’an 130 av. J.-C. : c'était déjà opinion de l'abbé Belley qui, le premier, commenta une monnaie de ce prince ?. La conjecture de Belley a été adoptée par Eckhel, Mionnet et Visconti 3.
Aucun texte historique ne mentionne le roi Samès qui n’est connu que par deux monnaies qui lui donnent les titres de 6co5e6ñs et de dixuos. L’une, au Cabinet de France, a pour type une Victoire, et la seconde, au musée de Vienne (fig. 45), a pour type le thyrse de Dionysos entre deux cornes d’abondance enlacées. Ce der-
dre II Zébina; la Victoire est un sujet plus banal, dont la présence ne nous apprend rien. Mais nous remarquons que le titre de dfxauos est porté pour la première fois chez les Parthes par Fig. 45. Mithridate I Arsace VI (174 à 136 av. J.-C.).
. Diod., Sic. frag. lib. XXXI, 19°, éd. Dindorf (Teubner). . Voyez Mémoires de l’Académie des Inscriptions, t. XXVNI, p. 355 et 380. . Eckhel, Catal, mus, Vindob. p. 252; Mionnet, Descr. t. IV, p. 454; Visconti, Jconogr. gr. t. Il,
D D nn
nier revers parait sur des bronzes d’Alexan-
MITHRIDATE I CALLINICUS CCIX
D'autre part, il est manifeste que la tête radiée, au droit de la pièce du Cabinet de France, est une copie directe des monnaies d’Antiochus VI Dionysos, roi de Syrie, qui régna de 145 à 142 av. J.-C. Enfin, le style, la forme des lettres, les types, tout concourt à confirmer la date de 140 ou 130 environ, assignée par les anciens numismatistes au règne de Samés.
Quant à l’opinion de Langlois, savoir, que ce prince régna longtemps, sous prétexte qu’il y a une différence de style, de physionomie et d'âge entre les têtes qui figurent sur les deux pièces de Samés, je ne saurais y souscrire. Une seule de ces médailles donne l'effigie de Samés, c’est celle de Vienne, sur laquelle le roi est représenté coiffé d’une haute tiare qui rappelle celle d’Arsamés ; le type de la pièce du Cabinet de France n’est pas un véritable portrait, puisque c’ést la copie de la tête d’Antiochus VI Dionysos, radiée comme Hélios. M. Mommsen: fait remarquer avec raison que la titulature de Samès est à la mode parthe; mais il regarde les lettres FA qu’on lit à l’exergue de notre pièce, comme représentant l’année 33 du règne de Samès: cette hypothèse est peu vraisemblable.
Après avoir considéré Samès comme le fondateur probable de Samosate, il est impossible de n’être pas frappé du rapport qu’il y a entre le nom de Samés et celui d’Arsamés, et j'incline à en conclure que Samés était un prince d’origine arménienne. On pourrait même le considérer comme le fils de Mithridate, fils d’Antiochis, la concubine d’Antiochus IV, mariée au roi arménien Xerxès. Ce n’est là, sans doute, qu’une hypothèse, mais la chronologie l’autorise. Elle nous laisse aussi supposer que Samés ne vint fonder Samosate que lorsqu'il eut été chassé des régions arméniennes par l'invasion de Valarsace.
MITHRIDATE I CALLINICUS
Ëre des Sél. 216 à 242 environ (96 à 7o av. J.-C.)
Nous ne sommes renseignés en rien sur les liens qui rattachaient Samés À ses successeurs, rois de Commagène. Hypothétiquement, nous considérerons Samès comme le père de Mithridate Callinicus dont nous possédons des médailles et dont l’histoire est un peu mieux connue.
Ce Mithridate, qui porte sur les monnaies et dans les inscriptions, le surnom de Callinicus, comme Antiochus VIII Grypus et plusieurs autres des derniers rois de Syrie, épousa Laodice Théa Philadelphe, fille d’Antiochus VIII Grypus. Cette alliance matrimoniale a été démontrée par M. Mommsen dans une dissertation spécialement consacrée à la dynastie royale de Commagène et qui s’appuie sur des textes épigraphiques découverts depuis peu d’années?2, Le savant allemand rectifie sur des
1. Dans les Ar beilumeen der deut. Instituts. Athenische Abtheilung, t. 1 (1876), p. 30.
2. Th. Mommsen, Die Dynastie von Kommagene, dans les Mitiheilungen der deut. archæol. Instituts in Athen, t, I (1876) p. 27 à 39.
BABELON, — Rois de Syrie. XIV .
ÊCX INTRODUCTION
points essentiels l'opinion de M. Waddington qui, avant la découverte de ces textes nouveaux, avait pensé que le père de Laodice, appelé dans une inscription d’Ephèse Antiochus Epiphane Philométor Callinicus, était le dernier Séleucide, Antiochus XIII Asiaticus r. Il s’agit au contraire d’Antiochus VIII Grypus. En effet, une inscription de Délos mentionne un roi de la manière suivante : « Antiochus Epiphane Philométor Callinicus, fils du roi Démétrius et de Cléopâtrez. » Il est hors de doute qu’il s’agit ici d’Antiochus VIII Grypus, fils de Démétrius Il Nicator et de Cléopâtre Théa. On voit qu'Antiochus VIII a le surnom de Cullinicus qui, dans la suite des rois de Syrie, n’avait été porté auparavant que par son ancètre Séleucus II. Ce point étant acquis, l'inscription d’Ephèse nous apprend ce qui suit :
Antiochus VIII Grypus (Epiphane Philométor Callinicus) eut une fille du nom de Laodice Théa Philadelphe qui devint reine en épousant un roi appelé Mithridate Callinicus. Mithridate Callinicus et Laodice eurent à leur tour un fils qui est appelé le roi Antiochus Théos Dicaios Epiphane, ami des Romains et philhellène ‘c’est en l’honneur de ce dernier que l'inscription a été rédigée, et il est hors de doute qu’il s’agit du roi de Commagène qui régna de 69 à 34 av. J.-C., dont nous parlerons bientôt.
Quant à son père, Mithridate Callinicus, gendre d’Antiochus VIII Grypus, il est logique et naturel de lui attribuer les monnaies qui portent la légende BAZIAEQZ
MI@PAAATOY KAAAINIKOY, conforme à la titulature officielle de ce prince dans les inscriptions. Le règne de Mithridate Callinicus, dont le début peut être placé en lan 96 av. J.-C., au moment de la mort de son beau-père Antiochus VIT, a dû se prolonger jusque vers lan 83, date de l'invasion de Tigrane le Grand en Syrie. 2
Cependant, l'attribution des monnaies que nous venons de citer n’a pas été admise par tout le monde. Otto Blau, notamment, l'a particulièrement combattue. Il croit que ces monnaies appartiennent au Mithridate, fils d’Antiochis, dont il a été question plus haut et qu’il considère comme un fils naturel d’Antiochus III le Grand4. Nous savons déjà que ce prince était un fils naturel d’Antiochus IV et de sa sœur Antiochis ; nous ajouterons ici qu'aucun texte ne nous dit qu'il ait porté le nom de Callinicus, tandis que ce titre, qui parait sur les monnaies, est formellement donné par les inscriptions au gendre d’Antiochus VIII Grypus.
Blau s'appuie sur l'autorité de Friedlaender pour dire que le style des monnaies est antérieur à l’époque de Mithridate Callinicus, roi de Commagène vers lan 96 av.
tr. Le Bas et Waddington. Voyage archéol. Inscriptions, n° 136; cf, C. 1. At. C'OOASPE
2. Baoukéa ’Avrloyou "Ertoavf Diaourropa KaXkivixoy rôv y Bactkéws Anprptou xt Baot= Moons KAcordtous Ô iepebc Hrdvaë ’Acxknrtodwpou Alnvaïos Oeoïs. S. Reïnach, dans le Bull. corr. hell., 1883 (t. VIID), p. 346; Th. Homolle, dans le Bull. corr. hell., t. VIII (1884), p. 105.
3. ‘O duos Bastkéa ’Avrtoyoy Oedv dlratov "Eripavi Puopparoy xat PéAAnva, Tod Ëy Basthëws Mupaddrou KaAkvixou za BasiMloons Auodlans Peu Dixddelgov, tis y fPasuhëws "Avloyou Eripdvous Diouropos KaA vou LT NS