‹ Les Rois De Syrie D’arménie Et De CommagèneChapitre 228 sur 419 · Cf, ci-dessus, Iutrod, p. CXCV et CxCvI · texte numérisé non relu

Cf, ci-dessus, Iutrod, p. CXCV et CxCvI

MITHRIDATE I CALLINICUS CCXI

J.-C. La tiare du roi sur l’un des bronzes est pareille à celle de Zariadrès (190 à 150 av. J.-C.), de Morphilig (150 à 148 av. J.-C.), d’Ariaramne, roi de Cappadoce (280 à 230 av. J.-C.), d’Arsace Ier (249 à 247 av. J.-C.). Il y a en effet, je le confesse, certains rapports entre ces diverses coiffures, mais il y a aussi des dissemblances qui n’ont pas échappé à M. Th. Reinach:'. La même tiare ou mitre cappadocienne se retrouve sur la tête d’un roi incertain de Cappadoce qui est fort probablement Ariobarzane II Philopator, roi de 63 à 52 av. J.-C. 2. Elle se rencontre aussi sur des monnaies autonomes frappées sous l’influence des rois de Pont, dans les villes de Cius, de Teuthrania, d’Amastris, etc., la plupart au commencement du dernier siècle avant notre ère, c’est-à-dire à une époque contemporaine de notre Mithridate Callinicus. Les différences de détail que l’on peut remarquer dans ces diverses représentations de la mitre que nous qualifions de cappadocienne, ne sont que des variétés, sans importance au point de vue où nous nous plaçons ici.

: L’Athéna, type de revers du même chalque, n’est-elle pas le type le plus ordinaire des monnaies des rois de Syrie, à partir d'Alexandre Bala ? Il faut surtout la comparer à celle qui figure sur des bronzes d'Alexandre II Zébina et d’Antiochus IX Cyzicène. Lysanias, tétrarque de la Chalcidène en l’an 40 av. J.-C., place la même Athéna sur ses monnaies 3.

Les types des autres bronzes au nom de Mithridate Callinicus, sont encore moins concluants en faveur d’une attribution à un Mithridate contemporain d’Antiochus III ou d’Antiochus IV. En effet, l’aigle avec une palme sur l'aile paraît, à la vérité, pour la première fois, dans la série séleucide, sur les monnaies d’Achaeus; mais ce n’est pas une raison pour placer le roi arménien ou commagénien à une époque très rapprochée d’Achaeus, puisque le même type persiste sur les monnaies des Séleucides jusque sous le règne d’Antiochus IX Cyzicène.

Le caducée n’est-il pas imité des bronzes de Démétrius II Nicator, et n’avons-nous pas un Hermès tenant le caducée sur des monnaies de Démétrius II Eucaerus ? Bien plus, le caducée ailé est, plus tard, le type de monnaies de Samosate, et Amyntas, roi de Galatie (36 à 25 av. J.-C.) reproduit le même caducée au revers de quelques-uns de ses bronzes; ceci constituera même dans la question un argument important si Von veut bien observer que le même roi galate copie aussi le lion des monnaies d’Antiochus Théos Dicaios, le fils de Mithridate Callinicus.

Enfin, nous tirerons de l'étude des légendes monétaires un argument plus décisif encore. La lettre sigma est ainsi faite E, dans le mot Basthéwe, sur les trois pièces de notre catalogue; or, le sigma carré ne commence à faire son apparition dans la numismatique que dans le dernier siècle avant notre ère. On ne le trouve jamais à l’époque contemporaine d’Antiochus III ou d’Antiochus IV. Nous avons d’ailleurs constaté la première apparition de formes lunaires pour les lettres E et Z sous le

t, Th, Reïnach, Trois royaumes d'Asie mineure, p. 34: 2. Th. Reïnach, Trois royaumes, p. 72 et pl. III, fig. 27. 3. Trésor de numismatique, Rois grecs, pl. LVI, 15.

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