IX. — Le zébu (bos indicus
Le taureau cornupète, qui est souvent, dans la numismatique, la personnification des fleuves, forme le type de quelques monnaies de bronze de Séleucus, où il représente, suivant Eckhel”, le taureau dompté par le futur roi de Syrie, lors du sacrifice d'Alexandre. Il faut peut-être s’en tenir à l’opinion d’Eckhel, fondée sur Panecdote racontée par Appien, Aelien et autres auteurs byzantins?, et à laquelle nous avons fait allusion plus haut. Cependant, cette histoire de Séleucus terrassant le taureau qu’on allait immoler et qui s’était échappé en brisant ses liens est-elle bien authentique, et n'est-ce point un de ces contes apocryphes imaginés après coup, par la flatterie ? Dans cette hypothèse, on pourrait voir dans ce zébu (le bos indicus des naturalistes) un nouveau souvenir des conquêtes de Séleucus dans l'Inde : ce serait l’image du fameux taureau Nandi, personnification de l’Inde comme les éléphants.
D’autres conjectures plus vraisemblables peuvent aussi être proposées. Par exemple, nous savons par Libanius 3, que la ville d’Antioche était ornée d’une statue de bronze représentant le roi domptant un taureau : on l’a vu plus haut, ce monument fut élevé, d’après le rhéteur byzantin, en l’honneur du mont Taurus expurgé des voleurs par Séleucus. C’est sans doute le voisinage de cette statue qui fit donner le nom de Tauriana porta à l’une des portes de la ville, à l’époque romaine. Est-il donc paradoxal de supposer que le taureau des monnaies de Séleucus pourrait être l'emblème du mont Taurus divinisé ? Le même bœuf à bosse forme aussi, soit au repos, soit cornupète et bondissant, le type d’un grand nombre de monnaies des villes d’Asie Mineure où il pourrait souvent avoir la même signification.
N'est-ce pas aussi l’occasion de rappeler ici, la place importante qu’occupe la vache lo dans les traditions et le culte d’Antioche ? D’après une légende conservée par Malala, lo, s'étant enfuie de l'Egypte où régnait Hermès qui l'avait outragée, se réfugia en Syrie auprès du mont Silpion, là même où, plus tard, Séleucus Nicator devait fonder la grande Antioches. C’est là qu’Io mourut. Les Argiens s’étant mis à sa recherche abordèrent en Syrie ; ils erraient sur la montagne lorsqu'ils entendirent
d’éléphant, à droite. Æ 18 mill. (Percy Gardner, The Seleucid Kings, pl. Il, 10). — Têtes accolées des Dios= cures, à droite. R£. Même lég. Les Dioscures à cheval allant au galop, à droite. Dans le champ, À. Æ 15.mill. 2 gr. 60 (Imhoof-Blumer, dans la Numism. Zeitschrift, t. XVI, p. 292, n° 147). M. Imhoof propose d’attribuer cette dernière médaille à Séleucus IT. D’ailleurs notre dichalque n° so est également classé par M. Percy Gardner à Séleucus IT (The Seleucid Kings, pl. VI, 11).