‹ Les Rois De Syrie D’arménie Et De CommagèneChapitre 49 sur 419 · XLIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLIV INTRODUCTION

niscence du style archaïque, et il est incontestable que ce type monétaire est inspiré.

d’une statue de l’ancienne école.

L’omphalos sur lequel Apollon est assis, était une pierre ovoïdale, en marbre blanc, recouverte d’un réseau (rè äypnvev); les monnaies bien frappces et de bonne conservation nous en font voir les larges mailles faites de cordelettes de laine. D’autres représentations, étrangères à la numismatique :, nous montrent que Pomphalos pouvait être, en outre, couronné de laurier (fig. 172), ou bien avoir son sommet garni d’une draperie découpée en franges qui descendent autour de la pierre comme des rayons; l’omphalos est dit, dans ce cas, reruvwmmeévos. Une peinture de vase nous le fait voir ayant en-

tièrement la forme d’un œuf posé sur un piédestal muni d’une armature qui ressemble au calice d’une fleur. Ces différents vêtements répondent évidemment à des idées symboliques et mystiques. En ce qui concerne le réseau de bandelettes de laine, c’est l’arme défensive de Zeus, c’est une sorte d’égide protectrice. En outre, l’agrenon, remarque K. Boœætticher dans une étude spéciale#, servait d’insigne de dignité aux prophètes et aux augures d’Apollon. C'était l’emblème de leurs fonctions; Pollux nous l’atteste quand, après nous l’avoir défini un tissu de laine réticulé, il ajoute que le devin Tirésias s’en revêtait pour prophétiser : "Aypnvév rè D’ nv mAsyua &Ë éplwv dixruddec mepl nüv T0 ca à T'erpectx me6dAeTo rue AG pavrwG 6, L’agrenon était donc une égide, un apotropaion, et c’est pour cela que nous retrouverons, plus tard, la bandelette de laine (oréuux) entourant la tête des rois de Syrie à la place du grènetis traditionnel : cette cordelette était, en quelque sorte, l’abrégé de l’égide divine protégeant le roi, fils d’Apollon.

Il serait hors de propos de rappeler les légendes auxquelles avait donné lieu lomphalos du temple de Delphes. Nous signalerons seulement la tradition rapportée par le scoliaste de Pindare qui raconte que Zeus, voulant fixer le centre du monde, envoya un aigle à l’est, et un autre à l’ouest, et les deux oiseaux ayant fait une évolution complète se rencontrèrent à l’oracle d’Apollon, à Delphes, où on leur éleva des statues d’or7. De là vient que, sur un statère d’électrum de Cyzique, on voit l’ompha-

1. Voyez notamment une peinture de vase, dans les Comptes rendus de la Soc. arch. de Saint-Pétersbourg, 1861, pl. IV; O. Muller et Wieseler, Denkmæler der alt. Kunsk, t. I, pl. XI, 41; XII, 47; t. LL, pl. XII, 135-137; XII, 148; LVIIL, 742, etc, ; Baumeister, Denkmæler, p. 1009, fig. 1215 et p. 1118, fig. 1315; Conze, Beitræge zur Geschichte der griech. Plastik, pl. 3 à 7; Ch. Waldstein, dans le Journal of bellenic Studies, I, pl. 4, 5.

2. D’après un vase peint publié dans les Comptes-rendus de la Soc. arch. de Saint-Pétersbourg, 1861, pl. IV.

Page 1