LIV INTRODUCTION
lui aurait fait décerner le surnom glorieux de Soter : ’Avrioyos.. & xal Zwrnp nex 40m, Dada ëx rie Evpdrns sic tiv Actu Eubadvrus &£ehdous. Les monnaies qui lui donnent ce surnom paraissent donc bien, de prime abord, confirmer le récit d’Appien et avoir été frappées par Antiochus, en commémoration de cet éclatant succès. Cependant rien n’est moins certain. La bataille eut lieu vers le milieu du règne d’Antiochus, et l'effigie qui nous est représentée par les médailles à la légende ZATHPOZ ANTIOXOY, est identique à celle des monnaies qui furent frappées à la fin du règne : c’est le type le plus âgé d’Antiochus, qui mourut à 64 ans. La disposition insolite de la légende, le mot ZA THPOZ venant en premier lieu, est aussi un argument pour démontrer que les pièces en question sont probablement posthumes. Nous les considèrerions volontiers comme frappées lors de la mort du
, par Antiochus II, en honneur de son père divinisé. Les textes qu’on peut croire rédigés du vivant d’Antiochus I ne lui donnent pas le surnom de Soter qui wapparaît qu'après sa mort et lorsque le feu roi de Syrie était déjà honoré d’un culte divin. Par exemple, les Branchides font rédiger à Milet, du temps de Séleucus IT, une inscription dans laquelle Antiochus Ier et Stratonice sont qualifiés de dieux sauveurs : vols 0eolks Ewrños'; une autre inscription appelle Antiochus Ier, ’Avrtéyou ’Arélovos cwtñoos*, et ce nom d’Apollon Soter donné à Antiochus Ie paraît faire, à dessein, le pendant du nom de Zeus Soter dont Séleucus Ie est honoré dans un autre texte épigraphique. D’ailleurs Appien, remarquons-le, ne dit pas positivement que le surnom de Soter eûtété attribué à Antiochus de son vivant et immédiatement après la bataille. Il se borne à affirmer que ce nom fut donné au roi en souvenir de sa victoire ; mais, en ceci même, le témoignage de l’historien grec peut être sujet à caution. En effet, dans une seconde bataille, en 261 av. J.-C., le roi de Syrie fut vaincu et tué par les Galates, et cependant, malgré ce désastre, nous venons de voir que ce sont des textes épigraphiques postérieurs à sa mort qui le qualifient de Soter et lui attribuent les honneurs divins. Aussi, si les villes d’Asie Mineure se montrent particulièrement reconnaissantes envers Antiochus I« dont elles chérissent la mémoire, c’est moins de les avoir délivrées des Galates que de leur avoir accordé des libertés qui rappelaient leur indépendance d’autrefois. Ces sentiments de gratitude éclatent particulièrement dans un décret des villes ioniennes qui déclarent, en raison des privilèges qui leur ont été octroyés, instituer une fête anniversaire de la naissance d’Antiochus, et rendre au roi ainsi qu’à son fils et à la reine les honneurs divins3.
Les mêmes sentiments se font jour encore dans d’autres inscriptions qui viennent confirmer sur ce point le témoignage des auteurs, et nous verrons tout à l’heure
r. Boeckh, C. I. Gr. n° 2852.
2 RBOECKD AC Gr ne 4458.
3. P. Foucart, dansle Bull. de Corr. hell., t. IX, 188$, p. 387. Ce décret a été trouvé à Clazomène; le titre de roi donné à Antiochus I et à Antiochus II (toïs BaorheDot ’Avridyut xat ’Avtidywt) ne me paraît nullement démontrer qu’Antiochus II ait été associé au trône par son père : il prouve tout simplement que l'inscription a été rédigée après l'avènement d’Antiochus IT.
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Antiochus II suivre la même politique libérale vis à vis des villes d'Asie Mineure. La conclusion à tirer de ces observations, c’est que les monnaies d’Antiochus I Soter à la légende ZA THPOZ ANTIOXOY ont été, fort probablement, frappées seulement à la mort de ce prince, dans quelque ville d’Ionie où l’on inaugurait son culte, et qui par là témoignait sa reconnaissance d’avoir recouvré, grâce à la générosité du roi de Syrie, des libertés dont elle avait cessé de jouir peut-être depuis l’invasion des Perses:.
Ëre des Sél. 51 à 66 (261 à 246 av. J.-C.)