‹ Les Rois De Syrie D’arménie Et De CommagèneChapitre 62 sur 419 · I. — Tête alé d'Antiochus IT · texte numérisé non relu

I. — Tête alé d'Antiochus IT

Antiochus II était fils d’Antiochus I Soter et de la macédonienne Stratonice; n€ vers l’an 292 av. J.-C., il mourut à Ephèse, en 246, à l’âge de 44 ans?. Ses portraits monétaires s’accordent avec ces données chronologiques : ils nous représentent un homme dans la force de l’âge, aux traits réguliers, mais accentués, imberbe, le front presque aussi bas que celui de son père, les yeux pareillement renfoncés sous l’arcade sourcilière. D’aucuns parmi ces portraits rappellent même à-tel point Antiochus Ie qu’ils pourraient faire hésiter dans le classement des médailles.

Obligé, dès son avènement, de continuer contre Ptolémée IT Philadelphe la guerre qui durait depuis plusieurs années déjà et qui affaiblit considérablement l'empire séleucide, Antiochus IT passa en Europe, occupa la Thrace méridionale, prit Cypsela et mit le siège devant Byzances. Il est donc possible qu’Antiochus IT ait fait frapper monnaié en Europe, comme son père. En outre, les prétentions de ce prince au trône de Macédoine et surtout le fait que, par sa mère Stratonice, fille de Démétrius Poliorcète, il descendait des Antigonides, expliquent clairement une particularité curieuse de son effigie monétaire : ce sont les ailerons qu’il a parfois aux tempes, comme Hermès et Méduse. Antiochus II, voulant témoigner de ses liens de parenté avec la race des Antigonides, imite les rois de Macédoine qui portent

1. M. Droysen (Hist. de l’hellén., t. III, p. 151, note 3) a aussi révoqué en doute le ‘témoignage d’Appien, mais en partie à l’aide d’un argument sans valeur. Il appuie son opinion principalement sur l'hypothèse erronée, d’après laquelle les monnaies de bronze au type de l'éléphant cornu (Cafal. n°° 167 à 173) feraient allusion à la victoire remportée en Phrygie sur les Galates, et cependant, dit-il, ces pièces ne portent pour légende que BAZIAENZ ANTIOXOY et jamais ZQ THPOZ. Ce raisonnement pèche par la base puisque, ainsi que nous l’avons vu, les bronzes dont il s’agit ont été frappés en Europe dans les premières années du règne d’Antiochus ; ils n’ont par conséquent aucun rapport avec la victoire remportée plus tard dans les plaines de la Phrygie.

2. Droysen, Hist. de l’hellénisme, t. II, p. 579, note; cf. Clinton, Fasti hellenici, t. I], p. 310.

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